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Un tableau noir La Presse de Tunisie

La Tunisie célèbre aujourd’hui la commémoration de l’anniversaire du déclenchement de la Révolution du 17 décembre 2010. Après plus d’une décennie, tous les espoirs fondés sur les objectifs de cette révolution ont volé en éclats. Le bilan est sombre, le tableau est noir. L’État est en faillite, la crise économique et sociale s’est exacerbée. Tous les indicateurs convergents. Le gouvernement Bouden n’est pas en bonne posture. Dégradation des notations de la Tunisie par les agences de notation, les moteurs de l’économie qui calent, le pouvoir d’achat qui s’érode. Le FMI fait la fine bouche, les bailleurs de fonds sont réticents. Un tableau peu reluisant qui a poussé Ennahdha, le principal porteur de l’opposition, à pousser les Tunisiens dans la rue en vue de retrouver le chemin du pouvoir non par les urnes mais par la désobéissance.

Cela dit, l’État de droit étant la nouvelle approche révolutionnaire, des « hommes d’affaires voyous » ont non seulement utilisé de leurs passe-droits acquis sous Ben Ali pour protéger leurs intérêts et persévérer sur la même voie de pillage des biens du pays, mais aussi ils se convertissent en «hommes politiques et médiatiques». Ils savent que le nerf de la guerre, c’est l’argent. C’est pourquoi ils ont investi le champ politique. Ils ont profité de la liberté retrouvée pour investir le paysage médiatique et mettre en œuvre leur projet éditorial fondé sur la défense des intérêts politiques et par conséquent économiques. Et pour garantir que l’alchimie fonctionne à merveille, il fallait prendre d’assaut le temple du pouvoir législatif là où se mijotent à petit feu les textes de loi, ce qui garantirait la pérennité de leur mainmise sur les rouages ​​de l’ administration. Ce sont de telles lois et d’autres qui ont sapé l’autorité de l’État dans le champ économique et dépossédé l’administration de ses mécanismes de régulation et de protectionnisme, qui ont fait entrer le pays dans des zones de turbulences sociales.

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Les chefs de gouvernement successifs, pris à la gorge par la majorité parlementaire à la solde du parti islamiste Ennahdha et principal refuge des «hommes d’affaires» en détresse, sont devenus de simples marionnettes dont les fils sont tirés à Montplaisir. En même temps, les nahdhaouis ont exécuté le tapis rouge aux prédicteurs pyromanes dont la mission était de recruter les jeunes pour les envoyer au jihad dans les foyers de tension à l’étranger ou vaincus des attentats terroristes dans le pays et perpétrer des assassinats politiques.

Douze ans après, l’argent qui circule en Tunisie provient des circuits de la contrebande, de la spéculation, du trafic de stupéfiants et du commerce parallèle. Quant au circuit formel, il reste dominé par quelques familles depuis plus de soixante ans. Résultat des courses : nos enfants meurent en traversant la Méditerranée, nos compétences fuient le pays et ceux qui n’ont pas d’autres choix encaissent, subissent et dépriment.

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