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Montpellier : Trouver du carburant, priorité des professionnels de la route

Ceux qui utilisent un véhicule motorisé comme outil de travail doivent s’adapter à la pénurie de carburant, depuis quelques jours. Petit tour d’horizon de professions très impactées.

C’est à la fois l’occupation principale des automobilistes et le sujet n° 1 de toutes les conversations. Où trouver du carburant ? Les uns surveillent les applications sur internet, les autres privilégient le bouche-à-oreille, et certains saiissent la moindre occasion sur leur trajet. Petit tour d’horizon parmi ceux qui utilisent leur voiture chaque jour.

Pas de pauses dans les auto-écoles

« Un élève absent étant, je viens d’envoyer un moniteur faire le plein, il est parti à 10 h 15 et revenu à 11 h 30. Il y avait 200 m de queue avenue Mendès-France », explique Bouchra Nejjari, de l ‘auto-école Pasteur, en plein cœur de Montpellier. « On est vraiment dépendants du carburant pour travailler. En prévision, on avait fait le plein de tous les véhicules la semaine passée. Mais ce mardi, on prend sur les pauses pour aller en chercher à nouveau. On a cinq voitures, quatre motos et trois scooters. On ouvre l’œil en tournant avec les élèves. Et quand l’occasion se présente, on patiente un peu, on fait le plein de gasoil et on prolonge la çon avec l’élève. Mais tout ça est compliqué.. . »

Pour les taxis, la course à l’éthanol

« Lundi soir, j’étais à court de carburant. J’ai fait le tour de la ville à partir de 21 h avant d’en trouver à 23 h 30 à Villeneuve-lès-Maguelone ». Frédéric Benito est chauffeur de taxi à Montpellier, et comme 50% de ses collègues, il roule à l’éthanol. « On connaît les stations qui en distribuent, mais elles sont toutes prises d’assaut par ceux qui trouvent y chercher du diesel ou de l’essence. On perd du temps avec cette pénurie. Mon neveu qui n’avait plus de carburant a dû prendre la voiture de son père car il ne trouve plus de carburant. » L’avantage de l’éthanol, c’est son prix, « moins de 70 centimes le litre, et le fait qu’on soit vignette Crit’air 1. C’est aussi très adapté à la ville, mais pas à l’ autoroute où on a parfois du mal à en trouver ».

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Les taxis demandant aussi à figurer parmi les véhicules prioritaires aux stations, comme les véhicules d’urgence. « Sur 132 taxis à Montpellier, une centaine est conventionnée médicale », rappelle Frédéric Benito.

Véhicules d’urgence : un fâcheux oubli

Du mardi 11 au vendredi 14 octobre, la préfecture a mis en place un fichier réservé aux véhicules prioritaires dans les stations-service : police nationale, gendarmerie nationale, sapeurs-pompiers et véhicules d’urgence sanitaire (Samu, Smur, ambulances privées et véhicules sanitaires légers).

« Et les aides à domicile, auxiliaire de vie.. , on fait comment pour aller s’occuper des personnes âgées ou handicapées? », une infirmière interpellée sur les réseaux sociaux.

« La liste des services prioritaires vient d’être mise à jour pour inclure les médecins et infirmiers », a répondu le préfet de l’Hérault.

Mais entre-temps, le message initial de la préfecture s’étant propagé un peu partout sur internet, a provoqué un déluge de messages indignés et l’incompréhension générale.

Les sept stations réservées aux véhicules prioritaires sont situées à Montpellier (Carrefour Market du Grand M, Auchan Croix d’Argent), Lodève (Avia avenue de Montpellier), Clermont-l’Hérault (Intermarché Zae Les Tannes basses), Sète (Auchan Les Métairies), Agde (Total avenue de Belle Isle) et Béziers (Casino avenue Jean Moulin).

Les ambulanciers ont dû refuser

 » La pénurie nous pénalise beaucoup, explique-t-on à Ambulances Croix d’Argent. On fait des bornes en plus et on perd du temps. On a refusé dû quelques courses ce mardi matin à cause du retard qu’on avait pris. On essaie déjà d’assurer toutes les demandes sur Montpellier. Et on discute entre les collèges pour connaître les stations qui sont réapprovisionnées. »

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« Ce lundi, on a refusé tous les transports longue distance, témoigne-t-on à Ambulances Méditerranée. C’est vraiment difficile depuis quelques jours. On est une petite structure, et on n’a pas de citerne, conformément aux plus grandes . »
Depuis ce mardi, les ambulanciers font partie des véhicules prioritaires, ce qui devrait leur permettre de remplir toutes leurs missions.

Bouchon, klaxons et demi-tours devant la gare

Il faut patienter pendant une bonne heure avant de faire le plein à la station Auchan de Croix d’Argent, ce mardi midi. La file des véhicules fait le tour du parking aérien, avant de s’étirer sur l’avenue Villeneuve d’Angoulême. Des automobilistes qui y circulaient se sont retrouvés pris au piège, klaxonnant avant de faire demi-tour. Même un tramway est obligé de s’arrêter, bloqué dans l’embouteillage.

À la station-service, deux salariés de l’enseigne guident les automobilistes, tandis qu’une vigile en autorise l’accès au compte-gouttes. Des palettes sont enlevées dès qu’un véhicule d’urgence pointe le bout de son nez. La station est en effet une des sept de l’Hérault où les véhicules prioritaires – invisibles ce mardi midi – bénéficient d’un accès privilégié (lire ci-contre).

« Je roule au diesel et il n’y a qu’une pompe qui en livre, explique Julian. Demain, je livre en Lozère pour mon patron et je n’ai presque plus rien. Je suis arrivé tôt pour avoir du carburant, et quelques véhicules prioritaires me sont passés devant. » Un automobiliste qui annonce qu’il a des jerricans à remplir se voit rappeler que c’est interdit.

Pendant ce temps, un semi-remorque achève sa livraison de 36 000 litres dans les cuves. « On est réapprovisionné normalement, c’est juste que ça prend un peu plus de temps au niveau des dépôts », annonce un salarié d’Auchan.

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« J’habite au-dessus et j’ai vu le camion, c’est pour ça que je suis venu, ajoute un retraité. Mais je ne roule pas beaucoup, et avec le litre de gasoil à plus de 2 €, je ne vais pas en prendre beaucoup… »

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