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L’incroyable souche de la forêt engloutie de Palavas datée de 8000 ans s’expose comme un trésor de l’humanité

La forêt a été découverte par hasard en 2018. Une souche, prélevée et restaurée témoigne de la montée des eaux en Méditerranée il y a plus de 8000 ans. Elle est à découvrir au musée Arles-Antique à partir du samedi 22 octobre.

Au musée départemental Arles-Antique, c’est la course contre la montre : l’équipe peaufine l’installation de la grande exposition « Trésors du fond des mers » qui s’ouvre au public ce samedi 22 octobre

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Une souche dans 10 m d’eau, au large de Palavas, avant son prélèvement.
Une souche dans 10 m d’eau, au large de Palavas, avant son prélèvement.

Lionel Graulières/Drassm « Nous avons choisi de présenter cette souche pour dire qu’un trésor ce ne sont pas que des pièces d’or ou des statues en bronze, mais c’est aussi la connaissance qu’apporte à l’humanité et le rapport de l’Homme à son environnement »

indiquent Sabrina Marlier, l’une des commissaires de l’exposition du musée qui a financier la restauration.

Découverte miraculeuse

Ce bout d’arbre raconte comment une forêt se révèle à un kilomètre de l’actuel bord de mer héraultais avant que la montée des eaux ne la recouvre. Et sa découverte tient d’un concours de circonstances miraculeuses. Trois exactement. En septembre 2018, une forte houle a désensablé les souches, des plongeurs éclairés exploraient par hasard ces environs à 10 m de profondeur et le sable a rapidement réenseveli ces racines, les protegeant de fait des xylophages marins, petites bêtes voraces qui les auraint bouffés. ..

Avec le Drassm (Département des recherches archéologiques subaquatiques) s’est ensuite occupé des fouilles jusqu’à prélever une première souche en 2019. Avec l’aide précieuse des bénévoles du Grall (groupe de recherche en archéologie du littoral languedocien). Les campagnes se sont poursuivies au large de Palavas jusqu’au dernier mois, pour une ultime saison de prélèvement.

La mer alors avance de plusieurs mètres par an « Nous savons déjà que la forêt est très étendue, elle est presque parallèle au rivage et quand on plonge, sous trois centimètres de sable, il y a l’argile grise et des microbouts de bois » détaille Marie-Pierre Jézégou, archéologue sous-marine du Drassm.« Cette forêt correspond à la fin de la montée rapide des eaux, à la période de l’Holocène, au début des glaciers et à l’avancée de la mer de plusieurs mètres »

.  Par des datations au Carbone 14 effectuées dans des laboratoires en Pologne et aux Etats-Unis, une fourchette entre 6300 et 6100 avant JC a été établie.

Les archéologues ont mené plusieurs missions sur la forêt engloutie.
Les archéologues ont mené plusieurs missions sur la forêt engloutie.

Lionel Graulières/Drassm « Le néolithique le plus ancien que l’on connasse c’est 5700 avant JC, à Vias et Portiragnes dans l’Hérault. In theorie, à l’époque de notre forêt, les agriculteurs et les éleveurs ne sont pas encore instállats, il n’y a que les chasseurs-cueilleurs »

poursuit Marie-Pierre Jézégou qui recherche, pour l’instant en vain, des traces de sédentarisation près des souches de chêne à feuille caduque et d’érable de Montpellier.

Traitée pour éviter rétraction et fissures

Mais ce pan de l’Histoire n’aurait pas eu de prolongement sans l’action du musée qui a mandaté le laboratoire Arc-Nucléart de Grenoble, spécialisé dans la conservation du patrimoine, pour la restauration de la souche. Elle s’est terminée cette semaine après un an de travail. « Pour espérer retrouver ce genre d’objet, il faut de l’hîgité mais pas d’oxygène pour éviter la pourriture et les insectes. La difficulté, une fois la souche sortie de l’eau, c’est qu’elle comme une éponge : si on la laisse se sécher, elle se rétracte des trois-quart du volume et se fissure de manière irrémédiable »

détaille Bernard Maugiron, chef de projet chez Arc-Nucléart.  Pour cette souche néolithique, un travail

La souche a été traitée avec de la résine puis congelée et séchée.
La souche a été traitée avec de la résine puis congelée et séchée.

DR/Arc-Nucléaire Elle a été plongée en cuve dans un mélange d’eau et de résine « qui imprégne le bois et remplace l’eau » indique le restaurateur avant un séchage par lyophilisation après que l’objet a été congelé à – 30°. Les écorces ont été refixées

« et ce qui était une éponge est devenue une biscotte, très fragile, avec de l’air, en ayant gardé son volume et sa forme ».

L’exposition « Trésors du fond des mers », au musée départemental Arles-Antique, du 22 octobre jusqu’au 22 février 2023. 

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