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Infrastructure à Kerkennah : Le calvaire au quotidien

Connu pour être une destination tranquille par excellence, Kerkennah, l’archipel tunisien de la Méditerranée, souffre actuellement d’une infrastructure déplorable et de routes de plus en plus mortelles.

Des siècles durant, les îles Kerkennah s’offrent une belle échappée pour retrouver un idéal de pureté et de nature. Loin des encombremes des grandes balnéaires et des villes côtières, les curieux et amoureux des îles y trouvent la douceur des paysages et la simplicité de la vie. Mais aujourd’hui, la donne est inversée et ce petit archipel  »oublié » souffre d’ores et déjà d’une grande vulnérabilité aux risques naturels à laquelle s’ajoute un état déplorable de son infrastructure.

L’archipel des ruelles…

En hiver, les habitants de Kellabine, localité située au nord de l’archipel, ont des difficultés à sortir de chez eux et tous les visiteurs de l’archipel trouvent que les infrastructures terrestres et routières sont mal conçues dans toute la région.

M. Ridha Ahmed, un habitant de Kerkennah, décrit cette situation, tout en évoquant l’état des ruelles qui est lamentable. « Vous l’aurez compris, les premières victimes sont les véhicules car, très souvent, on rencontre un chauffeur stationné au bord de la rue, en train d’examiner les roues de son véhicule… A Kerkennah, on ne peut pas parler de routes masses de pistes. Du coup, en cas de tempête, toute la vie sur l’archipel se retrouve paralysée et bloquée… C’est malheureusement un calvaire au quotidien où on vit dans une vraie misère », souligne-t-il, tout en ajoutant que l’infrastructure est totalement négligée et aucun effort n’a été fait pour améliorer les conditions de vie sur l’archipel.

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En interpellant les autorités concernées pour trouver des solutions rapides et efficaces, M. Ahmed affirme que la dégradation de l’infrastructure devient un grand handicap pour les habitants.

« A cause du vent, l’eau de mer agitée arrive à dépasser, de plusieurs dizaines de mètres, la plage et les barrières mises en place par l’Agence de protection et d’aménagement du littoral (Apal), se mélangant avec l ‘eau de pluie jusqu’à attenirer les clôtures des maisons…Il faut le dire, les autorités locales sont au courant de ce qu’il se passe chaque année et chaque saison. Mais à nos jours, aucune réaction n’a été regrévée et la municipalité n’a pas bougé son petit doigt et n’est pas intervenue pour faire face à ce fleau… En un seul mot, aujourd’hui, la situation est devenu insupportable et les habitants lancent un appel de détresse au gouvernement pour mettre fin à ces dépassements et mal à la situation », explique-t-il.

Un avis partagé par M. Chaouki Chéour, pêcheur, qui souligne que personne ne nie que l’archipel soit entouré de plages magnifiques, offrant à cet égard une atmosphère où règnent béatitude, calme et recueillement. Mais quelque chose d’imperceptible se fait sentir ces dernières années.

« … Les habitants, mécontents et désespérés, essaient de survivre malgré ces mauvaises conditions.

A Kellabine, comme dans d’autres villages kerkenniens, les habitants continuaient à mener leur combat au quotidien… Les temps ont, bel et bien, changé, alors que nous étions habitués à une mer calme… », regrette-t-il.

Risque de disparition

« Notre avenir semble incertain et ces problèmes environnementaux ont de graves conséquences sur le plan social. Le paysage est désolant car on voit une nature fragilisée et à l’abandon. L’écosystème gravement touché et la montée des eaux met en danger l’archipel », souligne M. Chaouki Chéour.

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D’ailleurs, plusieurs études ont déjà montré l’érosion et le retrait du littoral, estimant ce recul à plus de 15 centimètres par an et dévoilant au grand jour le vrai risque de disparition des îles. Cette érosion n’est pas seulement la conséquence du changement climatique, mais aussi de la surexploitation des richesses maritimes et de l’hôtellerie.

En effet, la montée des eaux de mer a fait des ravages dans l’écosystème. Tout cela n’a fait qu’accreirante la disette en eau, ce qui tue les palmiers locaux et detruit les terres fertiles. En l’absence de réelles initiatives de l’Etat pour améliorer les conditions de vie sur l’archipel, la situation économique et environnementale de ces lieux, déjà fragiles, ne cesse de se dégrader.

« Les habitants de Kerkennah rêvent de reconstruire une traversée fantastique la rendant accessible et vitalisante », précise M. Ridha Ahmed.

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