Mercredi après-midi, au large de Calais, au milieu de la mer du Nord, 27 exilés sont morts alors qu’ils embarquaient sur leur bateau improvisé alors qu’ils tentaient de rejoindre « l’Eldorado » britannique. Un drame humain sans précédent dans la région, rendu inéluctable par les associations d’aide aux migrants, les sauveteurs en mer et même certains politiques. Si Emmanuel Macron déclare que « la France ne permettra pas que la Manche devienne un cimetière », les humanistes, espèrent-ils, finiront par être écoutés par les gouvernants. Manon Fillonneau, chargée de mission migration à Amnesty International France, a répondu aux questions de 20 minutes.

Les sommes en jeu ne sont-elles pas franchement engagées dans la lutte contre les contrebandiers ?

Chaque nouvelle tragédie annonce le renforcement de la lutte contre les passeurs. Pourtant, plus de 340 sont morts depuis 1999 à cette frontière franco-britannique. Au moins 30 personnes sont mortes à la frontière franco-italienne depuis 2015, et 6 à la frontière franco-espagnole rien qu’en 2021. Des politiques cohérentes annonçant la lutte contre les passeurs n’y ont rien changé. Ce sont surtout 30 ans de politiques toujours plus sûres en France et au Royaume-Uni mis en lumière par ce drame.

Pourquoi les exilés veulent-ils encore aller en Grande-Bretagne ?

Les exilés de la côte nord ont tout laissé dans leur patrie, souvent dans la douleur. Certains d’entre eux veulent partir avec des parents en Grande-Bretagne, et sont déjà à l’étape finale d’un long voyage extrêmement dangereux, à travers la Libye, la Méditerranée, sur les routes des Balkans, dans les massifs alpins. La France est peut-être la destination ultime pour certains, mais les traitements réservés aux personnes en exil ici en encouragent plus d’un : expulsions forcées de leurs abris licenciés sans relogement planifié, brutalités policières, interdiction de distribution de nourriture et harcèlement associatif. aider les exilés à Calais. De plus, certaines personnes ne peuvent pas demander l’asile en France, car la réglementation inéquitable de Dublin les oblige à le faire dans le premier pays par lequel elles sont entrées en Europe.

Que faire pour éviter un nouveau drame ?

Tout d’abord, nous avons besoin de routes migratoires légales et sécurisées vers l’Angleterre, alors commencez une véritable négociation avec le Royaume-Uni sur ce plan. Le règlement Dublin doit être revu en profondeur afin de mieux répartir les demandes d’asile en Europe. Les exilés de la côte nord doivent être autorisés à demander l’asile en France s’ils le souhaitent, et doivent pouvoir obtenir les informations et la possibilité nécessaires auprès de Calais. Tant que des tentatives sont faites pour faire des passages dangereux faute de mieux, la priorité doit être donnée au sauvetage des personnes en danger en mer.

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