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Chercheur CNRS en météorologie au laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, directeur de l’Institut Pierre-Simon-Laplace basé dans les Yvelines, Robert Vautard a participé au rapport du GIEC en tant que coordinateur du chapitre. Il s’intéresse particulièrement au lien entre les événements extrêmes et le changement climatique.

Robert Vautard, du CNRS.
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Quelles sont vos prévisions dans le sud-est de la France ?

Le sud-est de la France, comme toutes les régions de la Méditerranée, est un « point chaud » pour le changement climatique. Il focalise ses effets problématiques. Vers le milieu du siècle, on s’attend à la fois à une augmentation de la sécheresse et des fortes canicules, des risques d’incendies, de l’élévation du niveau de la mer, de l’augmentation des pluies violentes et sévères et des inondations associées, des pénuries de neige associées en dessous 1 500 mètres. avec une pénurie de vagues de froid et une légère diminution du vent. Les « canicules marines », telles que l’acidification, affecteront les eaux côtières et les espèces qui y vivent.

Enregistrez le gel noir et la pluie torrentielle

Le début du changement climatique tant annoncé est maintenant terminé. Les crues ou gelées printanières ne sont pas de nouvelles aventures dans la Garde, « mais elles seront plus faciles à être très extrêmes », confirme le météorologue Olivier Proust de France 2. Les cheveux froids qui ont couvert la nuit du 7 au 8 avril. des pires de ces dernières années.

– 5° en avril

Le thermomètre, qui descend à -5° au milieu du printemps, est dévastateur pour les plantes en croissance et encore très fragiles. Les bourgeons des raisins et les fruits, les feuilles et les tiges qui avaient déjà émergé avaient brûlé. Les agriculteurs gardois ont perdu la moitié de leur chiffre d’affaires, estime le président de la FDSEA David Sève, soit environ 400 millions d’euros.

Cet automne, de violents orages et pluies torrentielles se sont abattus sur le département. 244 millimètres d’eau sont tombés en 3 heures à Saint Dionisy, un record. Une soixantaine de municipalités ont été particulièrement influentes. Des automobilistes en ont retrouvé des centaines coincés dans leur voiture pendant plus de six heures à Nîmes. L’autoroute A 9, transformée en torrent, entre Nîmes et Montpellier a été fermée. Tout comme la ligne de chemin de fer entre ces deux villes.

Ce niveau de précipitations se produit statistiquement moins d’une fois par siècle, selon Météo France. Les catastrophes exceptionnelles seront-elles la règle si nous ne parvenons pas à réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre ?

Vous avez étudié en détail l’évolution des grands événements de notre région. Quelle en est la particularité ?

Nous savons maintenant que l’incidence augmente considérablement en raison du changement climatique dans les fortes vagues de chaleur qui existent maintenant presque chaque été. Par exemple, les températures de l’été 2017 (fortes canicules et sécheresses) ont décuplé, supérieures à celles de l’été 2003 dans les régions méditerranéennes. L’été 2017 sera un été « normal » vers 2050. Les pluies d’automne, les « aventures cévenoles », se sont intensifiées, augmentant d’environ 20 % depuis le milieu du 20e siècle. Grâce aux nouvelles méthodes statistiques et à la myriade de simulations climatiques disponibles, il est désormais possible de relier directement ces tendances aux gaz à effet de serre émis depuis l’ère préindustrielle.

Température moyenne annuelle : écart par rapport à la référence 1959.

Température moyenne annuelle : écart par rapport à la référence 1959.
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L’hydrologue Emma Haziza, dans nos colonnes, s’est penchée sur le territoire de « Nîmes-Alès-Montpellier comme l’un des triangles les plus dangereux au monde », partagez-vous ce diagnostic ?

Cette région fait face aux risques du changement climatique. C’est là que se situent les pics de température les plus forts en France, et la basse altitude expose aux risques d’élévation du niveau de la mer. Mais certaines autres régions, dont les populations sont beaucoup plus vulnérables que nous au changement climatique, seront soumises à un climat encore plus difficile. Par exemple, dans de nombreuses régions tropicales, il y aura une forte augmentation des jours avec une chaleur humide inacceptable et dangereuse pour le travail en extérieur ou l’agriculture.

Les incendies, nombreux dans notre région, sont-ils un des marqueurs du réchauffement climatique ?

Ils sont l’un des marqueurs du changement climatique. Dans les régions méditerranéennes, les risques météorologiques d’incendies vont augmenter, du fait de l’augmentation des fortes canicules et des sécheresses, exigeant le renforcement des systèmes de surveillance et de lutte contre les incendies.

Comment la montée des eaux, notamment en Méditerranée, pourrait-elle affecter notre région ?

L’élévation des niveaux côtiers peut entraîner des inondations côtières permanentes, ainsi qu’une érosion côtière accrue.

Certains changements dans l’atmosphère sont-ils irréversibles ? Quelles réponses pouvons-nous apporter ?

Tous ces changements sont irréversibles et dus à l’accumulation des émissions de gaz à effet de serre dans le passé. Les mesures que nous pouvons prendre maintenant seront utilisées pour réduire ou arrêter l’augmentation du nombre d’impacts. Pour être réversibles, les technologies devraient récupérer le CO2 de l’atmosphère, ce que nous ne maîtrisons pas aujourd’hui.

Comment chacun peut-il agir au quotidien pour éviter de se sentir impuissant ou coupable ?

Il existe de nombreuses petites actions quotidiennes qui peuvent être prises pour l’environnement et le climat si vous y prêtez attention. Cela ne suffit pas pour parvenir à une réduction suffisante des émissions de CO2 car il faudra décarboner de larges secteurs de l’économie comme l’énergie, mais une réduction généralisée des émissions ne se passera pas de cette attention quotidienne.

Quel mot combinez-vous pour définir l’état du réchauffement climatique ?

« Irrésistible ». Le réchauffement climatique se produit de manière irréversible, et c’est à nous de le limiter ou non.

Que peut-on attendre de la COP 26, ce rendez-vous des gouvernements qui favorise la prise de conscience mais qui a aussi des limites d’action ?

Nous attendons un accord sur les règles mondiales de décarbonation et de nouveaux engagements des pays. La transition qui nous attend ne peut se faire que si tous les niveaux de la société jouent leur rôle : pour la COP26, c’est le niveau de gouvernement dans un cadre international.

L’eau, un grand pari pour l’avenir

La gestion de l’eau est désormais un enjeu économique et sociétal d’avenir, comme l’a compris le groupe BRL. Selon plusieurs études, l’élévation d’un cran de la température moyenne augmenterait de 10 à 15 % les besoins en irrigation du secteur agricole et l’inadaptation, voire la suppression, de certaines cultures dans notre région.

« Nous avons mis en place une nouvelle stratégie baptisée Cap 2025 qui s’est focalisée sur des priorités environnementales et sociétales. Cette stratégie repose notamment sur l’adaptation au changement climatique et la nécessité de développer le réseau hydraulique afin de continuer à fournir la ressource en eau. », explique Jean -François Blanchet, directeur général de BRL.

A cet effet, le groupe, dont la région est un actionnaire majoritaire, identifie des priorités pour la prochaine décennie ; sachant, entre autres, que le programme Aqua Domitia, qui devrait favoriser près de 6 000 ha d’irrigation, prendra fin en 2022.

« Il faudra aussi travailler sur l’utilisation de l’eau adaptée à l’agriculture en formant les agriculteurs, précise Jean-François Blanchet. Parallèlement, dans le cadre du développement des énergies renouvelables, BRL a décidé de déployer une politique RSE (Responsabilité Sociétale de l’Entreprise) dans le but de garantir la mise en œuvre de pratiques durables afin d’atteindre l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2030.

« Constamment à la recherche de nouvelles sources d’énergies renouvelables, BRL étudie la possibilité d’installer des équipements photovoltaïques sur les berges du canal Philippe-Lamour entre Fourques et Bellegarde. Mais aussi de recouvrir le canal, dans certains secteurs, de panneaux photovoltaïques.

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