Aller au contenu
Accueil » Actualité » Le carnaval d’Amélie-les-Bains-Palalda : une véritable institution

Le carnaval d’Amélie-les-Bains-Palalda : une véritable institution

Les traditions suivent au fil des jours jusqu’au moment où sa majesté Carnaval finit sur le bûcher.

Le carnaval amélien existe depuis la nuit des temps. Aussi loin que l’on puisse le raconter, c’est un carnaval pas comme les autres, l’un des plus anciens et le plus étrange de la Catalogne nord. Des chars, des confettis, des masques et des danses, mais aussi la plainte et les larmes de pénitents qui enterrent sa majesté Carnaval.

Bal du comité

Carnaval, c’est ce premier samedi de fête qui était, il n’y a pas très longtemps encore, le bal du comité, salle Jean-Trescases. Les autorités municipales en frac et gibus se présentaient avec solennité. Les clés de la ville étaient alors remises symboliquement à sa majesté Carnaval comme pour mieux signifier qu’elles n’étaient plus responsables des agissements des villageois en folie.

Cavalcade, casament et bal masqué

Dimanche, deuxième jour de fête, avec des sardanes place de la République, accompagnées du repas des carnavaliers, espace Méditerranée, et suivies de la grande cavalcade de l’après-midi, gigantesque défilé dans les rues centrales et le bou centoules Provence. Mêlé à ce défilé, le célèbre tremblant de la maison, un mariage travesti qui semble avoir copéé Coluche et Le Luron. Le soir venu, dans la liesse populaire, pas de répit, grand bal masqué ! Peut-être le moment le plus attendu par les jeunes gens qui voyaient là une bonne occasion de se rencontrer, incognito, l’élue de leur cœur ou de s’essayer à un marivaudage de bon aloi.

À lire également  La tournée d'été Midi Libre fait étape à Lodève ce mardi

Bal des gigolettes

Le lundi après-midi était offert aux enfants, au travers de chaque maman et mamie prouvaient leurs dons de couturière et leur amour pour le bal d’enfants. L’après-midi récréatif se terminait par un succulent goûter composé de chocolat chaud et de beignets. Le soir, une fois les enfants couchés et vite endormis, les parents s’évadaient des maisons pour se retrouver au bal des gigolettes, un bal des plus endiablés où le charleston, puis la java eurent une importance capitale! Ce soir-là, au diable les jupes longues de rigueur à ces époques, ce n’étaient que bas résille et super-mini-jupettes virevoltantes… de gigolettes !

L’après-midi du Mardi Gras, place aux groupes et fanfares, suivis le soir d’un bal masqué, une sorte de paroxysme d’animation et de débordements joyeux.

Grégoires et sa majesté brûlée

Les marchands de Cendres étaient consommés par les Grecs grecs. Pénitents endeuillés, le silence des participants est total et fini les costumes chamarrés. Tous sont vêtus de blanc : une sorte de chemise de nuit de grand-mère sur un pantalon blanc de grand-père, sur la tête, plus impressionnant, un bonnet pointu, une caparutxa. Pour que les groupes puissent s’identifier, les couvre-chefs portent un signe de reconnaissance tracé en rouge. Les Améliens défilent dans la ville en une sorte de procession de la Sanch. Pour accentuer encore le sinistre de l’anti-fête, un « mort » est porté, allongé sur une échelle et la foule, bientôt, va murmurer des psalmodies lentes et tristes « Adéu pobre, pobre, pobre… Adéu pobre Carnaval, tu te’n vas i jo me quedi, adéu pobre Carnaval ». Sa majesté Carnaval flambé et les ombres blanches, éclairées du feu de l’enfer, se prosternent en pleurant et en gémissant.

À lire également  Narbonne : Le Parc méditerranéen de l'innovation croit en son destin

Une famille de carnavaliers

La famille Busquets est née dans le carnaval. Andile, Rose-Marie et Martine sont bien connues, elles sont plus que jeunes, aisées et bien connues sur les chars. Dès 1971, c’est la fabrication des chars qui les accaparent. Avec leur père et MM. Llaona, Martelot, Zerlault et Rambeau, ce sont cinq chars qui sortent du Manès. Par la suite, il y en aura 12 ! À cette époque, ils construisaient deux personnages, un pour les enfants, un pour les adultes, avec M. Sitja. Suivezrent 14 caractères avec leur papa, 10 avec J.-P. Barnèdes et enfin 10 jusqu’à ce jour, réalisés par les trois filles. Ce ne sont pas moins de 53 caractères qui sont à leur actif, et ce n’est pas près de s’arrêter ! Les préparatifs prenant des mois, entre la confection de milliers de fleurs en papier crépon qui vont recouvrir le char, la préparation des déguisements et la sophistication des maquillages. Ce n’est pas une mince affaire, mais quand ce travail s’appelle passion, les heures ne se comptent pas !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *