Jon Lindbergh, fils de l’aviateur qui a pris la mer, s’éteint à 88 ans

Décès de Jon Lindbergh

Jon Lindbergh, un plongeur sous-marin renommé et un expert en démolition aquatique, dont la vie a été marquée par la notoriété de son père, le colonel Charles A. Lindbergh, et par des tragédies familiales, est décédé le 29 juillet à son domicile à Lewisburg, en Virginie-Occidentale, à l’âge de 88 ans.

Sa fille, Kristina Lindbergh, a indiqué que la cause du décès était un cancer du rein métastatique.

Parcours d’un aquanaute

Jon Lindbergh a été l’un des pionniers des aquanautes au niveau mondial. Il a exploré les profondeurs océaniques, initié la plongée souterraine, et participé à des missions de récupération, dont une visant à retrouver une bombe à hydrogène échappée en Méditerranée, près des côtes espagnoles en 1966.

Il était destiné à l’aventure, héritage de son père qui, en 1927, réalisa le premier vol transatlantique sans escale, un exploit qui demeure emblématique. Le colonel Lindbergh et sa femme, Anne Morrow Lindbergh, écrivain et première dame, parcoururent le monde, attirant l’attention sur l’aviation et ses possibilités.

Une enfance marquée par la tragédie

La notoriété de ses parents les rendaient également vulnérables aux attentions indésirables. Le 1er mars 1932, leur fils, Charles Jr., fut enlevé et tué, un événement que la presse de l’époque décrivit comme « le crime du siècle ».

Jon Morrow Lindbergh naquit peu après, à Manhattan, le 16 août 1932, et sa naissance fut entourée de précautions pour sa sécurité. Kristina Lindbergh a partagé que l’enlèvement de son frère l’a profondément marqué.

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“On dit que les enfants ressentent le traumatisme de leur mère pendant la grossesse”, a-t-elle expliqué. Anne Lindbergh confia plus tard qu’elle avait eu tellement peur pour Jon qu’elle n’a pas pu lui témoigner l’affection qu’elle aurait voulu.

Sécurité et vie familiale

Jon a vécu sous une protection constante dès son enfance, d’abord en compagnie de ses parents sur un domaine sécurisé à Englewood, NJ. Des menaces de mort le visaient, y compris une tentative d’enlèvement rapportée par le New York Times en 1933.

Ses parents étaient souvent absents à cause de leurs voyages, le laissant avec sa grand-mère. En 1935, un incident avec des photographes les contraignit à s’installer temporairement en Europe.

La famille vécut d’abord en Angleterre, puis acquit une petite île en France. Jon devint bilingue avant ses cinq ans, ayant été scolarisé à Paris.

De retour aux États-Unis en 1939, lors de l’approche de la Seconde Guerre mondiale, ils déménagèrent souvent. Jon poursuivit des études à Stanford, choisissant une vie simple, vivant dans une tente pour éviter l’oisiveté et explorant des disciplines comme la biologie marine.

Carrière et passions

Jon servit dans la Réserve navale, prit sa retraite en 1954, l’année même où il épousa Barbara Robbins, avec qui il eut six enfants. Après un divorce dans les années 80, il épousa Karen Pryor, une dresseuse d’animaux, puis Maura Jansen, une vétérinaire de Virginie-Occidentale.

Il laisse derrière lui sa femme, sa fille Kristina, les jumeaux et plusieurs autres enfants de ses précédents mariages. Il avait également deux frères et une sœur, ainsi que de nombreux petits-enfants.

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Jon Lindbergh obtint sa licence de pilote avant même de commencer ses études, mais évita de suivre les traces de son père dans l’aviation, craignant que la comparaison ne soit trop écrasante.

Un parcours sous-marin

Après ses études, il poursuivit des recherches supérieures à l’Université de Californie à San Diego, avant de devenir homme-grenouille dans la marine, puis plongeur commercial. Ses contributions incluent des projets comme “Man-in-Sea” aux Bahamas, où il établit un record de profondeur.

Il était aussi impliqué dans le projet du sous-marin Alvin pour la récupération de la bombe à hydrogène en Méditerranée, après un incident dramatique impliquant des bombardiers américains.

Plus tard, il s’implanta à Seattle, encourageant l’aquaculture, en élevant du saumon et en vendant son produit à divers établissements.

Charles Lindbergh, son père, fut soulagé de voir que son fils trouvait son propre chemin loin de l’aviation, reconnaissant que les temps avaient changé. “Il y a trente ans, le pilotage était un art, mais cela ne semble plus être une aventure”, confia-t-il à son fils, le conseillant de suivre son propre chemin plutôt que de s’accrocher à l’héritage aéronautique.

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