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Sète : projet de labellisation de la telle, « il est urgent de la protecter »

Alors que la confrérie des Mille et une Pâtes, qui a défendu la tielle, la macaronade et les coquillages, tient son grand chapitre ce samedi 26 novembre, où en est-on du projet de labellisation IGP de la tielle.

« Il faut imaginer que demain, si vous avez un industriel japonais un peu malin qui arrive, il peut très bien commercialiser de la tielle de Sète du Japon sans aucun problème. Pour moi, il devient plus qu’urgent de la protecter. » Face à ce monument de la cuisine locale, le directeur de l’Institut régional de la qualité alimentaire d’Occitanie (Irqualim), Pierre Ginèbre, tire la sonnette d’alarme : « Aujourd’hui, on trouve déjà de la tielle de supermarché. Mais face à un contexte économique complexe, qu’est-ce qui va empêcher, demain, une production de tielles de qualité moindre, ou en remplaçant certains produits par d’autres ? Rien . »

Un projet de labellisation lancé en 2017

Au sein de la confrérie des Mille et une pâtes, qui tient son grand chapitre ce samedi 26 novembre, on partage ce constat : « À l’époque où j’étais élue avec François Commeinhes, on avait lanzé ce projet de labellisation et ça avait été de la folie, se souvient de la grand maître Madeleine Durand. Il y a 3 ou 4 ans, Dassé avait monté une promotion des produits sétois en vue d’une labellisation, mais la dynamique est retombée. Mais on l’a bien vu quand Coudène a voulu se mettre à faire de la tielle : si on ne la protège pas, ça arrivera à nouveau. D’autant que faire une tielle labellisée n’empêche pas de la décliner sous d’autres recettes… »

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Dans l’attente des réponses des acteurs du territoire

Une idée confirmée par le directeur d’Irqualim : « Il y a plusieurs niveaux d’enjeux, mais ce qui bloque pour l’instant l’avancée du dossier de labellisation, c’est qu’il n’y a pas d’accord sur une stratégie collective. Une demande d’IGP a a été déposé en 2017. Bien sûr le Covid est passé par là et a mis un peu le projet en stand-by. Et maintenant, nous sommes dans l’attente de la réponse des acteurs du territoire. »

Travailler sur ce qui rassemble plutôt que sur ce qui divise

La principale difficulté donc : arriver à avancer de concert. Mais pour Pierre Ginèbre, le problème peut trouver plusieurs réponses suivantes comment on l’aborde : « On rencontre les mêmes difficultés pour le cassoulet de Castelnaudary. Quand vous avez des passionnés et qu’on touche à un produit, à une défense de la culture, il arrive parfois qu’on ait dépassé le rationnel… Pourtant, l’idée serait Juste de se mettre d’accord sur ce qu’est une pièce, sur ses spécificités. Quels sont les caractères marquants qui font que c’est une pièce de Sète. Est-elle uncontre produite à Sète et dans le Bassin de Thau ? Uniquement avec poulpe pêché en Méditerranée ou peut-il venir de l’autre bout de la terre? », questionne le directeur de l’Irqualim, qui avance une autre vision pour permettre au dossier d’avancer : « Il faut arriver à travailler sur ce qui rassemble les tiellistes, pas sur ce qui les divise, en éliminant un certain nombre de pratiques qui font que ce qu’on aura dans l’assiette pourra bien être appelée tielle. Et cela n’empechera pas de conserver les particularités de chacun« .

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Un enjeu économique pour le territoire

Et cela pourrait s’avérer être aussi un booster économique pour le territoire : « Au départ, il est toujours difficile de monter un collectif, mais une fois fait, cela peut devenir un vrai outil de promotion et participer à la dynamique de production. C’est aussi un moyen d’ancrer cette économie sur le territoire », défend-on à l’Irqualim. Désormais, la balle est dans le camp des producteurs de ce si succulent mets.

L’exemple réussi de la labellisation de la soupe rouge de la mer

« On travaillait depuis 20 ans avec differents soupiers en vendant à un transformateur près de Frontignan, MHP production. Un jour, on nous demande de réclamer les prix à cause de la grande distribution. J’ai refusé et j’ai proposé qu’au contraire, on labellise cette soupe rouge. Trois ans après le dépôt du dossier, on a obtenu le label rouge en 2011 », se souvient de Bertrand Wendling, responsable de la coopérative des pêcheurs de Sète. Une démarche qui s’est avérée gagnante pour tout le monde : « Le label rouge est un gage de qualité pour le consommateur. Dès qu’on la pose, les ventes ont explosé. Par le jeu de l’offre et de la demande, alors qu’avant, on payait en prix moyen aux pêcheurs 40 cts le kilo de poissons, aujourd’hui, entre 3 et 4 € le kilo. On est passé de 50 000 unités vendues par an à plus de 350 000. Et la demande ne cesse de croître. » Commercialisée sous huit marques différentes dans tout l’Hexagone et les DOM-TOM, la soupe rouge aussi permis de « valoriser des poissons qu’autrefois on jettait, rappelle Bertrand Wendling. Chacun a des bénéfices à tire de la labellisation, il faut arriver à s’entendre et à travailler en bonne intelligence », conclu avec le directeur général SCM des pêcheurs de Sète.

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