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La Durance, une rivière apprivoisée et nourrissante

Du col de Montgenèvre à Avignon, la Durance, dont le bassin versant s’étend sur cinq départements de la région, à l’exception des Alpes-Maritimes, conjugue un rôle économique important et une richesse écologique.

Redouté et décrit comme le fléau de la Provence (surtout à 19ns siècle avec plusieurs crues exceptionnelles), la Durance a profondément marqué l’histoire régionale. Agriculteur, bûcheron, transporteur, ingénieur, mais aussi pêcheur, biologiste, ornithologue… de tout temps et encore aujourd’hui, la Durance nourrit de nombreux métiers et nourrit des passions. Aménagé depuis plusieurs décennies pour fournir de l’eau potable côtière, irriguer des plaines agricoles ou fournir de l’hydroélectricité, le fleuve est étroitement lié aux activités humaines.

Une histoire mouvementée

Rivière ou rivière ? Si la Durance est un fleuve puisqu’elle se jette dans le Rhône près d’Avignon, cela n’a pas toujours été le cas. En effet, à la longue période géologique, la Durance était un fleuve qui rejoignait la Méditerranée et dont le delta était l’actuelle plaine de la Crau. Aujourd’hui le fleuve semble s’être calmé, apprivoisé par les nombreux aménagements du 20ens siècle.

La saisie du barrage de Serre-Ponçon (1Et avril 1960) a conduit à la fois à une production hydroélectrique remarquable, à des approvisionnements essentiels pour l’irrigation, et à la naissance d’un des centres touristiques les plus populaires des Alpes du Sud. A l’époque, la construction de ce gigantesque barrage – sa surface égale à celle du lac d’Annecy – nécessitait l’inondation des villages de Savines et de l’Ubaye. La confluence de la Durance avec l’Ubaye a également été modifiée suite au remblai du barrage.

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Il existe plus d’une trentaine de centrales hydroélectriques sur la Durance et le Verdon produisant plus de 8 milliards de kWh par an, soit l’équivalent de deux réacteurs nucléaires. En plus de la production d’énergie, les barrages alimentent les villes et les cultures en eau, luttent contre les inondations et les sécheresses et contribuent au développement du tourisme.

Du nord au sud

Pour mieux comprendre le cours de la Durance et son cours dans les Alpes et la Provence, la partition surélevée de Haute, Moyenne et Basse Durance permet un regard pertinent. Ainsi, l’Alta Durance prend sa source dans le massif du Pelvoux et se jette dans le barrage de Serre-Ponçon. Le Guil est le principal affluent de la partie supérieure. La moyenne Durance traverse un relief moins escarpé jusqu’à la commune de Mirabeau dans le Vaucluse, où la Clue est l’un des endroits les plus fréquentés pour traverser son lit. Dans cette partie de son parcours, la Durance est alimentée notamment par le Buëch, la Bléone, l’Axe ou le Verdon. Enfin, une fois franchie la Clue de Mirabeau, la Basse Durance s’étend de Jouques à Avignon où le fleuve se jette dans le Rhône au sud-ouest de la Cité des Papes.

Traversant quatre départements sur plus de 300 km, avec un bassin versant englobant les six départements régionaux et une partie de la Drôme, l’extension régionale de la Durance réside dans sa dimension géographique. Quant à son rôle pour l’économie régionale, il dépasse les limites du bassin versant grâce aux anciens canaux d’irrigation et aux grands ouvrages de transfert qui alimentent et assurent les usages de l’eau potable, de l’agriculture, de l’industrie, du tourisme, etc. effets positifs de la maîtrise des eaux de la Durance et de leur redistribution aux acteurs économiques, on peut citer la quantité et la qualité des productions viticoles, maraîchères et fruitières de la région.

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Nature abondante

Heureusement, la « domestication » de la Durance par l’homme a pris en compte les ressources naturelles du fleuve, d’une richesse et d’une variété exceptionnelles selon les reliefs et les paysages traversés. Ainsi, tout au long de son parcours, l’espèce de poisson s’adapte à sa morphologie, son débit, sa température. On en recense aujourd’hui une cinquantaine d’espèces, dont une trentaine ont toujours évolué dans ses eaux. Quelques exemples : truite, omble, brochet, gobie, mérou… Bien sûr, les zones de pêche sont nombreuses sur ses rives, différentes selon qu’elles se situent en amont ou en aval du barrage de Serre-Ponçon, et respectent une réglementation qui doit être consultés pour le respect de la biodiversité et sa sécurité.

Outre les espèces de poissons, le lit de la Durance, ses méandres, ses îlots, ses rives de toutes sortes sont autant de milieux favorables à l’accueil de nombreuses autres espèces : oiseaux, rongeurs, reptiles, insectes… Si la Durance en nombreux attraits, il convient de se renseigner en amont pour conjuguer au mieux respect et découverte de ses richesses.

Aujourd’hui, les aménageurs de la Durance développent une stratégie de partenariat visant à concilier les différents usages du fleuve tout en limitant les effets du changement climatique à moyen et long terme.

La Durance en chiffres

– De 3 à 6 milliards de mètres cubes d’eau produits chaque année
– 3 millions de personnes desservies en eau potable
– 80 000 hectares de terres agricoles irriguées
– 100 milliards d’euros par an de valeur ajoutée produite sur le périmètre qui bénéficie du bassin versant
– De 30 à 5 000 mètres cubes/seconde de variation de débit connue

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Un développeur

Réunissant la Région Sud, les Conseils Départementaux des Alpes de Haute Provence et des Hautes-Alpes, des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse, ainsi que 13 intercommunales, le Syndicat Mixte d’Aménagement de la Vallée de la Durance (SMAVD) est un établissement public qui gère la Durance entre le barrage de Serre-Ponçon et le Rhône. Le SMAVD s’applique à mettre en place des actions tout au long de l’année pour protéger cet espace unique et ses habitants. Plus d’information : Syndicat Mixte pour le Développement de la Vallée de la Durance (smavd.org)

L’histoire de la Durance en vidéo

La saisie du barrage de Serre Ponçon – Sudorama, mémoires du Sud de 1940 à nos jours (ina.fr)

La Nuova Durance : la conquête de l’eau en Provence – Sudorama, mémoires du Sud de 1940 à nos jours (ina.fr)

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