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Moustiques dans le Narbonnais : « Nous sommes sur la pente descendante »

L’Entente interdépartementale de démoustication du littoral méditerranée (EID Méditerranée) intervient en tant qu’opérateur public sur les zones humides afin de lutter contre les larves de moustiques. Le point avec le responsable et coordinateur opérationnel de l’agence de Narbonne, Jean-Claude Mouret.

Pourquoi y at-il autant de moustiques actuellement ? Et quelles sont les zones les plus infestées dans le Narbonnais ?

En effet, nous assistons à un événement exceptionnel pour la saison, notamment les orages survenus fin juin, et il faut remonter à juin 2015 pour retrouver un tel phénomène en termes de nombre de pullulations larvaires dans les zones humides mais aussi sur la surface. Habituellement, les zones humides naturelles sont sèches en cette période. Dans la nuit du 23 au 24 juin, nous avons enregistré 70 à 80 mm de pluie par endroits dans le Narbonnais, d’où une population de moustiques plus importante actuellement, avec un niveau plus élevé sur la commune de Gruissan. Mais ça baisse ! C’est la déclinaison naturelle : il faut savoir qu’une moustique ne vit que 15 jours à trois semaines en conditions naturelles, nous sommes donc sur la pente descendante.

Jean-Claude Mouret, responsable de l’agence opérationnelle de Narbonne de l’EID Méditerranée.
Indépendant – Leblanc Philippe

Chaleur et réactivité

En quoi consiste l’action de l’EID Méditerranée pour lutter contre ces nuisibles ?

Contrairement aux idées reçues, nous intervenons tout au long de l’année et ce dès le constat de la présence de larves. Une fois les zones définies avec précision, nous avons choisissons le moyen de traitement le plus adapté en fonction du temps que nous considérons, des conditions météorologiques et des environnementales car, la plupart des zones étant classées Natura 2000. La pulvérisation des enjeux du produit est réalisée soit par voies aériennes par nos pervaults soit avec nos engins terrestres. Avec les fortes chaleurs, nous devons agir vite, le traitement étant plus efficace lorsque les larves sont dans les premiers jours de leur vie.

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Quel est ce produit ? Est-ce efficace à 100 % ?

Le produit utilisé pour traiter les larves est le BPI, un insecticide bio homologué qui a un mode d’action particulier : il agit par ingestion. C’est un produit sélectif et donc respectueux de l’environnement, qui dispose d’une très bonne efficacité. Mais elle n’est pas de 100 % en toutes circonstances, c’est pourquoi nous avons des nuisances résiduelles qui, lors d’événements exceptionnels, comme celui de fin juin, peuvent être ressenties comme intenses.

Une action à la source qui représente plus de 5000 hectares traités chaque année.

Une action à la source qui représente plus de 5000 hectares traités chaque année.
Indépendant – Leblanc Philippe

800 hectares traités après les orages de fin juin

Quelles sont les espèces de moustiques ciblées par la démoustication ? Sur quel périmètre?

Sur les 3000 espèces de moustiques appelées à travers le monde, une cinquantaine sont présentes dans la région et une quinzaine dans le département. Notre action cible deux espèces communes, autochtones, présentes dans les zones humides, à savoir l’aedes caspius présent les six mois les plus chauds et l’aedes détritus les six mois les plus froids. L’agence de Narbonne couvre 57 territoires communaux, essentiellement littoraux mais aussi quelques zones à l’intérieur des terres. Nous traitons environ 5000 hectares par an sur le département. 2500 à 3000 ha ont été traités depuis le début de l’année, dont près de 800 ha au cours des dix derniers jours de juin, situés aux orages.

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Contre le moustique tigre, la prévention !

Et le moustique tigre dans tout ça?

L’aedes albopictus est une espèce importée qui, chez nous, est essentiellement urbaine, avec un développement larvaire concentré dans les espaces privés (jardins, terrasses et cours). On comprend donc pourquoi la stratégie développée et éprouvée depuis 60 ans par l’EID ne peut être utilisateur sur le moustique tigre. Mais il faut lutter contre cette espèce, non seulement les vecteurs de maladies mais surtout fortement nuisibles par sa piqûre, grâce à la participation communautaire. Chacun chez soi doit adopter les bons gestes

en supprimant les réceptions inutiles dans le jardin, en rangeant ce qui n’est pas éutilisé, en couvrant les récupérateurs d’eau de pluie de moustiquaires… car pour limiter sa prolifération, il faut le priver d’eau et ainsi empêcher l ‘éclosion des œufs.
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Toutes les informations et conseils utiles sont à retrouver sur le site mis en place par l’EID dans le cadre de ses actions de prévention contre le moustique tigre : moustiquetigre.org

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