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Les Corses vivent plus longtemps

Napoléon Bonaparte, le Corse le plus célèbre de l’histoire, est mort à l’âge de 51 ans, prisonnier des Anglais, sur l’île lointaine de Sainte-Hélène, dans l’Atlantique Sud, le 5 mai 1821. On pense qu’une maladie du foie ou de l’estomac l’a conduit à sa tombe. Il était déjà vieux pour son époque. L’espérance de vie en France était inférieure à 40 ans, et encore moins en Corse, l’une des régions les plus pauvres. Deux siècles plus tard, les compatriotes de l’empereur peuvent se vanter d’être ceux qui vivent le plus longtemps en Europe. Selon les dernières statistiques d’Eurostat, ils s’attendent à vivre jusqu’à 84 ans.

La bonne nouvelle pour le île de la beauté a été fièrement mis en avant dans la presse locale. Porter le label d’un lieu très sain ne peut être qu’une source de satisfaction. Mais l’information arrive, paradoxalement, à un moment politique et social délicat. La menace de la violence plane à nouveau sur la Corse, un territoire rongé par la criminalité mafieuse et, ces dernières décennies, par une activité terroriste d’intensité variable de la part des groupes indépendantistes les plus radicaux. L’île est toujours à la recherche d’un mode d’intégration qui lui permette de se sentir chez elle en France et qui soit compatible avec la préservation de son identité. Le dialogue avec Paris est au point mort.

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La Corse partage le podium de la longévité avec d’autres régions insulaires de la Méditerranée, comme les Baléares, ou la région de l’Épire en Grèce occidentale. L’espérance de vie des femmes corses est de 87 ans, tandis que celle des hommes est de 81 ans. L’étude d’Eurostat situe l’espérance de vie moyenne en Europe à 80,1 ans. Parmi les facteurs favorisant l’espérance de vie, l’accent est mis sur la proximité des habitants aux établissements de soins, la prospérité, le mode de vie et les conditions climatiques.

Outre les régions méditerranéennes susmentionnées, l’Ombrie en Italie, la Galice en Espagne et la région insulaire d’Aland en Finlande obtiennent de très bons résultats. En revanche, Severozapaden, dans le nord de la Bulgarie, devrait avoir l’espérance de vie la plus faible : 72,1 ans. Au sein même de la République française, il existe un énorme fossé entre la Corse et les territoires d’outre-mer tels que Mayotte (un archipel de l’océan Indien). Dans cette dernière, l’espérance de vie est de 73,3 ans, soit plus de dix ans de moins qu’en Corse. En ce qui concerne le sexe, les femmes européennes vivent, en moyenne, 5,7 ans de plus que les hommes, bien que là aussi il y ait des variations régionales. Dans certaines régions des républiques baltes et de la Pologne, l’écart est plus prononcé. Aux Pays-Bas et en Allemagne, l’écart est plus étroit.

Selon le journal Corse MatinLes raisons de la longue vie des insulaires vont au-delà des clichés habituels sur le régime méditerranéen, le rythme lent ou la sieste. Des raisons culturelles et sociologiques spécifiques jouent un rôle. En Corse, le pourcentage de personnes âgées vivant dans leur famille est plus élevé qu’au niveau national. Les personnes âgées se sentent ainsi mieux accompagnées et intégrées dans leur environnement habituel. Cette affection se traduit par une meilleure santé. Les deux départements corses ont les taux les plus bas de personnes de plus de 75 ans dans les maisons de retraite. Dans le nord de l’île, 5,6% ; dans le sud, 5,9%. La moyenne française est de 12,4%.

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L’un des problèmes de la future Corse sera le vieillissement de la population. On estime que d’ici 2050, un habitant sur trois du territoire aura plus de 65 ans. Au milieu du 21e siècle, le nombre de centenaires aura été multiplié par huit par rapport aux chiffres de 2013.

La sénilité croissante pose des défis tels que la pression sur le système de soins de santé et le besoin de personnel soignant. Dans le même temps, en raison notamment de l’arrivée de personnes âgées, d’origine corse ou non, qui souhaitent passer leurs vieux jours sur l’île, il existe la possibilité d’exploiter des secteurs de la filière dite argent économiel’économie liée aux personnes âgées et aux retraités, dans des secteurs tels que les loisirs, les résidences et les services spécifiques à cette communauté. Cependant, tant à Ajaccio qu’à Paris, ils sont conscients du fait que la argent économieBien qu’elle soit une ressource intéressante, elle n’est pas une panacée et ne peut être comparée à un pôle industriel dédié à la construction de voitures, à l’aéronautique ou aux technologies de l’information. Les personnes âgées peuvent se trouver dans des situations très diverses, allant de retraités actifs avec des revenus et une consommation élevés à des personnes très fragiles, sans autonomie et avec de faibles revenus.

Tous les maux de la Corse ne sont pas guéris par la longévité, mais la nouvelle est une douce injection d’estime de soi collective.

Vie paisible et stress politique

La vie peut être très paisible en Corse (sur la photo ci-dessus, la rivière Solenzara), bien que l’île traverse à nouveau une phase convulsive en raison de la menace terroriste et des troubles dans les rues. Les Corses n’ont pas trouvé leur place en France et le dialogue avec Paris pour une plus grande autonomie ne progresse pas.

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