Toutes les communautés du monde entier ont récemment été confrontées aux impacts dangereux du changement climatique et alors que les dirigeants mondiaux se réunissent à Glasgow pour le sommet COP26, ils examinent les mesures nécessaires.

Mais l’un des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre au monde a attiré l’attention du monde entier.

Nous exhortons le Pacifique, qui influence les impacts du changement climatique depuis des années et se bat maintenant pour nos vies, en appelant à une action mondiale décisive sur l’un des principaux émetteurs de gaz à effet de serre au monde – le transport maritime.

Le transport maritime doit respecter l’Accord de Paris et s’engager désormais à zéro émission d’ici à 2050, avant qu’il ne soit trop tard.

Le transport maritime n’a traditionnellement pas reçu l’attention qu’il mérite dans la réduction des émissions mondiales. Ceci malgré le fait qu’environ 80% du commerce mondial est transporté à travers les océans par des cargos – actuellement alimentés par des combustibles fossiles tels que le fioul lourd.

L’Organisation maritime internationale (OMI), l’agence des Nations Unies chargée de réguler le transport maritime, estime que le transport maritime représente environ 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Mais à la lumière des taux de croissance actuels et du manque d’efforts significatifs pour décarboner le secteur, les chercheurs préviennent que le transport maritime pourrait représenter jusqu’à 10 % de toutes les émissions mondiales d’ici à 2050.

La semaine dernière, trois États insulaires du Pacifique – la République des Îles Marshall, Kiribati et les Îles Salomon – ont officiellement appelé l’OMI à augmenter considérablement son ambition de décarboner le secteur du transport maritime. Notre compromis promet à l’agence de réduire à zéro les émissions de gaz à effet de serre du transport maritime mondial d’ici 2050 au plus tard.

Recommandé par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et le Secrétariat des Nations Unies, cet objectif va bien au-delà de l’objectif actuel de l’OMI de ne réduire les émissions du transport maritime que vers le milieu du siècle.

Cela alignerait pour la première fois le secteur du transport maritime sur l’objectif de température de 1,5 °C de l’Accord de Paris, qui a été adopté par les gouvernements et les entreprises du monde entier. Cela enverrait un signal fort à long terme aux compagnies maritimes du monde entier qu’elles doivent éventuellement collaborer pour empêcher une catastrophe climatique mondiale.

Ce n’est pas la première fois que les Îles Marshall appellent à plus d’ambition climatique à l’OMI. En mars 2021, avec le soutien des Îles Salomon, nous avons proposé l’élaboration d’une taxe carbone, en vertu de laquelle tous les transports maritimes internationaux seraient tenus de payer 100 $ par tonne d’équivalent CO2 pour tous les gaz à effet de serre émis à partir de 2025, et le montant de le prélèvement a par la suite augmenté.

Cela créerait une solide analyse de rentabilisation pour s’éloigner des combustibles fossiles vers de nouveaux carburants sans carbone, ainsi que de collecter des fonds pour surmonter les obstacles de cette transition, comme s’assurer que les nouvelles technologies et les nouveaux carburants sont prêts et disponibles à temps et assurer une transition équitable pour les pays en développement et vulnérables au climat.

Dédier l’OMI à zéro émission du transport maritime d’ici à 2050 est essentiel pour mener la décarbonisation de cette pollution majeure et pour préserver l’avenir de notre prochaine génération.

Notre proposition de taxe carbone sera discutée par l’OMI lors de la prochaine discussion du groupe de travail sur ce sujet en octobre, puis lors de la 77e réunion du Comité de protection de l’environnement marin de l’OMI en novembre. Au cours de la seconde, les délégués discuteront de la nouvelle résolution sur le transport maritime zéro émission qui est si existentielle pour notre région.

Cruelle ironie, les pays les plus vulnérables au climat – qui contribuent peu au réchauffement climatique – souffrent le plus de ses conséquences. Nous et tous nos voisins du Pacifique, comme Fidji, Kiribati, Tonga ou les Îles Salomon, constatons les graves effets du changement climatique sur la planète.

Il s’agit notamment de la perte de terres côtières due à l’élévation du niveau de la mer, des cyclones plus intenses, des périodes de sécheresse plus longues et des pertes importantes de biodiversité et de récifs coralliens. On estime que le cyclone et le typhon à eux seuls ont causé des dommages économiques dans notre région au cours des cinq dernières années, représentant entre 31% et 63% du PIB – sans parler des traumatismes et des pertes dans nos communautés locales.

Et maintenant, nous nous rapprochons d’un avenir dans lequel nombre de nos îles et cultures pourraient disparaître complètement. Selon le récent rapport du GIEC, si l’objectif de température de 1,5 °C n’est pas atteint, des pays entiers – en particulier dans la région du Pacifique – seront perdus en raison de l’élévation du niveau de la mer. Il y a maintenant une urgence externe dans notre région à agir de manière décisive, et le temps presse.

Nous appelons nos partenaires du monde entier à être solidaires de la région du Pacifique et à soutenir nos deux propositions.

De nombreux pays se sont déjà engagés à zéro émission d’ici à 2050 et font pression pour plus d’ambition climatique mondiale à travers le cadre climatique des Nations Unies, la CCNUCC. Le moment est venu pour ces pays d’aligner l’OMI et le secteur maritime sur ces ambitions. C’est le seul moyen d’éviter un désastre complet pour les pays indépendants du Pacifique et pour la planète entière.

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