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La Méditerranée souffre aussi de canicules marines : quelles conséquences pour la faune et la flore ?

Avec une température de l’eau à 25-26° depuis plusieurs jours maintenant, la Méditerranée connaît, elle aussi, un long épisode de fortes chaleurs sur le littoral catalan. Loin encore des 30° encorse en Corse, mais le constat d’alerte. Les conséquences potrouillet être fatales pour la faune et la flore très sensibles. Surtout si les épisodes de canicules marines s’intensifient encore. En attendant, un épisode de tramontane serait le bienvenu. Diagnostic et mise en perspective avec Pascal Romans conservateur du Biodiversarium et Pascal Conan, océanographe à Banyuls-sur-Mer.

Quelle est l’ampleur du réchauffement de la Méditerranée ?

« Ce vendredi 5 août, la température de l’eau était de 16° à 40 mètres de profondeur et de 24-25° en surface au large de Banyuls. On peut ajouter un ou deux degrés pour la température dans la baie. C’ est évident qu’il y a matière à s’inquiéter. Surtout si cela dure encore ». Conservateur de la réserve naturelle marine de la Côte Vermeille, Frédéric Cadène est en première ligne face au réchauffement de la Méditerranée. « Moins marquant chez nous, car nous sommes une des zones où la Méditerranée est la plus froide ».

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Au large de Bastia, la Méditerranée transpire entre 28 et 30° depuis le mois mai. Sur les 25 dernières années, sa température globale s’est élevée d’un degré. « Même si ce chiffre semble léger, c’est beaucoup pour l’écosystème », prévient Pascal Romans. « On observation des hausmes cette année de 4 à 6° dans le Golfe du Lion. Quand les normales en moyenne sont à 22°, on est à 26° depuis la fin juillet », ajoute le conservateur du Biodiversarium de Banyuls-sur-mer. Les météorologues osent le terme de canicule marin en Méditerranée.

Pascal Conan, océanographe, et Pascal Romans, conservateur du Biodiversarium de Banyuls-sur-mer.
Olivier Got – Olivier Got

« Avec les fortes chaleurs et l’absence de tramontane, il n’y a plus de brassage entre l’eau en surface et l’eau en profondeur. Cette absence de mouvement entre les différences strates marines provoque la non-régulation de la température de la mer. Un épisode de tramontane permet de retrouver les 21 à 22° habituels« , esper-t-il. « On ne revit pas encore la canicule marine de 2006, où la température de la mer était montée ici, à Banyuls, à 28°. Un vrai désastre pour les éponges, les grandes nacres aussi. Chez nous, les conséquences resten encore mesurées, mais, il ne faut pas que cela dure 15 jours de plus. Le danger, c’est la durée et la puissance de ce phénomène ». « L’actualité, sur l’ensemble de la Méditerranée, est l’un des dix plus exceptionnels de ces dernières années », réveille dans le Monde, Roman Mcadam, chercheur en modélisations océaniques.

Quelles conséquences pour la faune et la flore ?

« La température de l’eau de mer dépend du renouvellement de six strates. Le mouvement renouvelle les eaux profondes, apportant de l’oxygène et des matières organiques. Si ce renouvellement ne se fait plus, l’oxygène se raréfie, les organismes ne peuvent plus s ‘alimenté et l’écosystème s’appauvrit »décrypte Pascal Conan, océanographe à Banyuls. « On arrive à la limite. Les modèles s’accélérent clairement depuis le début des années 2000 et le simple constat ne suffit plus ».

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Si elles restent donc encore mesurées sur le golfe du Lion – « où les coraux sont en souffrance » – les conséquences pour la faune et la flore s’aggravent sur le reste de la Méditerranée. « Elles sont, pour le moment, plus marquises sur la Méditerranée orientale où les échanges avec la Mer rouge, par le Canal de Suez, accélérent l’arrivée d’espèces exotiques, comme le poisson lion ou le poisson flûte, redoutables prédateurs », module Pascal Romans. Sur tout l’espace méditerranéen, près de 1 000 espèces non indigènes sérent déjà retenues, dont plus d’une sélection de poissons.

Le Biodiversarium de Banyuls-sur-mer ludique et pédagogique.

Le Biodiversarium de Banyuls-sur-mer ludique et pédagogique.
Olivier Got – Olivier Got

Mais l’urgence immédiate sur le golfe du Lion frappe l’herbier de Posidonie. « L’été, il est couverture de petits organismes – éponges, vers, mollusques – puis en septembre, les saupes (poisson très présent en Méditerranée) viennent la tondre. Aujourd’hui, notamment en Corse et aux Baléares, elle est en souffrance . partie occidentale. Pour l’instant, on observe moins de migrations venues de l’Atlantique. Face au Sahara, une zone très froide des eaux bloque les espèces venues du sud ».

Et la nature marine aussi ses paradoxes. « La température positive de la mer améliore la reproduction de certaines espèces », n’oublie pas Pascal Romans. « La croissance de juvéniles est aussi plus rapide et les met donc plus vite à l’abri des prédateurs. En 2006, nous avions observé une reproduction exceptionnelle des dentis, accélérant le repeuplement. Mais, il faut bien insister, la répétition de ces épisodes de canicule marine, leurs longueurs et leurs intensités auront des conséquences dramatiques s’ils continueront ».

Quelles solutions ?

« Elles ne peuvent être que globales face au dérèglement climatique. On ne peut plus nier l’action de la main de l’homme dans ce réchauffage global. 25 ans de mesures démontent clairé que l’impact n’est pas naturel. Les faits sont là », Pascal Conan militaire. « L’équilibre est déjà très fragile. Si cet équilibre est rompu, l’écosystème s’effondre. Alors, chaque geste compte », conclut Pascal Romans.

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