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Il fait chaud à la mi-décembre et en janvier… mais pourquoi s’en soucier tout le monde ?

La collusion des deux événements serait presque une risée si elle n’était pas tragiquement révélée. Durant le film Ne cherchez pas, qui condamne l’inaction contre le changement climatique sous couvert d’humour loufoque, est un coup dur pour Netflix, on s’apprête à faire un barbecue fin décembre. Et personne n’est surpris. Un épisode exceptionnel et local ? Manifestation explicite du réchauffement climatique ? Cette pression thermique pourrait-elle avoir des conséquences à long terme ? Autant de questions qui méritent d’être posées. 20 minutes il le fait pour vous.

« L’actualité occupe la crise sanitaire »

La situation a de quoi faire bouillir les châtaigniers. Cette année, il n’y a pas eu de signalement de la famille de Michut, coincée sur la route de l’Isère où ils devaient passer Noël au ski, ni de Louis et Jeanne, deux enfants qui font un bonhomme de neige place Colbert. Cette année, le coronavirus prend toute la place. « La crise sanitaire fait l’actualité », pointe-t-elle à juste titre Nathalie Huret, directrice de l’Observatoire de physique de la Terre à Clermont-Ferrand, qui a interrogé 20 minutes.

Oui, mais tout de même. Ces températures inhabituellement douces devraient être une source de préoccupation, non? En effet, cette canicule ne constitue pas un « risque immédiat pour le citoyen », ce qui explique l’absence de réaction forte.

Pas de glissements de terrain, de précipitations qui pourraient faire déborder une rivière ou, à l’inverse, une nappe phréatique asséchée, bref, de quoi émouvoir un cadre en pleine « pause confiserie ». Pourtant, les climatologues ont prêté une grande attention à l’événement : 13°C en pleine nuit à Lille jeudi, jusqu’à 29°C dans les Pyrénées-Orientales, sans parler des « précipitations à plus de 1800 m d’altitude dans certaines stations des rapports alpins.  » Nathalie Huret. Limite de chutes de neige très élevée en décembre, non atteinte « avant mars-avril aux heures normales ». « Ce n’est pas aussi spectaculaire qu’une canicule avec deux phases supplémentaires en été, ce qui est très grave d’un point de vue sanitaire », confirme Robert Vautard, climatologue parmi les auteurs du dernier rapport du GIEC, dans une interview à 20 minutes.

Danger pour l’agriculture

Alors, cette vague de douceur n’est-elle qu’un épiphénomène irresponsable ? Ce n’est pas nécessaire. Pour bien le comprendre, nous devons expliquer comment il a été créé. « Il s’agit avant tout d’un épisode d’origine météorologique, explique le directeur de recherche CNRS à l’Institut Pierre-Simon Laplace. Une masse d’air provenant de la zone atlantique tropicale qui ne s’est pas « mélangée », conservant sa chaleur. Ce faisant, il a contribué à repousser le « vortex polaire », qui se trouve à côté de Nathalie Huret, bloqué au-dessus du pôle. « Tout le système météorologique est bloqué », soutient-elle. Un phénomène naturel, qui s’est déjà produit en février 2020, mais alors que le changement climatique « contribue à la hausse des températures », décrypte Robert Vautard. En exacerbant ces écarts de température, le changement climatique augmente sa régularité, ce qui se reflète dans les statistiques.

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Cette luminosité en France n’est pas un phénomène isolé, c’est pourquoi elle s’inscrit dans le réchauffement climatique, selon nos deux experts. Mais contrairement à une crue brutale, voire à une canicule qui peut entraîner des gestes sanitaires, il est difficile d’agir pour faire revenir le froid rapidement. « Il y a un moyen d’agir, qui est de réduire les émissions de gaz à effet de serre », sourit Robert Vautard. Mais la neige ne tombe pas par le relâchement des pieds. « Stabiliser le climat est un effort continu », affirme-t-il.

Si le réchauffement climatique est « un indicateur de plus » pour Nathalie Huret, cette onde lumineuse ne sera pas sans conséquences à moyen et long terme. Avec des températures qui se réchauffent par rapport à la normale, toute la biodiversité est affectée. « Les insectes pollinisateurs ne se réveillent plus dans la bonne phase », explique-t-elle, estimant que le printemps est arrivé trop tôt, alors que la nourriture se fait rare. Ou à l’inverse, ce sont les plantes qui peuvent avoir le mauvais timing. La floraison de certaines espèces a déjà progressé d’une quinzaine de jours par rapport au XXe siècle, suggère Robert Vautard. Or, « les plantes sous nos latitudes ont besoin de froid pour bien se développer ensuite », rappelle-t-il, précisant également qu’elles sont exposées au gel par une croissance prématurée. L’année dernière, la douce vague de froid de mars s’est poursuivie, avec jusqu’à 30 % de perte de production de vin. Et pour ceux qui sont encore en T-shirts au bord de la Méditerranée, on est désolé si on a l’ambiance.

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