Aller au contenu
Accueil » Actualité » Vent du Sud, température de l’eau en hausse : le changement climatique favorise l’essor du surf en Méditerranée

Vent du Sud, température de l’eau en hausse : le changement climatique favorise l’essor du surf en Méditerranée

L’engouement pour les sports de glisse est boosté par le temps clément. L’économie régionale en profite également.

« Je ne surfe que de temps en temps, mais l’eau est à 19°, il y a des vagues comme nous l’avions annoncé une appli spécialisée, alors on n’a pas hésité à faire une heure de route depuis Avignon ». Lucie sort de l’eau tout sourire, planche de surf sous le bras, accompagnée de son fils et de sa belle fille. Cette semaine, à Palavas (Hérault), les surfeurs s’en donnent à cœur comme depuis plusieurs jours avec des conditions météo joie idéales.

Lire aussi :
Météo : jusqu’à 48°C à Nîmes, Evelyne Dhéliat a remis à jour son alarmante carte des consommateurs pour 2050

« Et ça va durer au moins jusqu’au 30 octobre alors que ça fait déjà presque trois semaines que les conditions sont bonnes pour surfer » se réjouit Clarence Letourneau, le directeur et fondateur de l’école de surf de Palawai, la première école du genre créée en Occitanie voilà tout juste 10 ans. Cet été, déjà, la présence du vent de mer générant de la houle, et donc des vagues, une poussée à multiplei reprend les amateurs à sortir leur planche. Plus que d’habitude. De quoi s’interrogeait-on sur le dérèglement climatique qui boosterait la pratique ?

« On a de plus en plus souvent de bonnes conditions »

« Notre meilleure période pour le surf, c’est octobre et novembre puis l’hiver. Mais là depuis trois ans, la grosse tendance va à l’augmentation des jours où l’on peut aller à l’eau, c’est moins éparpillé, avec le changement climatique, on a de plus en plus souvent de bonnes conditions » abonde Mehdi Karam, moniteur à Mediterrasurf, l’école de Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales). Et par ricochet, le nombre d’amateurs augmente sensiblement.

À lire également  Sète : Voile et Cime met le cap sur le transport doux avec Bourlingue & Pacotille

Le plus grand club de la région, l’ABSC (Association des bodysurfeurs, paddles et surfeurs canétois), également basé dans le PO, compte aujourd’hui 220 licenciés. « en nette augmentation depuis 2 ans et avec 58 % de femmes » note Mehdi Karam. « Les gens se produisent de plus en plus compte qu’il y a du surf en Méditerranée, même si pour beaucoup ça reste une légende alors que non : il y a des vagues et elles sont constantes ». Et il y a même de nombreux spots sur le littoral catalan, audois, héraultais ou gardois, plus ou moins connus, l’afflux poussant les connaisseurs « à garder secret les endroits peu connus » sourit le moniteur.

« Sur une victime de l’image de Brice de Nice »

« Là, une eau à 20°, en shorty, c’est assez incroyable, la douceur et l’effet de mode, avec du marketing et de l’image, fait que la pratique se développe et se féminise et ça fait du bien parce qu’on a souffert de l’image de Brice de Nice pendant longtemps » analyse de son côté la catalane Nadia Ghali, vice-présidente de la fédération française de surf.

Dans l’Hérault, Clarence Letourneau a 22 ans de pratique et reste prudent sur le changement climatique, même s’il constate lui aussi un nombre de jours croissant de bonnes vagues.

« C’est peut-être aussi une histoire de cycles » avance-t-il en confirmant la démocratisation de ce sport et loisir. « J’y vois deux raisons : le matériel a changé, il est beaucoup plus accessible avec de grandes planches. le nombre de clubs a aussi grossi. Pendant cinq ans, il a fallu éduquer les gens à la Méditerranée, là ils savent que quand il ya des vagues, il faut y être et ça vient même de Nîmes ou Martigues… Dans 30 ans, il y aura des clubs partout sur la plage ».

À lire également  Gomet 'L'Hebdo n°223 - Gomet'

Cette embellie aussi a un impact sur l’économie locale. La marque Decathlon a senti le vent tourner et développé son rayon dédié à la glisse. Dans les PO, encore à Canet, un magasin de vêtements ou un bar dédié ont pris le pli.

« Il y a 20 ans, à cette période de l’année, je vendais des snowboards »

Et cette dynamique booste la marque d’Occitanie Redwood paddle, qui vient de s’agrandir et ouvrir début octobre, toujours à Canet-en-Roussillon, un nouveau centre de production de 1500 m2.

« Il y a 20 ans, à cette époque de l’année, les gens regardaient la montagne et je vendais des snowboards ! Aujourd’hui, le changement climatique a changé nos vies, on est à l’eau tous les jours dans la vague, quand on voit la température de l’eau » Chris Defrance reacts, le créateur de Redwood paddle qui vend des combinaisons, des paddles à foil et bien sûr des surfs, sport pour lequel il veut devenir une vraie marque de surf Méditerranée. Il emploie maintenant jusqu’à cinq employés et va pouvoir produire une dizaine de planches par semaine. « Et puis rappelons que c’est une activité gratuite, une fois que tu as ton surf et ta combi » rappel-t-il.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *