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«Naseer Shamma & the peace builders» au Festival International de Carthage: Musique d’amour et de paix

L’Irakien Naseer Shamma revient à Carthage dans des sonorités universelles d’une délicatesse et une élégance inégalée. Les créations de ce magicien du luth sont comme une caresse pour nos blessures dans un monde de plus en plus sans paix.


Dans son nouveau spectacle instrumental «Naseer Shamma & the peace builders», mercredi soir, au Festival international de Carthage, le luthiste et sa formation de solistes ont offert des sonorités pour l’humanité, l’histoire et un monde meilleur. En cette nuit de pleine lune qui enveloppait le ciel de l’amphitéâtre romain de Carthage, les créations de ce virtuose sont séduisantes pour les mélomanes, assez nombreuses, venues se ressourcer. Côté public, le silence n’était pas souvent au rendez-vous, en des moments aussi magiques et une musique en toute sa splendeur qui parle à l’âme et à l’ouïe surtout.

Naseer Shamma est un charmeur discret à la créativité qui trouve son originalité dans une formation de solistes internationaux, de renom, et d’instruments que l’artiste a savamment réunis dans des compositions universelles sur une même scène. Les Tunisiens, Lotfi Soua et Sami Ben Sayed, font parti des bâtisseurs de la paix de Naseer Shamma qui sont de plusieurs nationalités.

L’artiste porte en lui la promesse d’un monde meilleur dans des dialogues sonores qui embrassent l’histoire millénaire de nos sites en région arabe. De Babylone et Erbil en Irak, à l’Arabie saoudite jusqu’en Tunisie et le site de Carthage sur les ports de la rive sud de la Méditerranée, ses créations ouvrent une fenêtre sur un passé lointain qui habite chacun de nous. « Le croissant de Akama » est une composition inspirée du site historique d’Al-akma en Arabie Saoudite, situé dans une zone montagneuse sur l’ancienne route de la soie, précise l’artiste.

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Des jardins suspendus de Babylone, l’une des sept merveilles antiques, il a été inspiré dans un morceau qui s’intitule « La Dame des jardins ». « Les cités de Narcisse » est un hommage à la citadelle d’Erbil, classée au patrimoine de l’UNESCO. « Carthage » est un nouveau morceau dédié au site de Carthage, classé au patrimoine mondial de l’humanité depuis 1979.

« Les lieux qui m’habitent me provoquent pour écrire mes créations musicales », a déclaré l’artiste en présentant l’un des morceaux. La magie de l’Orient l’habite et effleure son esprit dans des créations qui invitent au voyage dans les rues d’Alexandrie, de Bagdad ou de Carthage. La Tunisie est un pays pour lequel il voue une admiration et une place de choix.

Les vestiges des temps passés et des civilisations, ayant formé notre univers actuel, le hantent, l’interrogent et l’inspirent. Beaucoup plus qu’un patrimoine et des roches qui défient les aléas du temps, chaque pièce de cet héritage est gravée dans son cœur. Une histoire d’amour qui n’en finit pas de livrer ses secrets. Ce messager de la paix, ambassadeur de l’Unesco pour la paix, est un auteur, compositeur et interprète hors-pair qui a sa propre empreinte musicale. La notoriété d’artistes comme Naseer Shamma n’est pas acquise aussi facilement, mais elle est plutôt le résultat d’une grande volonté à créer, à changer et à s’investir dans l’art par le corps, l’âme et l’esprit .

Naseer Shamma et le luth sont une histoire de passion qui dure depuis l’enfance pour le placer au summum de la gloire dans sa spécialité de luthiste. Son penchant pour la culture est également un atout de plus pour cet artiste devenu une source d’inspiration et un mentor pour beaucoup de jeunes musiciens.

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Avec le début de la seconde guerre du Golfe et un pays ravagé, Naseer Shamma quitte l’Irak en 1993 pour la Tunisie, où il enseigne à l’Institut supérieur de la musique.

L’Egypte a constitué une étape marquante dans le parcours réussi du luthiste, surtout que l’Opéra du Caire avait acquielée son premier concert. Ses débuts en Égypte étaient en 1997 pour, qu’un an plus tard, il réalise son rêve de créer la Maison du luth arabe, au Caire.

Cette institution est un espace de formation et d’apprentissage musical qui existe également à Bagdad, à Khartoum (Soudan), à Abou Dhabi (EAU) et bientôt à Ryadh (Arabie Saoudite). L’artiste, qui vit actuellement en Allemagne, rêve de créer d’autres maisons du luth en Europe.

Naseer Shamma a conquis le Monde arabe et l’Occident dans des spectacles très attendus par un public averti. L’artiste a gravé les échelons du succès en se faisant une place parmi les grands luthistes de sa génération. Le genre de musique qu’il propose est un remède contre l’extrémisme et la médiocrité artistique qui règne. Ses créations sont comme une bougie dans les pénombres de l’oubli qui conduisent vers la renaissance culturelle.

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