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Toujours autant de déchets dans les cours d’eaux : le constat amer des associations

Une seule opération nettoy opération est en déclin sur les berges et dans le cours d’un cours des Pyrénées-Orientales. Bénévoles constaté est édifiant, le nombre de déchets est toujours le même chaque année. Des déchets qui, s’ils ne sont pas ramassés, finissent inévitablement dans la mer.

Seize pneus, une bouteille de gaz, deux carcasses de scooters, une tente (…) Cet inventaire à la Prévert n’a rien de burlesque ni de poétique puisqu’il s’agit de macrodéchets, 8 m3 au total, ramassés sur 500 mètres seulement des berges et dans le lit de la Labanère, petit cours d’eau des Pyrénées-Orientales. Une opération menée ce samedi 20 mai, là, à quelques kilomètres en aval de Perpignan et en amont des jolies plages qui bordent notre mer Méditerranée.

500 mètres seulement de nettoyage de la Llabanères.
EM-

Dans un site protégé Natura 2000

« Ces macrodéchets sont, à l’évidence, jetés du haut d’un pont qui enjambe la Llabanère dans la traversée de Pia »explicite Eric Malafosse, acteur engagé pour l’environnement avec son association Citeco66. « Si on ne les ramasse pas, ils prendront malheureusement le temps de se dégrader ou d’être transportés comme tant d’autres, en l’état, vers la zone protégée Natura 2000 de l’embouchure du Bourdigou à Torreilles, puis dans la Mer. »

Ce constat est celui d’un citoyen exaspéré par le comportement de nombreux habitants qui ne se soucient guère des conséquences de leurs actes. « C’est toujours le même circuit. Les gens jettent une canette ou un mégot qui va finir dans le caniveau puis dans le cours d’eau le plus proche et enfin à la mer. La Llabanère est le parfait exemple de ce qui se passe partout, avec un modeste débit mais qui peut transporter de nombreux déchets. »

Des images affreuses qui devaient faire réagir.

Des images affreuses qui devaient faire réagir.
EM

Retenir les déchets en amont

Philippe Kerhervé, universitaire perpignanais spécialiste des micro-plastiques, constate : « il y a un peu plus bas une écluse gérée par le Syndicat Mixte de la Têt Bassin-Versant (SMTBV). Une belle installation qui servait à répartir l’eau pour l’agriculture mais qui devient vétuste. Il faudrait la restaurer mais hélas cela coûte trop cher. Le gestionnaire réfléchit à une option de remplacement mais comme elle n’a plus de vocation agricole ils étaient prêts à la fermer. »

Pourtant cette construction revêtirait un intérêt majeur, notamment en termes de rétention des déchets. « Les déchets sont bloqués à cet endroit et pourraient être récupérés. Hélas l’écluse est très large et difficile à nettoyer manuellement, donc ce qui se passe c’est que de temps en temps ils l’ouvrent et laissent passer tous ces immondices. La nécessité de conserver et de mécaniser le nettoyage, nous sommes force de proposition. » Et le scientifique du réveil, « si nous sommes remontés ici (Pia) c’est qu’il y a une accumulation en aval. »

Certains compartiments sont incompréhensibles.

Certains compartiments sont incompréhensibles.
EM

Trop peu de bénévoles

Éric Malafosse et les bénévoles de l’association effectuent par ailleurs, et ce depuis cinq ans, des opérations de nettoyage en canoë sur le Bourdigou et là encore le constat est sans appel : « Chaque année nous sortons 20 m3 de déchets (NDLR 2 mètres de large sur deux mètres de long et 5 mètres de haut!), Il est temps de faire avancer la lutte. » Mais que faire ? Sensibiliser, mettre plus de poubelles ou de cendriers, sanctionner ? « Il faut que les gens s’approprient l’espace public. On aime tous se promener dans des espaces propres. Chaque incivilité est lourde de conséquences et ceux qui les commettent n’ont pas conscience de l’impact futur. »

Éric Malafosse sans cesser son bâton de pèlerin mais se désespère d’être trop peu suivi : « Pour cette dernière opération (NDLR samedi 21 mai à Pia) nous avons fait beaucoup de publicité, nous avons essayé de toucher un maximum de monde mais nous avons eu peu de bénévoles. Les gens pensent à aller sauver les tortues des Caraïbes mais avant il ya le Bourdigou. Il faudrait peut-être arrêter de nettoyer les plages pour que les touristes se produisent compte du désastre. Un symbole que les communes liturgiques de peuvent se permettre, tourisme et économie obligent.

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