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Narbonne : Des plaisanciers alertent sur l’état du canal de la Robine à Mandirac

Un collectif de résidents du canal de la Robine qui habitent à quai à Narbonne alerte sur la situation du canal après l’écluse de Mandirac. Ils craignent de lourdes répercussions sur le tourisme fluvial et l’écosystème.

Fini le ballet des bateaux passant l’écluse de Mandirac pour réplique Port-la Nouvelle et même la mer. Ce canal de jonction au canal du Midi est en effet le point d’ouverture sur la Méditerranée. Le spectacle est tout autre. Une étendue de lentilles d’eau parsemées de quelques déchets qui flottent. Geoff Woolley connaît bien ces problématiques. Avant de se fixer à Narbonne avec son épouse sur le Snow mouse, cet Irlandais a beaucoup navigué. Il a été président des canaux intérieurs de son pays et à l’origine de la réouverture du canal de Shannon-Erne qui lie le Nord au Sud du pays. Pour lui, « la situation est critique ». Sous son impulsion, plusieurs résidents se sont constitués en association « Les Amis de la Robine et du port fluvial de Narbonne » pour dénonce cette situation.

Ils déplorent en premier lieu que la navigation ne soit plus possible aux abords de l’écluse de Mandirac. « Il n’y a plus assez d’eau et les mauvaises herbes proliférantes, cela pourrait endommager les filtres des moteurs », explique le président qui pointe le mode de gestion de VNF. Il reprend « malgré l’alimentation constante 24 heures sur 24 de l’eau de la rivière Aude, le canal inférieur de la Robine n’a connu que 5 jours de navigation « normale » avant la canicule nationale du mois de juillet »observe-t-il avant de précis « depuis, aucune eau n’est passée de l’écluse de Mandirac au canal suivant, il doit y avoir pas plus de 40 cm de fond ».

Le canal de la Robine doit rester un canal de navigation au même titre que le canal du Midi, il en va du classement au patrimoine mondial de l’Unesco

Pour l’association, la situation actuelle de sécheresse se double d’un autre problème : la proximité de culture très gourmande en eau. Le canal alimente en effet plusieurs champs de rizière à Mandirac. « Où est le bon sens de cultiver du riz, l’une des céréales les plus consommatrices d’eau, dans la partie la plus sèche de France ? Le riz est cultivée dans les pays d’Extrême-Orient où il est adapté aux conditions saisonnières de la mousson où il faut de grandes quantités d’eau pendant la période de croissance du riz », détaille-t-il en indiquant sur place le réseau d’eau qui repose directement sur le canal aux rizières. « Nous avons surveillé les quantités d’eau extraites du canal qui se révèlent entre 80000 et 100000 tonnes par 24 heures » assure-t-il. Et de citer également « les dégradations constantes des berges du canal dues à ces fluctuations de niveau d’eau ».

Une partie de l’eau sert à irriguer les rizières voisines.
Indépendant – PHILIPPE LEBLANC

Et pour l’association de pointer le déficit d’image que cela produit sur le tourisme, les loueurs de bateau étant obligent d’inciter leurs clients à éviter le secteur. L’association demande que le canal de la Robine soit nettoyé et entretenu jusqu’à Port-La Nouvelle selon les mêmes critères de profondeur que le canal du Midi. « Le canal de la Robine doit rester un canal de navigation au même titre que le canal du Midi, il en va du classement au patrimoine mondial de l’Unesco » Souint l’association qui veut redorer le blason de ce canal de jonction auprès de la grande famille des plaisanciers. « Croyez-nous! Ce sont les meilleurs prescripteurs. Beaucoup de plaisanciers reviennent avec leurs familles et leurs amis, louent des bateaux pour leurs vacances et consommation sur place ce qui injecte de l’argent dans l’économie locale »détaillent les membres de l’association qui ont longtemps navigué avant de poser les landes à Narbonne.

Les VNF assurent que des travaux sont programmés en 2023

Aux Voies navigables de France, qui gèrent le canal de la Robine, il n’y a pas de problème particulier sur ce secteur. « Le bief de Sainte-Lucie est trop bas et il est coupé à la navigation de manière temporaire depuis huit jours. C’est le seul secteur fermé sur le canal du Midi, soit 10 km. Un avis à la batellerie a été pris. Le niveau d’eau n’est pas garanti et on risque d’être bloqué, mais si une barque en fait la demande, elle peut passer sans problème »indique-t-on au service communication de VNF sud-ouest qui reconnaît que « L’alimentation en eau de la Robine est compliquée ».

Concernant la prolifération des herbes et plantes aquatiques, des travaux de faucardage ont été réalisés cet été. « Une première session a été programmée en urgence, mais tout un plan complémentaire est prévu en 2023 » assure-t-on également en reconnaissant que « les problématiques sont gérées en fonction de la fréquence des sites ». D’importants travaux sont également programmés en 2023 avec le dragage de l’ensemble du linéaire de la Robine, qui permet notament d’enlever la couche de substrats où se trouvent les racines et les grains des plantes envahissantes.

Les prélèvements d’eau pour le monde agricole sont réglementés par le comité de sécheresse qui se tient en préfecture chaque mercredi.

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