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« Une angoisse qui paralyse » : l’astraphobie, l’ombrophobie… d’où vient cette peur panique des orages ?

Les personnes qui souffrent d’une peur incontrôlable des orages sont nombreuses. Pour elles, septembre peut être un mois difficile à vivre, notamment dans le sud, à cause des épisodes méditerranéens. Certaines nous ont attribué leurs angoisses et Magali Palacin, hypnothérapeute décrypte les rouages ​​de cette anxiété, qui peut aller jusqu’à gâcher la vie de ceux qui en préviennent.

Maëva a 17 ans et ce lycée connaît le nom de ce dont elle est atteinte : l’astraphobie. « Dès que je vois les éclairs par la fenêtre je me mets dans le noir complet pour pas les voir ». S’il est impossible de se réfugier, c’est la crise panique assurée.

Derrière ce que l’on appelle communément la phobie des orages, plusieurs peurs, qui ont un nom spécifique coexistant : l’astraphobiecelle des éclairs, l’ombrophobiequi concerne les tempêtes de pluie, la kéraunophobiela peur de la foudre ou encore la brontophobiela peur excessive du tonnerre.

La phobie des orages, vraiment ?

De là à parler réellement d’une phobie des orages, Magali Palacin, hypnothérapeute et psychothérapeute à Montpellier qui a justement fait sa mémoire sur les troubles anxieux, dement. « La phobie se focalise sur un objet ou quelque chose de concret. Donc la phobie de l’orage ne peut pas exister ». « Face à une phobie, on est obligé de fuir, on ne peut pas le regarder en face, même si c’est à la télé par exemple », explique le psychothérapeute.

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Concernant les orages, elle qualifie plutôt cette peur de trouble anxieux. « L’anxiété est généralement une pensée absurde, qui consiste à imaginer le pire. Car la probabilité qu’un orage s’abbate directement sur nous est plutôt faible », constate-t-elle.

Evénement traumatique

Si cette angoisse n’est pas liée à un événement traumatique, Valérie, Gardoise, sait pourtant très bien d’où vient sa peur. « J’ai vécu la plupart des événements dramatiques dont la météo nous gratifie, le plus souvent au mois de septembre. Comme la plupart des Gardois je me souviens très bien de 2002la peur et l’angoisse mêlées à la tristesse de découvrir les déjàuts matériels et humains ».

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En plus de ces événements traumatiques, elle a vécu sa pire nuit le 13 septembre 2015. C’est là que sa « phobie » est apparue : « Notre maison à pris la foudre, un incendie s’est déclaré et depuis j’ai développé une phobie de l’orage, des éclairs, je vis difficilement le fait d’être en alerte et je dois me réfugier dans une chambre située tout en bas de la maison ».

Cerveau en « mode danger »

Le fait d’être en alerte, vanessa, qui habite près de Montpellier, le décrit aussi très bien. Sa peur des orages la pousse à avoir des comportements frénétiques. « Je dois instinctivement débrancher toutes les prises électriques, ne pas me doucher et rester chez moi lorsqu’il y a de l’orage ». La jeune fille de 17 ans explique que son cerveau se met « en mode danger ».

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Un comportement « normal » en situation d’anxiété. Magali Palacin explique que le corps se prépare à l’urgence. Pupilles dilatées, poules accélérées, votre corps se prépare à faire face. « Il y a une partie de notre cerveau qui se met en mode alerte et qui met notre corps sur le qui-vive. Cela peut être exagéré face au réel danger. C’est ça l’anxiété ».

« Loyauté inconsciente »

De son côté, Sabine estime que cette peur incontrôlable est un héritage. Aussi loin qu’elle se souvienne, elle redoute les orages, au point de se faire mal aux oreilles, tant elle les comprime pour ne rien entendre. « Je pense que c’est une phobie qui est dans nos gênes, car on a peur de génération en génération ». Bizarre? Pas vraiment.

« On appelle cela une loyauté inconsciente. C’est transgénérationnel. C’est comme un héritage en effet, cela nous a été transmis. C’est quelque chose de très connu et justement c’est tellement ancré dans l’inconscient que Parfois, des peurs se transmettent même sans que l’on ait connu les ancêtres qui en préviennent« , explique Magali Palacin.

Pour les ombrophobes, astraphobes et autres kéraunophobes, la période est difficile, particulière dans le sud de la France où l’on connaît la violence que peut revêtir les épisodes méditerranéens et cévenols.

Plus d’épisodes méditerranéens avec le changement climatique ?

Valérie, dans le Gard CV : « Septembre est devenu un mois difficile à passer. multiplicateur à l’avenir ». Et elles ont probablement raison.

Sous l’effet du changement climatique, les pluies ont tendance à être plus fréquentes à se renforcer en France. Météo France confirme la corrélation dans un article : « Avec la hausse de la température, l’atmosphère peut contenir davantage de vapeur d’eau, qui peut davantage se transformer en pluies, ce qui conduit à une intensification des précipitations ».

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Même chose pour les épisodes méditerranés selon Aurélien Ribes météorologue et climatologue pour Météo France et le CNRS qui affirme qu’il »faut s’attendre à des épisodes plus fréquents en nombre mais aussi plus intenses ». La raison : « Aujourd’hui, l’air est plus chaud, la mer Méditerranée et l’océan Atlantique sont également plus chauds, quand les conditions sont réunies pour faire écrépiter ces masses d’eau absorbante, on a des réservoirs d’eau plus importants ».

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