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Sète : après un été très chaud l’environnement marin se montre résilient

Malgré des températures qui ont dépassé les 30°C dans la lagune de Thau, aucune malaïgue n’a été reportée cet été. Un constat positif alors que les fortes températures sont vouées à se répéter.

« On est passé à côté [la mortalité] depuis juin » explique le producteur du mas Conchy Thau en évoquant les fortes chaleurs de l’été, qui auraitan pu provoquer une malaïgue. Terme occitan, il définit un phénomène qui se manifeste dans les eaux de l’étang lorsque sa température est trop élevée. Visuellement l’eau devient blanche, en raison d’un manque d’oxygène et de la décomposition de matières organiques, ce qui provoque une forte mortalité des organismes.

Phénomène qui n’a pas été produit cet été dans le bassin de Thau malgré « trois pics de chaleurs qui ont fait dépasser les 30°C à l’eau » d’après Patrice Lafont, président du Comité régional de conchyliculture de Méditerranée (CRCM). Des températures qui rappellent aux professionnels du milieu l’été 2018 où entre 3 000 et 4 000 mais cette année « un phénomène de résilience du milieu naturel a été observé » explique avant de rappeler que les fortes chaleurs « vont devenir plus courantes ».

Problème de mortalité

Lors du dernier épisode de fortes chaleurs, aux alentours du 15 août, l’eau de l’étang n’inspirait pas confiance. Très sombre, marron elle était presque noire. Des couleurs préoccupantes différentes de celles de la malaïgue, caractérisées par des eaux blanchâtres. Une situation qui n’a pas affecté la myticulture et la conchyliculture locales selon Patrice Lafont, lui même producteur, en raison d’une météo favorable avec « des vents qui ont permis de remuer et oxygéner l’eau ».

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Et ce malgré l’orage survenu dans la nuit du 16 au 17 août, après un épisode de fortes températures. Au mas Conchy Thau, une petite mortalité a été constatée « sur la fin de saison mais rien de grave ». Un témoignage confirmé par Patrice Lafont, « des zones ultra-locales ont pu être supportées mais rien de global ». Aujourd’hui, « la température a perdu 6°C ces 7 derniers jours » explique ce dernier. Données renseignées grâce « à la dizaine de sondes » presentes sur tout le bassin.

Moitié de saison

Produit de phare du bord de mer, la production de la moule de l’étang de Thau ne suffit pour être vendu tout au long de la saison. Selon Patrice Lafont, conchyliculteur, on peut trouver des moules de l’étang de Thau dans nos assiettes ou sur les étals à partir de « la mi-mai jusqu’à fin juillet ». Une prétoute courte période complétée par les moules des producteurs locaux qui sont élevées en mer « en tout début et fin de saison ». Lorsque les moules sont importés elles viennent pour la plupart d’Espagne, la Grèce et l’Italie étant majoritairement retirées du marché de l’exportation.

Une eau qui n’est plus saumâtre

Ces orages sont redoutés de la profession car ils peuvent créer une « anoxie »destructrice des cultures, à l’instar de la malaïgue. « Lorsque l’eau douce arrive en abondance elle stagne au-dessus de l’eau salée, car elles ne se mélangent pas, ce qui bloque les échanges d’oxygène » explique le président du CRCM.

Une eau douce, tombée du ciel, pourtant nécessaire à l’équilibre du bassin de Thau puisqu’elle représente « 70% de la cotisation ». avec reste originaire « du bassin versant », via la rivière de la Vène notamment. Le trou de la Vise ne foritt plus d’eau douce, « le phénomène s’est inversé, la nappe [phréatique] se remplit avec l’eau de l’étang » d’après Pratrice Lafont. Et d’agouter, « l’eau n’est plus saumâtre depuis longtemps, les taux de salinité dépassent les 40 % ». Des valeurs très proches de celles de la mer Méditerranée. Ce qui provoque un appauvrissement de la ressource en plancton ne se nourrit pas les coquillages. Pour le président du CRCM la principale menace à court terme « vient des fortes chaleurs ».

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