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Malgré la chaleur, la température de l’eau peine à décoller

Les détracteurs de la Bretagne le savent bien. Même en plein mois d’auût, impossible de mettre un pied dans l’eau tant elle est froide. Les vrais savent que ce n’est pas le cas. Mais force est de constater que cet été, il est bien compliqué d’y voir clair dans les eaux pourtant limpides de la côte bretonne. « Elle est hyper froide », at-on pu entendre ici et là. Avant une correction deux jours plus tard, reconnaissant que « cette fois-ci elle est bonne ». Alors que la côte Atlantique a été baignée de chaleurs torrides ces dernières semaines, la température de l’eau en at-elle profité pour grimper ? Pas certain, car le phénomène est assez complexe.

Cet été, les eaux Méditerranée présentent des records de températures qui inquiètent les scientifiques. La côte basque profite aussi des eaux réchauffées de l’Atlantique. De Bretagne à la Vendée, la situation est bien plus aléatoire. « Même quand on avait 40 degrés, l’eau est restée fraîche. C’était surprenant », reconnaît Patrick Auger, chef de secteur à la SNSM de Batz-sur-Mer. Dans le charmant bourg de Loire-Atlantique, on a parfois grelotté avec un thermomètre qui dépassait timidement les 15 degrés dans l’eau. « C’est un peu remonté. On est à 18 ou 19 degrés selon les plages », assure le nageur sauveteur.

Illustration d’une jeune femme allant se baigner sur une plage de Dinard. – C. Allan / 20 Minutes

Paradoxalement, c’est au moment où les fortes chaleurs ont disparu que l’eau se rehaute. A Piriac-sur-Mer, on relève près de 20 degrés ces derniers jours alors que la canicule s’est dissipée. La raison principale ? L’inertie beaucoup plus forte de l’eau par rapport à la température extérieure. « Certains jours, elle était vraiment froide, c’était saisssant », assure Sylvie, une habituée des lieux. La Loire-Atlantique, comme d’autres secteurs du sud Bretagne ont subi le phénomène « d’upwelling ». Poussée par un vent de terre, l’eau de surface réchauffée par les températures extrêmes a été poussée au large. « Ce vide s’est compliqué par des remontées d’eau plus profondes et plus froides », explique Météo Bretagne.

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Au début, elle est froide…

Cette différence très importante entre la température extérieure et la température de l’eau a fait grimper le risque d’hydrocution. Et l’attention des sauveteurs dans le même temps. « On a vu quelques ados courir de leur serviette pour sauter dans l’eau. C’est exactement ce qu’il ne faut pas faire. Mais, c’était rare », a assuré Patrick Auger. Pour alerter les baigneurs des risques, la SNSM a beaucoup communiqué. Et mêm hissé le drapeau jaune alors même que la mer était d’huile. « Il faut y aller crescendo. Le risque n’est pas négligeable ». Comme le disaient de célèbres philosophes de la mer. « Au début elle est froide, au début elle est froide, au début elle est froide et après elle est bonne », chantent Marcel et son Orchestre. Originaire de Boulogne-sur-Mer, le groupe fait office d’expert en matière de température de l’eau.

Dans un contexte de réchauffement climatique, il est important de rappeler que la Manche a vu sa température grimper d’un peu moins d’un degré en une décennie. Les eaux réputées froides de la Bretagne potrouint ne plus l’être, faisant craindre la disparition de certaines espèces.

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