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Occitan : le coup de colère de collectivités face à l’urgence humanitaire en Méditerranée

70 collectivités françaises, toutes partenaires de l’ONG SOS Méditerranée, ont écrit au Président de la République « afin de l’alerter sur l’urgence humanitaire en Méditerranée et le désengagement croissant des Etats européens en matière de secours en merours » Parmi ces collectivités, une dizaine d’Occitanie qui s’inquiète notamment que les États européens soient délégués à la Libye les missions « de recherche et de sauvetage des naufragés » hors de leurs frontières. Et que des ONG assument les responsabilités des Etats.

Ainsi trouve-t-on parmi les cosignataires de ce courrier adressé à Emmanuel Macron : la Région Occitanie, les Départements des Pyrénées-Orientales, de l’Aude, de l’Hérault et de la Haute-Garonne, les communes de Montpellier , Millau, Luc-sur-Aude … Le coup de colère de ces collectivités intervient alors qu’un nouveau naufrage a eu lieu au large de la Tunisie ce mercredi, entraînant la disparition de 76 migrants. Elles alertent sur « la catastrophe humanitaire qui se prolonge depuis 2014 en Méditerranée […] transformé en cimetière à ciel ouvert « .

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+ 55% mortalité mer mer l’an dernier

Moins médiatisés du fait de la couverture d’autres catastrophes humanitaires et de nouveaux conflits, les naufrages de migrants en Méditerranée ne cessent pourtant d’être toujours plus meurtriers. En 2021, les sciences humaines n’ont pas fait une augmentation sensible de 55% de la mortalité en mer par rapport à 2020, avec 1 553 morts, et de 23% par rapport à 2019. Les collecteurs réunis au sein de la « Plateforme des collectivités solidaires de SOS Méditerranée « (co-créée en janvier 2021 par la présidente d’Occitanie, la maire de Paris et le président du Département de Loire-Atlantique) pointent sans détour la responsabilité des États de l’Union européenne dans ce décompte macabre.

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Les États européens tenus pour responsables

Selon elles, ce constat est une « Conséquence directe de choix politiques effectués par l’Union européenne et par ses États membres, qui ont décidé de se dégager de leur responsabilité en matière de sauvetage en Méditerranée ». Les Etats européens ne les respectent pas ainsi que leurs engagements internationaux « de recherche et de sauvetage des naufragés » au-delà de leurs propres frontières maritimes. Déléguant la tâche à la Lybie (lire aussi ci-dessous), un « Etat défaillant, avec deux gouvernements qui s’opposent, déclarer la Plateforme des collectivités. Ils ont créé les conditions d’une gestion humanitaire désastreuse aux portes du continent européen « .

Les ONG assignent de facto les responsabilités qui incombent aux Etats

Sud-Est SOS Méditerranée, la Région Occitanie, les Départements de l’Aude et des Pyrénées-Orientales et les autres collectivités régionales, rappellent également dans ce courrier le rôle essentiel des ONG « pour limiter les pertes humaines ». « Malgré l’absence totale de soutien des États et les multiples entraves administratives et politiques qui lui sont imposées, l’action de SOS Méditerranée aura permis de secourir, depuis février 2016, 35 333 personnes en danger de mort assumant, de facto, les responsabilités morales et juridiques qui incombent, en toute logique, aux États », écrivent-elles à Emmanuel Macron.

Cette situation déshonore les Etats

En la personne du Président Macron, les collectionneurs saisissent aussi la France, qui préside actuellement le Conseil de l’Union européenne.
Ils ressemblent à une Europe capable de « changer le cours de l’Histoire »à l’issue des négociations en cours sur le Nouveau Pacte sur les Migrations et l’Asile « qui prévoit une clause concernant le sauvetage en mer et la répartition des personnes rescapées entre les pays européens ». Et réclament un accord entre les États membres afin de « créer un système européen et solidaire de débarquement et de prise en charge des rescapés » verser « mettre fin au traitement au cas par cas (entraîner) des jours, voire des semaines d’attente en mer (ce qui est) contraire aux conventions internationales et au droit maritime ».
Les signataires estiment qu’il « est désormais temps de mettre fin à cette situation qui déshonore nos États et aggrave la détresse des rescapés ».

Les garde-côtes libyens tirent à balles réelles autour des embarcations
« En tenant sciemment leurs moyens d’intervention à l’écart des zones de naufrages, les États européens ont renoncé à respecter leurs engagements internationaux de recherche et de sauvetage des naufragés, écrivent les signataires. En déléguant ces missions à la Libye, ils ont créé les conditions d’une gestion humanitaire désastreuse aux portes du continent européen ». Exemple en juin dernier quand des garde-côtes libyens ont fait usage d’armes à feu pour stopper un canot de 45 migrants, au large de l’île de Lampedusa, selon le témoignage de l’ONG SeaWatch. Le même type de scène avait déjà été rapporté en 2019. Depuis 2017, un accord existe entre l’Italie et la Libye pour que ce pays intercepte les migrants en mer et les ramène dans ses centres de détention. Accord soutenu par l’Union européenne.

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