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Montpellier : Emmanuel Macron était à la Paillade exprimant un an. Quel reste-t-il de sa visite ?

Le 19 avril 2021 la visite du Président, accompagné du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, avait pris un accent sécuritaire. Notamment aux Hauts-de-Massane dans un ancien point de deal. Habitants et acteurs engagés du quartier se souviennent.

C’était le 21 avril 2021. Pour constater les résultats de sa « politique de sécurité du quotidien », Emmanuel Macron est venu en visite à Montpellier. Après avoir remercié les policiers pour leur travail au commissariat, il s’était rendu aux Hauts-de-Massane, dans un ancien point de trafic de drogue démantelé peu de temps antérieur. Emmanuel Macron y discutera avec une poignée d’habitants. D’abord sous le regard des caméras puis en aparté.

Notamment avec un monsieur habitant des Hauts-de-Massane depuis quatre décennies, engagé sur le niveau associatif et qui, à chaud, avait expliqué avoir pu « évoquer la dégradation du quartier avec l’absence de mixité et de police de proximité ». Le président avait été dans l’écoute. « Il répondait quand il n’était pas d’accord. » Mais, un an plus tard, le même habitant décline, poliment, l’idée d’évoquer un bilan de cette visite.

« La jeunesse est en danger »

Pas Hamza Arab. Lui, ancien militant historique de l’association Justice pour le Petit-Bard, président du MMF (Montpellier Méditerranée futsal), toujours engagé sur les questions sociales comme éducatives dans les quartiers de Montpellier, avait été reçu par un conseiller d’Emmanuel Macron. En préfecture. « Depuis, on n’a malheureusement pas vu de réelles volontés politiques. Il y a un problème. La jeunesse est en danger. »

Hamza Aarab note, cependant, quelques points positifs. « Le préfet a commencé un travail de mobilisation des entreprises pour créer de l’emploi dans les quartiers. Le Cercle Mozart et le Medef également. Il faut que tout le monde s’asseye autour de la table pour avancer sans tomber dans la chasse aux sorcières. »

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« Résultat de la discussion ? Rien ! »

Présent, dès la fin de matinée du 19 avril, aux abords du centre Caf de La Paillade avec d’autres militants associatifs, Adil Sosso espère bien porter des revendications au Président. « On a eu à faire à une mise en scène. Les personnes autorisées à rentrer pour échanger avec Macron avaient été triées sur le volet. Nous, nous étions arrivés vers 11 h avec des banderoles. Les policiers étaient corrects. » Adil Sosso se souvient que la situation s’est tendue en milieu d’après-midi. « Le programme de la visite de la visite avait pris du retard et nous nous sommes fait repousser, sans ménagement. » À quelques dizaines de mètres, massés derrière des barrières le long de la ligne de tramway, des centaines d’habitants observaient la scène.
Un an plus tard Adil Sosso regrette « le manque d’écoute des acteurs sociaux. Il y a pourtant beaucoup d’urgences à régler dans les quartiers comme la Paillade et les Hauts-de-Massane. Car quel a été le résultat de la discussion au centre Caf?Rien! »
Et le militant d’imaginer une nouvelle visite d’Emmanuel Macron tout juste réélu. « Il faudrait qu’il revienne à la Paillade pour ne pas laisser les enjeux des quartiers populaires durablement de côté. La balle est dans son camp. On a bien vu que sa récente visite à Cergy ne s’est pas formidablement bien passée. Les Chantiers de rénovation urbaine ne suffisent pas. »

Ni dans l’angélisme. « Les épiceries de nuit sont prises pour cible par la Ville, mais pourquoi ne pas plutôt travailler au développement économique local ? Idem sur la question du logement bien sûr. Je connais aussi beaucoup de Pailladins en situation de handicap qui risque au quotidien. Le Département , dont c’est un des domaines de compétence, doit s’investir. Comme la Région sur les questions d’éducation. »

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« Arrêter le clientélisme ! »

Hamza Aarab insiste : « Il faut arrêter de, sans cesser, reproduire les mêmes schémas. Arrêter le clientélisme ! L’État veut injecter des millions à la Paillade. Mais il faut le faire avec les habitants qui doivent pouvoir s’impliquer. Les associations , elles, sont tenues par les subventions. »

Une nécessité, à court et moyen termes, de réinvention citoyenne en somme. « J’ai l’impression qu’on est à un tournant avec une prise de conscience. C’est une voiture indispensable, en parallèle et après la pandémie, on voit des pertes de liens et de solidarité dans le quartier. » Sinon ? « Je crains un repli identitaire et communautaire. »

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