C’est à la fois à une opération de relations publiques et à une campagne de sensibilisation à leurs problèmes que les thoniers de Sète se sont livrés la semaine dernière après la polémique consécutive à la décision de Bruxelles d’écourter la campagne de pêche au thon en 2008 de 15 jours, au mois de juin dernier.

Du côté des pêcheurs sètois, il ne s’agit pas d’éliminer la ressource, ce qui serait suicidaire, mais de pratiquer une « pêche intelligente », en concertation avec les autorités compétentes, et notamment l’Ifremer qui prend des décisions sans se donner souvent la peine de les expliquer aux intéressés. Toujours le problème de la communication.

Or, pour Raphael Scannapieco, propriétaire de 5 thoniers sétois et patron de 70 salariés, il est temps de pratiquer une gestion raisonnée de la ressource, pointant la nécessaire concertation entre les professionnels et l’Ifremer. L’ennui, c’est que tout le monde ne semble pas voir la même chose, ni interpréter la situation de la même façon. Or, depuis 2ans, les 36 thoniers français basés en Méditerranée, dont une vingtaine à Sète, sont soumis à un régime de quotas individuels qui ne tient notamment pas compte des conditions météo, qui sont déterminantes pour la réussite d’une campagne de pêche hauturière. Et les pêcheurs de pointer les aveuglements d’organismes comme Greenpeace, dont il est vrai que le sens de la mesure n’est pas la vertu première, qui, « en juin est arti de Gibraltar jusqu’en Turquie et n’a rien vu », souligne le parton d’un thonier agathois.

Et pour illustrer leurs propos, les pêcheurs languedociens ont invité quelques observateurs et journalistes au large de Sète où les fameux thons rouges s’ébattaient en abondance. Reste à savoir si la généreuse macaronade aux poissons servis à bord a convaincu les intéressés.

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