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World journey de l’eau : la stratégie de Veolia sur le terrain pour lutter contre le gaspillage

Recycler l’eau, traquer les fuites, équiper les stations d’épuration, inciter les particuliers à l’économie : les projets de Veolia contre la pénurie, expliqués par Pierre Guillon, directeur des opérations.

Nappes phréatiques et rivières soumises de plein fouet les effets éprouvés du changement climatique. Les températures de plus en plus élevées et la raréfaction des épisodes pluvieux reviennent à un assèchement général du territoire, et le pourtour méditerranéen est particulièrement concerné.

Sans pluie, les réserves des nappes souterraines, principales sources d’eau potable, ne se renouvellent pas. Une situation alarmante aggravée par une consommation parfois excessive d’eau potable.

L’objectif de Veolia, engagé par les collectivités, est d’optimiser la consommation d’eau, en particulier dans les secteurs les plus gourmands : industrie et agriculture. « Nous ne souhaitons pas créer de nouvelles stations mais améliorer celles qui existent déjà. Celle de Rodezusine centrale pour le recyclage de l’eau équipée dans la région, vient d’être « affirme Pierre Guillon, directeur des opérations chez Veolia.

Privilégier les circuits fermés

L’eau est utilisée une première fois par une entreprise, acheminée à la station d’épuration, traitée, puis directement renvoyée vers la même entreprise. C’est le fameux « cycle de l’eau ».

La région est riche en territoires agricoles, surtout en vignobles, ici provoquent la sécheresse. L’eau potable n’est pas nécessaire pour l’arrosage. Les stations d’épuration peuvent répondre en partie aux besoins en eau des agriculteurs.

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« Il est important que la gare occupe une place stratégique : cella de Gruissandans l’Aude, est placée à proximité de vignobles, elle peut alimenter directement les champs en eau traitée », explique Pierre Guillon.

L’entretien du réseau pour un meilleur recyclage

La question des fuites est également un point clé du plan d’action de Veolia. Le réseau d’acheminement de l’eau est vaste et sous-terrain. Yes elles ne sont pas recherchées, elles passent dans aperçues et ce sont des dizaines de m3 d’eau potable qui sont perdues. « L’idée, comme le précise Pierre Guillon, est de minimiser au mieux le risque de fuite afin de faire des économies. »

L’expertise de ce que Magali Gippet, communicante, nomme les « chasseurs-trouveurs », est donc essentielle. Leur ouïe entraînée permet de détecter le bruit d’une fuite avec précision, sans la confondre avec un tirage important ou un sifflement. Plus l’intervention est rapide, plus le gaspillage est limité. 3 266 fuites ont été réparées en 2020.

Magali Gippet insiste sur la nécessité pour les collectivités d’investir dans l’entretien du réseau pour l’eau s’écoule de la façon le plus fluide possible et de maximiser l’efficacité du cycle.

POUR Nîmes, des travaux de rénovation à grande échelle se sont achevés en janvier 2022 sur l’intégralité du réseau, trop vieux, qui provoquait un trop grand nombre de fuites. Cet entretien passe également par le réseau des égouts et des canalisations. « Il est prévu de faire en sorte que les camions-netyeurs utilisent de l’eau recyclée, car l’eau potable n’est pas requise pour netyer les égouts »exprime Magali Gippet.

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Ne pas négliger l’économie au quotidien

Veolia a disposé d’un suivi météorologique spécifique pour prévenir les intempéries comme les Cévenoles afin de mettre en œuvre des moyens d’entretien et de mise en sécurité des installations ainsi que des travailleurs.

La consommation des particuliers représente une partie relativement minimale du tirage d’eau potable, mais le reste important que chacun adopte un comportement toujours plus économe, c’est-à-dire en limitant son usage au strict nécessaire. « Prendre des douches plutôt que des bains, arrêter l’eau quand on se brosse les dents … ce sont de petits gestes qui, mis bout à bout, peuvent faire la différence », comme le relaye Pierre Guillon. Il y a de plus en plus d’éducation, de plus en plus de personnes se disant prêtes à consommer l’eau traitée.

Des chiens pour détecter les fuites

Pour rendre plus performant la recherche de fuites dans le Languedoc-Roussillon, Veolia Eau est en train de mettre en place l’utilisation de chiens pour détecter les fuites sur le réseau grâce à leur flair.

Déjà testé à Perpignan, la méthode se révèle plus qu’efficace : un chien est capable de repérer dix fuites lorsqu’un être humain, même un expert, n’en repère qu’une seule. Aussi, le chien est-il en capacité de sentir l’eau de plus loin et de façon plus précise. Le peut également s’aventurer sur des terrains difficultés d’accès pour l’homme.

Des retraités de l’armée qui ont fait carrière en tant que maîtres-chiens sont engagés pour dresser les animaux à sentir le chlore de l’eau qui se propage anormalement dans la terre lors d’une fuite. « Ce projet, inédit en France, est prometteur »se vante Pierre Guillon.

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Un moyen de lutter contre le gaspillage de l’eau potable, mais aussi un moyen de permre aux anciens militaires de trouver une seconde carrière professionnelle, et aux chiens, recueillis à la SPA, d’avoir une vie dynamique.

Comme le fait remarquer Magali Gippet, « le chien joue en cherchant la fuite ». Elle a conclu avec enthousiasme : « La solution est bénéfique sur tous les points et elle est louable en termes d’économie d’eau ».

Plus de 80 millions de m3 d’eau manquent en Languedoc-Roussillon

L’état actuel des rivières et nappes d’eau est alarmant.
Midi Libre – ALEXIS BETHUNE

Un déficit ici posé à l’agence régionale de l’eau à se surpasser pour mieux gérer le prélèvement et la répartition des ressources.

L’état actuel des rivières et nappes d’eau est alarmant. Les déficits sont de plus et de plus grands sur tous les bassins-versants du Languedoc-Roussillon. Un déficit ici vient certes du réchauffement climatique du maïs aussi d’un prélèvement trop grand dans les ressources par rapport à ce qu’elles peuvent fournir.

L’agence régionale de l’eau fait donc de la gestion du prélèvement et de la répartition des ressources une priorité pour pallier ce déficit. Elle met l’accent sur la nécessité d’une action collective, c’est-à-dire en réunissant tous les acteurs du territoire, allant du pêcheur à l’agriculteur en passant par les élus ou encore les associations. « L’idée est de répartir de la façon la plus juste possible les ressources en eau entre tous les usagers en fonction de leurs besoins », explique Karine Bonacina, directrice de la délégation de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse .

« Il est toujours possible de faire des économies »

L’agence a aussi pour rôle de décider dans ces sources l’eau doit être prélevée en fonction de l’état plus ou moins asséché des nappes ou des cours d’eau. Avec un prélèvement et des distributions adaptés, le but de l’Agence de l’eau est de trouver le meilleur équilibre possible entre la préservation de l’environnement naturel et l’équité dans la répartition à tous les acteurs.

Avec le réchauffement climatique et les sécheresses qui s’aggravent, Karine Bonacina avoue qu' »on ne pourra jamais totalement combler le déficit, c’est pourquoi nous menons aujourd’hui une politique de non-regret : il est toujours positif de faire des économies ».

Un certain nombre d’actions ont d’ores et déjà été mises en œuvre pour rééquilibrer le partage des ressources en eau, notamment de puiser dans des ressources moins déficitaires afin de laisser aux autres le temps de se régénérer. L’intérêt réside désormais dans le suivi de ces actions afin que leur efficacité s’étale sur le long terme.

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