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Littoral audois : cette mer calme qui peut se montrer meurtrière

Alors que deux jeunes Toulousains de 17 ans sont morts noyés à Narbonne-Plage ce samedi 21 août, la Ville et le Sdis rappellent qu’un dispositif d’intervention rapide existe en dehors de la haute saison estivale mais qu’il est impossible de surveiller les plages du littoral toute l’année, alors même que la formation de nombreux bancs de sable sous-marin peut s’avérer extrêmement traître et dangereuse.

Si les fortes chaleurs enregistrées ce week-end dévenaient un phénomène récurrent chaque année à partir du mois de mai, il y aura inévitablement du monde de plus en plus tôt sur les plages du département. Des plages qui, rappelons-le, ne sont surveillées que de la mi-juin à la mi-septembre, ce qui rend les baignades d’autant plus risquées en dehors de cette période. Une illustration terrible et assurable en a été faite ce samedi 21 mai, alors que deux jeunes Toulousains de 17 ans sont morts noyés au large de Nabonne-Plage. « C’est tragique, dramatique »a réagi ce dimanche 22 mai Didier Mouly, le maire de Narbonne. « Des appels à la prudence avaient été relayés sur les réseaux sociaux… » Et surtout, un poste avancé de secours était bien en place ce jour-là sur la station. Ce dispositif a permis de ramener deux des trois victimes sur le sable en seulement quelques minutes, même si l’une d’elles n’a pu être sauvée.

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« Hors saison estivale, chaque commune passe une convention avec le Sdis pour définir un calendrierDidier Mouly poursuit. A Narbonne-Plage, un premier poste de secours avancé a pu être mis en place dès ce mois-ci « . Attention : il n’est pas permanent, et n’a pas une mission de surveillance. « Cette installation a pour mais de rapprocher les secours du public, lors de certaines belles journées pré-estivales où l’on sait que les plaisanciers seront nombreux »expique Jean-Pierre Cirès, responsable des secours nautiques au Sdis de l’Aude. « Les collectivités nous contactent en principe 72 heures avant, afin que nous puissions définir les équipes et la logistique à efficacité ».

Les gens pensent que la Méditerranée est une mer facile

Concrètement, les dates auxquelles installer un poste de secours avancé sont le fruit d’une discussion entre Sdis et communes, et dictées par la conjonction de la fréquentation et des aléas météorologiques. Didier Mouly, pour sa part, s’en remet cependant à l’expertise des secours. « Je ne suis pas contre le fait d’ouvrir d’autres postes avancés, mais en tant qu’élu je n’ai pas, notamment, une connaissance détaillée des conditions météo. Le Sdis peut être plus à même d’apporter des conseils et de faire des propositions sur des jours précis, auquel cas la Ville mettra les moyens nécessaires « .

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Jean-Pierre Cirès rappelle cependant que ces dernières auront toujours leurs limites. « On ne pourra jamais surveiller toutes les plages du littoral H24, 365 jours par an. Il faut trouver un juste équilibre, et je pense que le dispositif actuel est le bon ». Le responsable estime quand même qu’il ne faut pas ménager ses efforts pour sensibiliser le plus grand nombre aux dangers de la mer … a fortiori la nôtre. « Les gens pensent que la Méditerranée est une mer facile, car il n’y a pas toujours de grosses vagues ou de rouleaux comme du côté de l’Atlantique. Visuellement impressionnants, ils peuvent dissuader les visiteurs de se mettre à l’eau.  » Mais le calme apparent du littoral audois peut s’avérer trompeur, et surtout pas synonyme d’absence de danger.

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Bancs de courant et de zibeline

Ce dimanche 22 mai, la préfecture a notamment utilisé les réseaux sociaux pour alerter d’une forte houle pouvant « générer des courants forts et des vagues jusqu’à 2 mètres », rendre de fait la baignade « très dangereux ». La veille, cependant, la mer était loin d’être aussi démontée : elle a pourtant été fatale à deux jeunes plaisanciers.

« Ce n’est pas tant la mer qui est dangereuse que le courant aux abords des digues, généré par le vent d’Est »précise Philippe Bru, organisateur du Défi Wind à Gruissan. « Si quelqu’un qui n’a pas trop l’habitude n’a plus pied, il peut se faire emporter et avoir pour réflexe de lutter contre le courant, ce qui va l’épuiser. Or il suffit de boire une ou deux fois la tasse, et il est déjà trop tard ».

On pourrait croire qu’il est aisé de savoir jusqu’où marcher dans l’eau : erreur. Car comme le résume Philippe Bru, « la mer vit en dessous ». Phénomène accentué par les gros coups de vent marin survenus l’hiver dernier. « Chaque année, la morphologie de la zone de baignade évolueconfirme Jean-Pierre Cirès. Mais cette fois, tout le littoral a énormément bougé, beaucoup sable est reparti en mer ». Forme de bancs de sable sous-marins qui rend la durée de progression non linéaire. « On peut avancer tranquillement dans l’eau puis soudain ne plus avoir pied, et tomber dans un courant d’arrachement ». Pour Odile, qui était présente avec un samedi sur le sable de Narbonne-Plage au moment du double drame, il y a vraiment lieu d’informer davantage de ces dangers méconnus : « Ce pourrait être par le biais de panneaux ou de messages vocaux. Il faisait beau, la mer était calme … Ignorant les risques, ça aurait tout aussi bien pu m’arriver ».

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