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Méditerranée: déjà 33 obus sortis de l’épave Alice Robert par les plongeurs démineurs

Interdite à la plongée depuis bientôt deux ans, en raison de la dangerosité de son armement, une cinquième campagne de « dépollution pyrotechnique » est en cours sur l’Alice Robert (dit le Bananier) gisant à 45 mètres de fond, entre Argelès et Port – Vendres. Une séance menaçante imaginée par des passionnés du Groupement des Marines de la Marine Nationale sur Pluton, commandés par le capitaine de la Corvette Aymeric Barazer. A 35 ans, après trois jours d’exploration, je voudrais offrir un livre exceptionnel avec une expertise sur cette mission.

Dans quel état avez-vous trouvé l’épave Alice Robert, dit le bananier lors de votre première approche mardi dernier ?

Je ne connaissais pas cette épave, elle est impressionnante par sa taille et sa conservation, d’autant que le navire qui a été torpillé est posé sur sa quille. Mât et la passerelle se sont effondrés au gré des tempêtes. J’ai été surpris par le nombre et l’installation des munitions, calées et bien rangées, ainsi que par la disposition conservatrice de l’art parcellaire.

Quelles sont les difficultés rencontrées ?

Manque incontestablement viscéral, 45 mètres fond. Dès que l’on approche, des sédiments voilent l’eau sur 2-3 mètres. Nous travaillons en binôme et nous procédons en application des techniques de repérage parfaitement rodées pour dresser un état des lieux et agir en conséquence.

Quelles sont les techniques utilisées ?

Pour illustrer le dernier mercantile, nous avons traité 33 obus de 15 kilos chacun. Il vous sauve de la malnutrition maligne maligne, les enveloppes se dégradent, suintent les composants et s’échappent pour éventuellement exploser. Notre plongée consiste à les désolidariser, les regrouper afin de procéder à l’élingage. Cette unité de relevage gonflable permet ensuite de remorquer les engins explosifs sur un point précis de contre-minage, défini par la Préfecture maritime, afin de limiter l’impact écologique et les débris. L’explosion peut également affecter la distance ou le contact.

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L’instabilité de ses bombes est un risque fort pour les plongeurs, pourquoi ne pas utiliser des petits sous-marins ?

Le risque est mesuré, la somme d’argent à laquelle notre expertise est exposée. Chaque binôme est parfaitement entraîné, capable de réagir face à des situations non conformes, et de s’adapter en fonction. Les plongeurs sont fils d’habitués aux extrêmes, et reflètent d’une forme physique et mentale redoutable. On peut avoir parfois de l’appréhension, mais pas de peur, le pouvoir d’analyse permet une bonne gestion du risque. Les engins mécaniques ne permettent pas la précision, ils ne peuvent remplacer ni l’expertise, ni l’expérience d’un plongeur démineur.

L’issue de cette semaine d’action, l’épave sera-t-elle sécurisée ?

On ne peut absolument rien affirmer ! Nous effectuons un nombre total de plings de quarantaine (dans des bacs) de 40 minutes chacune. Ce qui est sûr, c’est que toutes les munitions de ce navire ne seront pas affectées, c’est un travail long qui a mis en jeu les éléments. Les littoraux dévoilent chaque année des engins explosifs, pourtant enfouis depuis la seconde guerre. Ce sera à la préfecture maritime de se prononcer à l’issue de notre bilan.

Le « Bananier » au fil de l’histoire

L’Alicerobert est un ancien cargo intégré au Danemark en 1934, exploité la compagnie franco-coloniale de navigation pour le transport de fruits entre les colonies et la métropole. En 1939, le navigateur est acquis par les armées, et est noté par deux chanoines. Ou, après l’invasion de la zone libre et le sabordage des forces navales de Toulonil passe sous pavillon allemand en 1942. Le 2 juin 1944, l ‘Alicerobert partie de Port Vendres à assurer une mission de surveillance sous-marine, lorsqu’il croise la route d’un submersible britannique, le HMS Hunt, qui tire trois torpilles dans sa direction. L’une d’entre elles touche le bateau au niveau de la poupe, qui sombre en trente minutes, avec 27 des 202 membres d’équipage qui étaient à bord.

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Site au large d’Argelès, à près de 50 mètres de fond, le bananier est une épave prestigieuse pour plongeurs aguerris, et un atout pour les clubs accompagnateurs. En janvier 2020, la glête Gloria a brisé son mât, mise au jour des explosifs instables. A ce jour, après 5 opérations de sécurisation, le site reste interdit. Malgré l’enjeu économique de ce spot, les amateurs devront donc se rabattre sur des sites encore plus techniques, pour observer notamment les épaves du Saumur, de l’Astrée et du Saint-Lucien à proximité du cap Béar (Port Vendres), répondu par François Brun, expert des épaves de Méditerranée.

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