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Lacs, rivières, nappes… La qualité de l’eau s’améliore en Occitanie mais des points noirs conservés

Laurent Roy, directeur général de l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse a présenté un rapport annuel sur l’état de santé de l’eau et s’est inquiété des conséquences du changement climatique.

En progrès ! C’est le qualificatif choisi pour qualifier la santé des eaux d’Occitanie dans sa partie méditerranéenne : 45% des rivières sont en bon état écologique et 92% des nappes phréatiques enregistrent un bon état chimique. Mais la présence de pesticides peut encore menacer l’alimentation en eau potable.

Dans les cours d’eau du bassin on trouve beaucoup de glyphosate, le premier pesticide utilisé par l’agriculture nomentamente. On y trouve même des molécules interdites à la vente depuis plus de 20 ans. Signe qu’elles résistent au temps qui passe !

« On avance sur un tapis roulant qui nous fait reculer »

Le rapport a été rédigé par Laurent Roy, directeur général de l’Agence régionale de l’eau RMC (Rhône Méditerranée Corse) qui a dévoilé le dernier rapport sur la santé des eaux en Occitanie.

« En 20 ans la qualité de l’eau s’est simplifiée mais bien évidemment il reste beaucoup à faire ». Laurent Roy est optimiste pour tenir les objectifs d’amélioration de l’état sanitaire des rivières de 48 % à 66 % mais se heurte au rêchement climatique : « On advance sur un tapis roulant qui nous fait reculer », se désole-t-il. Entendez que la qualité de l’eau est directement liée à sa quantité. « Moins il y a d’eau et moins elle est de bonne qualité ».

Avec le réannement climatique, l’importante sécurité a été cet été et 29 % des rivières perturbées par des prélèvements d’eau excessifs, le combat devient inégal. Pour ne pas subir, il existe des outils pour limiter l’impact du dérèglement climatique. Mais aussi des moyens : en 2021, 7 ha ont été désimperméabilisés en Occitanie, 325 ha de zones humides restaurés et 7 millions de m3 d’eau économisés. Chantal Graille, de l’Agence de l’eau RMC qui a présenté l’exemple de Pézenas qui a réussi à économiser 166 000 m3 d’eau en réhabilitant ses réseaux d’eau potable.

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Des aides pour inciter les agriculteurs

Pour inciter les viticulteurs à utiliser moins de pesticides et ainsi protéger les eaux souterraines de pollutions, l’Agence de l’eau a lancé un outil expérimental. En résumé, elle rémunère les vignerons bénévoles au titre de paiement pour service environnemental (PSE). « Une rémunération proportionnelle à la performance mesurée chaque année », relève Chantal Graille, de l’Agence de l’eau. Six territoires de l’ex Languedoc-Roussillon sont expérimentés et une enveloppe de 1,8 M€ est débloquée pour les vertueux viticulteurs.

Des substances chimiques omniprésentes

La qualité de l’eau est aussi meilleure grâce à la rénovation des stations de traitement, l’interdiction de certains détergents ménagers, l’abandon de l’utilisation de certains métaux lourds « divisés par 6 en 15 ans »… Pour autant, outre les pesticides, on trouve encore 130 molécules pharmaceutiques dans les rivières occitanes. Les PFAS, ces substances chimiques sont omniprésentes pour leur utilisation dans de nombreux produits du quotidien : textiles, emballages alimentaires, cosmétiques, peintures…

Sans pouvoir de police et sans moyen de coercition, l’Agence de l’eau doit pousser les industriels, les agronomes et le grand public à changer ses habitudes pour « permettre aux milieux aquatiques de continuer à fournir des services durables aux activités humaines ». Et le combat sera très long quand l’Aude, la Lozère, les P.-O et l’ouest de l’Hérault ont été, jusqu’à peu, concernés par des restrictions des usages de l’eau.

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