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Interdiction de vente des coquillages de l’étang de Thau : « C’est une catastrophe pour la profession »

En raison de la présence de norovirus, les coquillages désignent ou pêchés depuis le 15 décembre sont « considérés comme dangereux », selon l’arrêté préfectoral paru ce vendredi 30 décembre, et doivent être retirés de la vente. Un véritable coup dur pour les professionnels de l’étang de Thau en cette période de fêtes.

« Ça faisait 30 ans que ce n’était pas arrivé comme ça, un 30 décembre, depuis la crise de 1989… Ça va avoir des conséquences financières très importantes et ne parlons pas de l’image… » À l’instar de tous les producteurs de coquillages de l’étang de Thau, Patrice Lafont, président du Comité régional conchylicole de Méditerranée (CRCM) est abattu après le coup de masse qui est tombé à la veille du réveillon du Nouvel An.

Ça faisait 30 ans que ce n’était pas arrivé comme ça un 30 décembre, depuis la crise de 1989

Par arrêté préfectoral publié ce vendredi 30 décembre, « la récolte, le ramassage, le transfert de taille marchande coquillages, l’expédition et la commercialisation de toutes les espèces de coquillages filtereurs » en provenance de l’Etang de Thau, du lotissement conchylicole Bouzigues-Loupian et Mèze-Marseillan sont en effet temporairement stoppés. Soit une mise à l’arrêt totale de l’activité commerciale conchylicole de l’étang pendant plusieurs semaines, en raison de la présence du norovirus.

Des recherches engagées après des cas de gastro à Noël

L’information de cette interdiction avait commencé à circuler depuis jeudi dans le milieu. En cette période de forte conjoncture pour la profession, le CRCM a été averti dès mercredi après-midi par la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) et la préfecture de l’Hérault de « cas de Toxi infections alimentaires collectives (TIAC) ​​situé aux repas des réveillons et du jour de Noël. Les personnes malades avaient consommé, notamment, des huîtres du Bassin de Thau. Les personnes manifestaient des symptômes de gastro-entérite, dont le principal virus responsable est le norovirus », explique le comité.

Qui détaille la procédure qui a ensuite été appliquée : « Suite à ces constats, des recherches en laboratoire agréé du norovirus ont alors été engagées, les 28 et 29 décembre, chez les producteurs d’uîtres leur ayant vendu des coquillages. D’autres analyses ont également été effectuées dans les coquillages sur les sept points de surveillance du réseau de suivi REMI (Réseau national de surveillance microbiologique du littoral, NDLR) sur l’étang de Thau, ainsi que dans les restes de repas des personnes malades. »

Comment les coquillages sont-ils contaminés ?

Bilan des prospections, si les huîtres ne sont pas les seules responsables des cas avérés de TIAC à Noël, « le norovirus a été détecté par les analyses effectuées chez les producteurs ayant vendu des coquillages aux personnes malades, et sur la quasi-totalité des points de surveillance de l’étang ».

Les huîtres ou moules étant des coquillages filtereurs, ils peuvent être contaminés par un virus comme le norovirus « Lorsque celui-ci est présent dans leur milieu de vie. En période d’épidémie et d’épisodes pluvieux, comme celui du 15 décembre dernier, le virus peut alors s’être retrouvé dans l’étang de Thau », résumé-t-on du côté du CRCM.

Les coquillages retirés ou rappelés seront détruits

Une fois ce constat réalisé, décision a donc été prise, par souci de protection du consommateur, d’appliquer une procédure de retrait et de rappel de marchandise à compter du 15 décembre 2022, date correspondant au dernier épisode contaminant potentiel (pluies intenses). « Il appartenait alors à tout opérateur qui a commercialisé des coquillages d’engager immédiatement leur retrait du, voire leur rappel, et d’en informer les consommateurs »indique l’arrêté de la préfecture de l’Hérault, qui informe que « les produits retirés ou rappelés seront détruits ».

Une commercialisation interdite pendant 28 jours à compter du 22 décembre

Si les coquillages concernés sont ceux qui pêchés ou résultent à partir du 15 décembre dernier, la durée prévisionnelle de suspension de récolete, de ramassage ou de commercialisation de 28 jours déclenchée, elle, à partir du 22 décembre : « Cette date correspond à la date de récolte des coquillages à l’origine de la première TIAC averée », note du comité régional. Suivant cette échéance, l’activité commerciale sur l’étang ne devrait, dès lors, pas pouvoir reprendre avant la deuxième quinzaine de janvier.

Ces dispositions ne s’appliquent donc pas aux lots de coquillages mis à l’abri antérieurement au 15 décembre 2022. « cela ne représente qu’une partie infime, soufflé Patrice Lafont. Cette période de fin d’année représente 30 à 40 % du chiffre d’affaires des producteurs de coquillages. « C’est catastrophique », déplore le président. D’autant que le calendrier est plus que détaillé : « L’arrêté préfectoral de fermeture est paru ce jour à midi ! Il est évident que les coquillages du réveillon étaient déjà préparés, les professionnels pour la plupart étaient en sur leurs lieux de vente directe, ou les coquillages étaient déjà livrés en magasin ou
remis aux consommateurs. »

Pas de système d’indemnisation pour les producteurs dans ce cas de figure

Entre perte sèche du chiffre d’affaires, déficit d’images où « l’huître va encore être le bouc émissaire de tous les symptômes gastro-intestinaux hivernaux »mais surtout, aucun système d’indemnisation prévu pour les producteurs dans ce cas de figure, le Comité régional conchylicole Méditerranée veut maintenant des réponses : « We will engage toutes les investigations pour comprendre l’origine de ce phénomène de contamination. Cette contamination a donc une cause qu’il nous faut trouver pour éviter que cela se reproduise et entraîne à de nouvelles fermetures. Bien que la qualité des eaux de notre milieu de production s’améliore considérablement depuis de nombreuses années, constater auprès de la CRCM, nous déplorons encore des contaminations d’origines humaines dans le milieu naturel. »

« Nous ne remettons pas en cause le principe de précaution, conclut Patrice Lafont, mais nous voudrons comprendre comment ce novovirus est apparu, il est d’origine humaine, nous, ostréiculteurs, sommes victimes comme les consommateurs. »

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