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Le manque d’eau se fait déjà sentir, le point aux quatre pièces de la France

La pluie se fait désirer. Le printemps n’est installé que depuis un mois mais de nombreux professionnels, notamment les agriculteurs, s’inquiètent déjà : la sécheresse est de retour en France. Une douzaine de départements ont pris des mesures pour préserver la ressource en eau après le manque de précipitations des derniers mois. Pour certains territoires, la séquence estuarienne pourrait même s’avérer catastrophique. Le point sur la situation aux quatre coins de la France, en régions Paca, Occitanie, Pays-de-la-Loire, et Grand Est.

Le sud-est déjà sous grosse tension

En région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le ciel s’est couvert de nuages ​​bienvenus en cette fin de semaine. Mais les précipitations attendues ne couvriront pas le déficit hydrologique enregistré ces derniers mois. «L’essentiel des précipitations sera capté par la végétation et ne permettra pas une recharge des nappes préatiques», note Florian Gibier de Météo France Paca. Si le déficit de chute de pluie est inégalement marqué dans toute la région, avec un manque entre 100 et 200 mm selon les départements, l’indice le plus préoccupant à la veille de l’été et de la saison des incendies reste celui de l ‘humidité des sols. Cet indice, qui devrait légèrement remonter après les pluies de ce week-end, est « au niveau des records bas pour la période et digne d’un été », poursuit Florian Gibier.

Résultat, plusieurs villes connaissent déjà des restrictions d’usage de l’eau, en particulier dans les Alpes-Maritimes où la préfecture a placé plus de deux tiers des communes, dont Nice, Antibes ou encore Menton, en « alerte sécheresse », depuis avec le 31 mars. Uc décision qui s’accompagne de contraintes sur l’arrosage et le remplissage des piscines notamment. L’arrêté du tribunal jusqu’au 30 avril et « les mesures actuellement en vigueur vont être prolongées », annoncent les services de l’État, en attendant la prochaine « réunion du comité ressource en eau ». Les restrictions « seront au besoin adaptées en fonction du niveau réel des précipitations » que les prévisions météorologiques annoncées « importantes dans les prochains jours et la semaine prochaine », note encore la préfecture.

La Sole de Nice Depuis le Palais de la Méditerranée (Illustration) – E. Martin / ANP / 20 Minutes

Dans le Sud-Ouest, le pire a cessé… pour l’instant

Dans le vaste bassin Adour-Garonne, des Charentes aux causses de l’Aveyron, les pluies hivernales – les plus efficaces parce qu’elles ne s’évaporent pas – ont été relativement tardives (concentrées sur décembre et janvier). Elles ont même été anormalement peu abondantes des Landes aux Charentes et de la Dordogne à la Lozère. Ce dernier département a même connu un mois de janvier les plus secs depuis 1959.

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Heureusement, un mois de mars ordinairement pluvieux a permis d’enrayer cette dynamique négative. Globalement, la situation est plus dégradée qu’au cours des deux dernières années, mais meilleure qu’en 2019. Elle est aussi géographiquement contrastée : les réserves en eau sont globalement satisfaisantes dans le bassin de la Garonne tandis que dans la partie charentaise, la côte aquitaine et les causses orientaux, les niveaux sont déjà bas.

Un manque de pluies inquiétantes dans l’ouest

Qui a dit qu’il pleuvait tout le temps dans l’ouest de la France ? En Pays-de-la-Loire, voilà déjà cinq mois consécutifs que la pluviométrie est en deçà aux normales saisonnières. Et le constat pourrait bien se répéter à la fin du mois d’avril, même si les pluies de la première partie du mois ont fait «beaucoup de bien», observe Stéphanie Poligot-Pitsch, responsable hydrométrie à la Dréal. Forcément, ce déficit n’est pas sans conséquence sur la situation des cours d’eau. Lebbit de la plupart d’entre eux, en particulier de la Loire et de ses affluents (Sèvre, Erdre, Maine, Cher…), est inférieur d’environ 50 % au débit moyen d’un mois d’avril.

«C’est relativement important, bien sûr, mais, à ce moment de l’année, des pluies abondantes pourraient encore permettre de corriger ce déficit. A l’inverse, si la tendance se poursuit ces prochaines semaines, la situation pourrait s’aggraver. » Au niveau des nappes préatiques, même topo, à savoir une recharge souterraine insuffisante et des niveaux « peu favorables » en ce début de printemps, selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). La vigilance est le travail de moi pour les couches avec les préoccupations les plus sensibles des captifs potentiels.

Les bancs de sable apparaissent sur la Loire quand le débit est bas.
Les bancs de sable apparaissent sur la Loire quand le débit est bas. – G. Souvant / AFP

A manque du mau pas pas d’inquiétude pour l’instant en Alsace

L’automne et l’hiver ont aussi été plutôt secs en Alsace. «Ça fait plus de six mois qu’on n’a pas eu de pluies significatives», confirme Christophe Mertz, l’un des cofondateurs d’Atmo-Risk, une start-up alsacienne de escompte météorologique. Dans la gare d’Entzehim, située à Strasbourg, le manque par exemple « une milliseconde trente pour être à la normale ». Le constat est pire à certains endroits de la région. Résultat, « les sols sont anormalement secs ». Et la nappe préatique rhénane plus basse que d’habitude. Surtout, dans le sud de l’Alsace.

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« Entre Mulhouse et Sierenzt et au pied du piémont vosgien », détaille Fabien Toulet, chargé du réseau de pluviométrie à l’association pour la protection de la nappe préatique de la plaine d’Alsace (Aprona). « Dans les secteurs où la nappe est moins profonde, c’est-à-dire au nord de Colmar, les deux épisodes de pluie de fin mars et des 8-9 avril ont permis de la recharger temporairement. La situation est très normale. »Mais comme son confrère, le spécialiste de l’assurance, il faudra qu’il pleuve ces prochaines semaines pour éviter des restrictions d’eau cet été.

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