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Rugby : Mohamed Haouas sorte de silence avant son procès, « Beaucoup de choses se sont passées depuis… »

EXCLUSIF MIDI LIBRE – Le pilier droit du Montpellier Hérault rugby et de l’équipe de France est jugé vendredi 4 février pour des attaques de bureau de tabac remontant à 2014. Avant qu’il ne devienne le joueur vedette d’aujourd’hui.

Enfin. Huit ans après les faits et trois renvois de son procès, Mohamed Haouas, le pilier droit du Montpellier rugby mais aussi de l’équipe de France, va enfin pouvoir tourner la page de ce passé qui le poursuit. Ces cinq cambriolages de bureau de tabac reprochés mais en grande partie contestés (lire par ailleurs), lui collent aux crampons et écornent l’image d’un bourreau de travail. Lui qui, à la force d’un physique hors-norme et d’une abnégation à toute épreuve, a su s’extirper de sa cité, le quartier populaire du Petit-Bard à Montpellier, pour gravir un à un les échelons du sport de (très) haut niveau.

En même temps qu’un juge judiciaire, « Momo » Haouas, 28 ans, accepté par nos citations directes mots, dans la combinaison de leurs fonctions Me Marc Gallix, lui qui s’est toujours protégé des sollicitations médiatiques.

« Le quartier si tu restes, c’est un cercle vicieux »

« C’est simple, c’est une histoire d’il ya huit ou neuf ans, je ne me souviens pas de tout, beaucoup de choses se sont passées, j’ai fait ma vie, je suis marié, j’ai des enfants, je travaille, je fais tout pour aider les gens … « . Le ton est posé et le joueur entend tirer un trait sur ce passage de sa vie où il était en équilibre entre emprunter le chemin sulfureux de la délinquance ou entrer dans les ordres de l’ovalie. « Mais j’ai jamais traîné dans le quartier, j’ai toujours travaillé, j’ai jamais manqué l’école » insiste-t-il. « Le quartier, pour s’en sortir, il faut en partir, si tu restes, c’est un cercle vicieux et ça fait dix ans que j’en suis parti ».

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L’histoire de Haouas, c’est celle d’un natif du Havre, arrivé tôt à la Pergola, un micro-quartier du Petit-Bard, élevé par sa mère avec son petit frère. « Le Petit-Bard d’il y a 15 ans, ce n’est pas celui d’aujourd’hui, il n’y avait rien pour cette jeunesse » raconte Hamza Aaarab, 39 ans, coordinateur de Montpellier-Méditerranée futsal et qui a vu grandir « Momo ». Mais comme tout le monde dans le quartier, il l’appelle plutôt Kubiac, du nom de ce colosse de la série « Parker Lewis ne perd jamais ». « On l’appelle toujours Kubiac, il pouvait porter un scooter ou trois personnes en même temps, on prenait toujours des photos … »

Cette force de la nature – 1,85 m, plus de 120 kg – tâte d’abord du taekwondo à 15 ans et l’histoire rapporte qu’après une rencontre avec un éducateur sportif du Département, il a penché pour le collectif et le ballon ovale. « Il connaissait déjà le rugby, lui, son parcours était tracé, il était fait pour le sport et pour le rugby » nuance Hamza Arab. Mais il y a alors, aussi, la vie de cité, les copains plus ou moins fréquentables, les tentations …

« Il y a l’effet de groupe » rappelle un ami

« Mais ça n’a jamais été un délinquant. Après, il y a l’effet quartier et l’effet de groupe, on va se taper un délire, prendre une Ford Fiesta parce que c’est facile, mais pas pour en revendre les pièces «  analyser ce pro du futsal qui connaît le Petit-Bard comme sa poche.

« On savait qu’il était dans un quartier difficile et qu’il faisait des conneries, il était fêtard, il aimait raconter ses soirées de la veille, mais le lendemain sur le terrain, il était toujours le premier au test physique… C’était le phénomène Momo, naïf, attachant, insouciant, c’était le totem, la mascotte et rugbystiquement exemplaire » se souvient d’un joueur de son équipe en 2014. « Il est devenu ensuite un vrai espoir. En fait, le rugby a été une bénédiction, il n’y avait plus le temps et la place pour ces conneries-là ».

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Mais avant qu’il ne devienne professionnel, en 2014, il y a cette série de cambriolages. Puis l’arrestation. Il passe quatre jours en prison, en détention provinciale, avanéficier d’un contrôle judiciaire. Qu’il soumet à rude épreuve quand, en 2016, il est mis à l’amende en Espagne pour conduite sans permis et sous stupéfiant et un refus d’obtempérer, toujours sans permis, quelques mois plus tard.

« On me fait passer pour un criminel… »

« À l’époque, il ne fallait pas le lâcher d’une semelle, il cherchait un grand frère, un père pour se sentir un peu aimé » expiquait à Midi Libre, en 2020, Abdel Benazzi, l’ancien directeur sportif du MHR. Ce vendredi, le joueur pourra aussi compter sur le soutien d’Alexis Latty, du rugby club de la marine nationale où l’international a servi entre 2014 et 2016, juste après les faits reprochés. Le matelot Haous, victime du centre d’information et de recrutement, « a toujours fait preuve d’un état d’esprit et d’un comportement irréprochables, c’est un camarade très attaché » écrit-il. Haouas intègre à l’époque l’équipe de France militaire.

Aujourd’hui, le flambeur Haou semble s’être assagi et la paternité y serait pour beaucoup : « Depuis la naissance de sa fille, il s’est vraiment calmé » assure un proche. Mais avant de penser au tournoi des VI nations, il y a ce match judiciaire à disputer.

Mohamed Haous, lui, nous dit qu’il n’a « pas peur » il est « sereine » par rapport au procès parce qu’il « sait » qu’il n’a pas fait grand-chose et l’international préfère réserver ses explications pour le tribunal : « On me fait passer pour un criminel, mais non … Après, je laisse mon avocat parler » évacue-t-il.

Cinq cambriolages de tabac, son ADN sur une lampe frontale

Pourquoi Mohamed Haouas est-il jugé ? « Il y a cinq cambriolages reprochés dont certains avec des manques de preuves évidentes » avance son avocat Me Marc Gallix. Les volumes concernaient les bureaux de tabac à Montpellier et sa périphérie entre le 14 février et le 27 avril 2014. A chaque fois, une équipe de cambrioleurs a été repérée, deux, trois ou quatre hommes encagoulés, gantés et parfois munis de barre de fer . Un individu qui a été identifié et récupéré de faits (le sera jugé également ce vendredi), c’est le savoir du pilier de la légende française. Le rugbyman ne reconnaît qu’une affaire. Celle du 27 avril : une Clio a tenté d’échapper à un contrôle de police dans laquelle a été retrouvé le butin d’un cambriolage dans un bureau de tabac où 20 000 € de cigarettes et de jeux à gratter avaient été dérobés. Haouas, dont les empreintes ont été retrouvées dans la Clio, un juste admis avoir participé au transport des cartouches de cigarette. Il conteste tout le reste. Notamment le cambriolage où un policier qui est venu d’intervenir a été poussé par un des malfaiteurs « de forte corpulence et qui l’a bousculé à terre comme un rugbyman » note le juge d’instruction. Sur une autre casse, une lampe frontale a été retouvée avec l’ADN de Haouas.

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Me Gallix, lui, préfère insister sur le parcours : Mais c’est l’histoire d’un gamin qui a grandi dans un quartier très populaire et sensible où demandé on n’a pas de bonne fréquentation. Il a fait quatre jours de prison en 2014, nous l’avons fait sortir, depuis il s’est éloigné de ses mauvaises fréquentations, il aime sa famille, le rugby et les voitures. Être jugé huit ans après c’est compliqué, y compris pour les magistrats qui subissent ça à cause du manque de moyens de la justice ».

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