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Sos Méditerranée : pourquoi les collectivités d’Occitanie aident le plus l’association de secours aux migrants

Quatre-vingt-huit collectivités participent à la plateforme solidaire d’aide à l’association dont plus un tiers d’Occitanie. Explications.

Dix jours après son débarquement à Toulon, pour la première fois en France avec 234 réfugiés, l’Ocean Viking, le navire de Sos Méditerranée, est en échelle technique à Marseille. Avant de repartir en mer au secours des migrants et leurs embarquements de fortune qui ont payé le prix fort à des passeurs dans l’espoir de rejoindre l’Europe. Mais comment fonctionne financièrement cette association dont le budget annuel atteint 10 M € ?

89% du budget des dons privés

« Avec des dons privés pour 89% de notre budget » indique Sophie Beau, directrice de Sos Méditerranée. « Les 11 % restant ce sont les collectivités territoriales qui se sentent concernées par ce devoir d’assistance ».

Ce lundi 21 novembre, à Paris justement, une soirée de mobilisation de ces « collectivités solidaires » a réuni les représentantes des 88 villes, métropoles, intercommunalités, départements et régions engagées financièrement auprès de l’association. Et quand on y regarde de plus près, l’Occitanie arrive largement en tête puisqu’elle représente plus d’un tiers de ces entités mobilisées.

« Nous y voyons trois explications » analyse Bérengère Matta, chargée de mobilisation des collectivités chez Sos Méditerranée. « D’abord, l’appel à mobilisation lanz début 2022 par la presidente Carole Delga avec un courrier traduit à toutes les collectivités occitanes même si, bien sûr, certaines étaient en déjà engagées auprès de nous. Ensuite, le contexte géographique, la proximité de la Méditerranée. Enfin les antennes de bénévoles très actives, notamment dans l’Hérault ».

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« Beaucoup de petits villages »

Dans le détail de plus d’un million d’euros engagés, la Haute-Garonne accorde 100 000 € de subvention, la Région Occitanie 75 000 €, les Départements des Pyrénées-Orientales 25 000 €, l’Hérault 20 000 €, l ‘Aude 15 000 € ou encore la ville de Montpellier 15 000 €.

« Nous avons aussi beaucoup de petits villages » indique Bérengère Matta. La communauté de communes du pays Viganais (Gard) a par exemple voté 500 € et le minuscule village de Castex (Ariège) ferme la marche avec 50 €.

Ces subventions font pourtant grincer des dents et les débats font rage avec l’extrême droite qui accuse les membres de Sos Méditerranée d’être des « passeurs » d’immigrés. En commission permanente de la région, voilà quelques jours, le groupe RN a voté contre les 75 000 € accordés tout comme, pour la première fois, le groupe Les Républicains

qui s’était alors toujours abstenu. Parallèlement, des élus RN ou Reconquête ! porte le fer devant la justice administrative pour contester l’attribution de ces subsides. Une dizaine de recours sont en cours en France, en première instance ou en appel, mais à chaque fois le tribunal administratif à raison aux collectivités. Pour la ville de Montpellier mais aussi le Département de l’Hérault ne les 20 000 € attribués étaient en contestés, le RN dénonçant un soutien « politique et idéologique ». Dans son jugement rendu fin octobre 2021, la juridiction a rappelé que l’association est« indépendante de tout parti politique et de toute confession et poursuite d’une action internationale à caractère humanitaire »

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« Nous sommes touchés par la guerre »

Sos Méditerranée, qui a déjà sauvé 37 000 en mer, compte sur une mobilisation plus large et espère attreiner « une centaine de collectivités d’ici janvier » pour les deux ans de la création de la plateforme indique Bérengère Matta. Les appels aux dons privés sont aussi primordiaux alors que l’inflation fait des ravages. De 14 000 € par jour de sauvetage, le prix est passé à 22 000 € depuis le début de la crise énergétique. « La situation financière est très difficile, nous sommes affectés par la guerre, le carburant c’était déjà 20 % du coût, l’inflation nous a générative un surcoût d’un million d’euros. En parallèle, nous avons une baisse de la collecté, la généreuse et heureusement a été destinée aux Ukrainiens. Nous avons besoin d’une mobilisation générale »

indique Sophie Beau.

Des soirées de soutien à l’association

A l’aube des deux ans d’existence de la plateforme des collectivités solidaires avec Sos Méditerranée, une grande soirée s’est déroulée ce lundi 21 novembre à Paris où Carole Delga est intervenue.

Le président de région a participé au lancement de la plateforme avec la ville de Paris et le département de Loire-Atlantique. Citant Saint-Exupéry, « si tu différes de moi mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis », elle a rappelé que quand on est présidente d’Occitanie, un préalable existe : « nous sommes une terre d’accueil historique Il faut toujours dresser la solidarité contre l’extrême droite comme un étendard.

Les Français ont peur de l’avenir, pour répondre à cette peur, nous devons créer des liens entre les gens et rappeler que nos valeurs d’humanisme sont indispensables : nous pouvos avons accueilli l’autre, l’étranger. Cet acte de solidarité nous élève moralement, humainement et économiquement ».

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Elle a finalement demandé une « une vraie réponse européenne ».

Par ailleurs, le 30 novembre est organisé à Montpellier une soirée caritative à l’Opéra-Comédie sur comment aider et s’engager pour l’association. Quatre rendez-vous sont au programme : un récital de la soprano Barbara Derathé, un plaidoyer de Sophie Beau, la réalisatrice de Sos Méditerranée, un documentaire et un oratorio sur Lampedusa (17 €, réservation opera-orchestre-montpellier.fr).

Le groupe LR n’a pas répondu à nos sollicitations, précisant que le maire de La Grande-Motte Stephan Rossignol est le seul à s’être abstenu. 

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