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« J’ai clairement entendu Retourne en Afrique », insiste le député héraultais Sébastien Rome

Les propos du député RN, Grégoire de Fournas, lors d’une intervention à l’Assemblée nationale du député LFI Carlos Martens Bilongo, ont provoqué une vive polémique. Le député de l’Hérault Sébastien Rome (LFI) témoigne.

Dans la séquence au cours de laquelle le député Rassemblement national Grégoire de Fournas lance, ce jeudi 3 novembre à l’Assemblée nationale, « Qu’il retourne en Afrique » (version retenue dans le compte rendu de la séance) ou « Qu’ils retournent en Afrique », alors que le député Carlos Martens Bilongo (La France insoumise) interpellait le gouvernement sur les opérations de sauvetage de migrants en Méditerranée, Sébastien Rome restait celui qui, en bas de l’écran à droite, écarquille soudainement les yeux.

Stupéfait parce qu’il vient d’entendre, on voit ensuite le député LFI de l’Hérault témoigner son son indignation, à la gauche de son collège.

« J’étais estomaqué ! »

Quatre jours plus tard, il n’en revenait toujours pas : « On a entendu ces propos claquer dans tout l’hémicycle, et pourtant, il les a prononcés sans micro ce député RN ! Et même si ce n’est pas la version qui a finalement été retenu sur le script de l’Assemblée, moi, j’ai clairement entendu « Retourne en Afrique! », et pas « Qu’il retourne en Afrique!. J’étais estomaqué. Des élus Les Républicains, ou Renaissance, qui était en plus proches que nous de l’auteur de ces propositions ont entendu la même chose que moi », certifait-il encore ce lundi.

« Ce sont d’ailleurs les députés Renaissance qui ont été les premiers à lui demander de sortir, de quitter l’hémicycle. J’ai vu une députée Renaissance en pleurs. Nous étions tous siderés. Les médias se sont focalisés sur les réactions du groupe LFI, mais je peux vous assurer que les autres groupes étaient en tout aussi obfusqués et leurs réactions tout aussi vives. D’ailleurs, si la sanction est aussi lourde, c’est que l’ensemble des députés ont fait bloc » assure-t – de nombreux.

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« L’insulte directe, une limite à ne pas franchiser »

En effet, après le tollé nécessite par ces propos, le bureau de l’Assemblée a prononcé contre Grégoire de Fournas une « censure avec exclusion temporaire », qui prévoit une réduction de moitie de son indemnité parlementaire en attente de deux mois et l’interdiction de participer aux travaux parlementaires ou de parution au Palais Bourbon pendant quinze jours.

Cette sanction disciplinaire, la plus lourde possible, n’est prise pour la deuxième fois que depuis 1958 et l’instauration de la Ve République

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Et le député héraultais de constater que « si on a une liberté de parole complète à l’Assemblée, il y a des limites à ne pas franchiser. L’insulte directe en fait partie. Quand on déborde, parfois, il peut y avoir un rappel à l’ordre. Là, cette sanction est justifiée, et il ya eu une unanimité immédiate. C’est pour ça qu’il faut maintenant arrêter de tracer ce trait d’égalité entre le RN et nous » plaidait encore Sébastien Rome.

Une sanction décidée à l’unanimité

Selon deux participants à cette réunion du bureau de l’Assemblée, la décision a été prise à l’unanimité, les députés RN présents ont choisi de quitter la salle et n’ont pas participé au vote. Le député incriminé s’est déclaré, dit-il, « totalement innocent. Restait alors à demander à Sébastien Rome quelle sera l’attitude de son groupe quand Grégoire de Fournas réintégrera l’hémicycle : « Nous n’en avons pas encore parlé. Il a subi une sanction, est-il nécessaire d’en faire plus ? Je n’en suis pas sûr. Son mandat lui a été donné par le peuple. Seul le peuple peut le reprendre. »

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Le premier et jusqu’alors seul député ainsi sanctionné sous la Ve République, avait été, rappelait cette semaine L’Express, l’élu apparenté PCF Maxime Gremetz en mars 2011, pour une altercation en raison de voitures ministérielles qu’il estimait mal garées !

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