Originaire de Corrèze, homme de plume et de radio – il est rédacteur en chef adjoint de French Info -, gourmet, producteur de l’émission « L’Histoire à la carte » avec le chef Thierry Marx, Bernard Thomasson également au Who’s Who France en 2012 et est membre de la Société des gens de lettres. Cependant, c’est en sa qualité de président du jury du 1er Festival Gastronomique Méditerranéen, initié par la Ville de Perpignan, qui se tiendra au Palais des Congrès les 7 et 8 novembre, qu’il a accepté de se glisser dans la peau du interviewé.

Bernard Thomasson, d’où vient ta passion pour le grand art ?

Tout d’abord, j’aime manger et je porte une attention particulière à la qualité gustative, comme la plupart des gens que j’imagine. Cela m’a poussé en 1992, l’année où je venais de rejoindre France Info, à commencer à produire un module qui tournerait autour de la gastronomie. Nous l’avons appelé « Histoire à la carte ». Thierry Marx, un chef brillant qui a inspiré la gastronomie moléculaire et une véritable source de science et de connaissances dans le domaine culinaire, qui est maintenant un ami, a conduit à mes côtés. Il parla des secrets de la prescription du Lièvre à la royale servie à la cour de Louis XIV, à Versailles. Et c’est ainsi que j’ai appris, en même temps que nos premiers auditeurs, que le Roi Soleil, amoureux de la chasse et du gibier, mais qui a perdu ses dents à la fin de sa vie, ne pouvait plus mâcher de nourriture. Puis son chef a eu l’idée de réaliser le fameux lièvre, qui est devenu un « style royal », en partie grâce au foie gras dont il a rempli ce jeu.

Quelque 30 ans plus tard, comment s’inscrire dans ce premier Festival de la gastronomie méditerranéenne créé par la Ville de Perpignan, présidente du jury du Prix des Ecrivains Gastronomes ?

En 2014, André Bonet (président du Centre de Littérature Méditerranéenne) a créé ce couronnement, je cite, « l’œuvre d’un auteur qui affirme son goût pour la gastronomie et son amour de la cuisine avec exigence et talent ». Bernard Pivot en ont été les deux premiers lauréats et le chef étoilé Jean-François Trap pour, réciproquement, un « Dictionnaire des Amoureux du Vin » décoré et un livre de 300 recettes dans lequel le chef livre également ses menus. Ce prix a ensuite été décerné à Montélimar, dans la Drôme. Deux ans plus tard, nous avons eu l’honneur de recevoir après nous le Prix des Ecrivains Thierry (Marx) Gastronomes pour « Histoire à la carte » (édité par La Martinière) réplique imprimée du spectacle : l’histoire de la naissance et de l’évolution des grands plats dans la société. André Bonet me considérait probablement comme un ancien lauréat et j’ai pris beaucoup de plaisir à sa proposition de présider un jury 2021, composé d’une dizaine d’écrivains, dans le cadre de ce premier festival du genre à Perpignan.

Que montre à vos yeux l’alliance de la littérature et de la gastronomie ?

On le voit, les mots et les plats sont historiquement et intrinsèquement liés. La nourriture spirituelle, sa force imaginative et sa résonance unique ont toujours trouvé un écho dans l’art de la cuisine. Et quoi de plus agréable pour un écrivain, gourmand, que d’évoquer le parfum d’un plat, un croquant de tuile caramélisée, un croquant de légumes ou un doux parfum de vin ? Rien de tel que des descriptions bien choisies et bien travaillées pour éveiller nos papilles. Pour moi, la littérature est naturellement liée à l’évolution de la gastronomie à travers les âges et est probablement l’un de ses vecteurs essentiels.

Enfin, Bernard Thomasson, avez-vous le pouvoir de nous révéler cette année les noms d’auteurs connus ?

Le CML et votre humble serviteur remettent à Nicolas d’Estiennes d’Orves le Prix des Ecrivains Gastronomiques Méditerranéens 2021 pour son ouvrage « Petit éloge de la gourmandise », et la mention spéciale dite « coup de cœur » à Guillaume Gomez, ancien chef à l’Elysée pour son magnifique livre « A la table des présidents ».

À quoi s’attendre les dimanche 7 et lundi 8 novembre

dimanche 7 novembre : de 22h30 à 18h30, dans le Village Gourmand implanté sur le parvis du Palais des Congrès, stands et food trucks de producteurs locaux, démonstrations culinaires par des chefs en camion cuisine Pro A Pro. Rencontres avec les chefs présents : Alain Delprat, François Will, Olivier Bajard, les frères Pourcel, Michel Portos entre autres… Et la découverte des produits en dehors d’ici! De 11h à 13h, la terrasse du Festival, où fruits de mer et vins danseront au rythme de la Cobla Mil-lenaria ; De 14h à 18h30 Salon du livre de gastronomie (grâce au partenariat avec les librairies Torcatis et Cajelice) situé dans le hall du 1er étage et dans l’auditorium Rolland ; A 2 en tables rondes présentent quatre personnalités des arts et de la gastronomie ; A 15h, place à l’excellence française avec des chefs gratinés dont Guillaume Gomez, MOF (Meilleur Ouvrier de France), ancien chef de l’Elysée (de 1997 à 2021) et représentant personnel du Président de la République pour la gastronomie française. ; A 16h, sur le thème de la gloire, une discussion entre plusieurs professionnels du livre dont Nicolas d’Estienne d’Orves, lauréat 2021 du Prix des Ecrivains Gourmets pour son livre « Eloge de la gourmandise » ou encore Noha Baz, auteur de livres gourmands. Zt à 17h30 le Prix des Ecrivains Gastronomiques 2021 sera remis avec une présentation publique de 3 nouveaux membres de la Commende Majeure du Roussillon.

Lundi 8 novembre : De 22h30 à 18h30 visites, dégustations et balades au Village Gourmand.

Un festival gratuit ouvert à tous.

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