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Global Solo Challenge : 100 jours au sommet de l’Everest des mers : NAUTICA.NEWS

Aujourd’hui, cela fait exactement 100 jours que Philippe Delamare s’est élancé de La Corogne le 30 septembre 2023.

Le skipper français, dont les 100 jours de navigation ont été irréprochables, est le seul participant à la CMN à avoir l’expérience des Quarantièmes Rugissants et des Cinquantièmes Hurlants, en équipage et en solitaire. Il a également le mérite d’avoir déjà passé le Cap Horn. Pour son 100ème jour de mer, à l’heure où nous écrivons cette newsletter, Philippe se trouve à moins de 200 milles du légendaire Cap Horn, dans des vents d’environ 30-35 nœuds, avec des rafales d’environ 45 nœuds et des vagues de 5 mètres. Il est juste devant le front froid du thalweg dans lequel il navigue, qui va provoquer une bascule de vent demain, du nord-ouest au sud-ouest, générant des vagues croisées inconfortables. Le front froid sera également associé à de l’air instable et à des averses en rafales qui pourraient temporairement dépasser de manière significative les chiffres du modèle. Des rafales de vent supérieures à 50 nœuds sont probables. Le Cap Horn est décidément à la hauteur de sa réputation.

Philippe Delamare – Mowgli @Philippe Delamare

Le principal exploit de Philippe a été de parcourir la plus courte distance en milles pour chaque étape importante du tour du monde, par rapport à ses concurrents. Sur le tracker de l’événement, une route dessinée en rouge reflète la route théorique que les skippers sont susceptibles de suivre en tenant compte des conditions météorologiques saisonnières, c’est-à-dire non pas simplement la route géographique la plus courte, ce qui serait utopique, mais la route à la voile la plus courte possible. Par exemple, dans la descente de l’Atlantique, les navires passent près du Brésil, puis de Trinidad, puis de Tristan da Cunha avant même de pointer leur étrave vers l’est. La route reste une route estimée et théorique et les skippers parcourront toujours plus de milles que ne l’indique cette route théorique qui, sur le papier, est de 2 5008 milles nautiques de La Corogne à La Corogne.

Philippe Delamare – Mowgli @globalsolochallenge

Au cours des 18 000 milles parcourus, soit les deux tiers du trajet total jusqu’au Cap Horn, Philippe Delamare n’a parcouru que 800 milles nautiques de plus que la route théorique, ce qui équivaut à une  » déperdition  » de seulement 3,2 %. Nombreux sont ceux qui ne comprennent pas l’impressionnante compétence requise pour parvenir à une navigation aussi efficace que celle de Philippe. À titre de comparaison, le deuxième bateau sur l’eau, First Light, skippé par Cole Brauer, bien qu’il soit encore à plus de 3000 milles de Philippe, a déjà parcouru 1240 milles nautiques de plus que la route théorique, avec une « déperdition » d’environ 5%. Il est vrai qu’un bateau planant comme un Class40 est plus enclin à rechercher les meilleurs angles de vent, il est donc normal qu’un bateau sans déplacement capable de fortes accélérations puisse être plus rapide en parcourant une route plus longue, mais cela montre aussi que Philippe a tiré le meilleur parti de son bateau à déplacement, capable seulement de courtes glissades mais pas de différences de vitesse significatives lors de la recherche d’angles de vent optimaux, ce qui fait que la route la plus courte (possible) est très souvent le choix le plus efficace.

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Cole Brauer – First Light @colebraueroceanracing

Nous avons assez d’éloges pour aujourd’hui sur l’incroyable Philippe Delamare et nous nous réjouissons de célébrer son passage du Cap Horn demain. Nous avons longuement parlé des défis qu’il devra relever dans son approche de l’Everest des mers et nous sommes impatients d’avoir des nouvelles de Philippe lui-même.

Le reste de la flotte du Global Solo Challenge a connu une semaine de conditions mitigées en fonction de leur position au sein de la flotte. Alors que certains bateaux ont navigué au nord des dépressions les plus profondes, d’autres ont affronté de forts vents contraires et ont tenu bon. Edouard de Keyser a passé plusieurs jours dans des conditions intenses, à tel point que sa famille a attendu que les conditions s’améliorent pour lui annoncer la triste nouvelle du décès de son frère aîné quelques jours plus tôt. Nous compatissons avec Edouard et tous les défis qu’il a dû relever jusqu’à présent, ainsi qu’avec la difficulté de faire face à une telle nouvelle seul en mer. Aujourd’hui au moins, il a pu célébrer une étape très importante, le passage du Cap Leeuwin, qu’il partagera, j’en suis sûr, en pensée avec son frère aîné.

Edouard De Keyser – Solarwind @Edouard De Keyser

Beaucoup d’autres ont franchi des étapes importantes au cours de la semaine dernière. Cole Brauer a progressivement comblé son retard sur Philippe Delamare et a réussi à accumuler un nombre important de kilomètres jour après jour, ainsi qu’à franchir l’antiméridien lors de sa journée de la marmotte.

Riccardo Tosetto sur Obportus et François Gouin sur Kawan3 Unicancer ont franchi la moitié de leur parcours et ont quitté l’Océan Indien pour entrer dans le Pacifique. Riccardo a cassé son spi fractionné, mais après avoir réglé de nombreux problèmes sur le bateau, il a maintenant résolu tous les problèmes techniques et avance en pensant aux conditions météorologiques difficiles qui l’attendent. Il en va de même pour Ronnie Simpson qui, reparti de Hobart la semaine dernière, devra traverser des eaux peu profondes sur le plateau continental au sud de l’île sud de la Nouvelle-Zélande dans des conditions météorologiques difficiles qui l’inquiètent à juste titre.

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Ronnie Simpson – Shipyard Brewing @Ronnie Simpson

Pavlin Nadvorni est à un jour de franchir la moitié de son tour du monde, ce qui a un impact psychologique profond car vous passez mentalement d’une navigation loin du départ à une navigation vers l’arrivée. Le blog de Pavlin révèle un certain nombre de problèmes auxquels il a dû faire face à bord, le dernier et non des moindres étant la perte d’un spi à la mer, qui a entraîné l’emmêlement d’une drisse dans son hélice, et qui l’a laissé avec sa deuxième et dernière drisse de spi coincée en haut du mât, avec une mission difficile pour la récupérer. Cependant, le détachement récent d’une section de trois mètres du rail de la grand-voile a fait basculer son attention sur ce problème, qui est le plus urgent à régler à bord. Jusqu’à présent, Pavlin a trouvé des solutions à tous ses problèmes techniques en mer et nous espérons que ce sera à nouveau le cas afin qu’il puisse continuer sans avoir à envisager une escale à Hobart.

David Linger sur Koloa Maoli et William Mac Brien sur Phoenix n’ont signalé aucun problème et poursuivent leur navigation avec une approche raisonnable et réfléchie, en préservant leurs bateaux et en progressant de manière satisfaisante.

Nous avons mentionné précédemment le récent passage d’Edouard De Keyser autour du Cap Leeuwin, le prochain à atteindre cette étape sera Andrea Mura sur Vento di Sardegna, qui poursuit la flotte avec acharnement dans ce style de course autour du monde. Il devrait atteindre la longueur du deuxième des trois grands caps aujourd’hui. Il est toujours le plus rapide de la flotte et a accéléré le rythme sur la route des Quarantièmes Rugissants. Il a dépassé Louis Robein sur Le Souffle de la Mer III et se rapproche maintenant rapidement de Solarwind d’Edouard De Keyser.

Andrea Mura – Vento di Sardegna @globalsolochallenge

Louis Robein est confronté à de nombreux problèmes techniques et, bien qu’il ait brillamment su faire face à tous les problèmes en mer jusqu’à présent, la perte par-dessus bord d’un de ses hydrogénérateurs, ainsi que le cisaillement de deux des quatre vis de support de son pilote automatique, pour lesquelles il n’a pas de pièces de rechange, l’ont amené à décider qu’une escale à Hobart s’imposait.

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Louis Robein – Le Souffle de la Mer III @globalsolochallenge

Ari Känsäkoski, dont la mission pour sauver son bateau et le ramener à bon port sous gréement de secours est loin d’être terminée, se trouve maintenant à quelque 540 milles nautiques de Durban. Il a dû faire preuve de toute sa détermination et de son ingéniosité pour mettre au point un système en plusieurs étapes pour filtrer et diluer le Marine Gas Oil que lui a donné l’équipage du chalutier japonais lors de l’opération de ravitaillement. Heureusement, le bateau bénéficie de vents portants qui lui permettent de naviguer principalement à la voile et de préserver le précieux carburant pour l’approche finale de l’Afrique. Il lui faudra probablement 5 à 7 jours de plus pour atteindre Durban, en fonction de l’évolution des conditions météorologiques et de la consommation de carburant.

Ari Kansakoski @Ari Kansakosi

Après avoir redémarré du Cap le 28 décembre, Alessandro Tosetti sur Aspra a eu du mal à se diriger vers le sud et à trouver des vents de sud, mais il a maintenant pu mettre le cap sur les îles Crozet et Kerguelen sur sa route vers l’est.

Alors que Philippe Delamare est sur le point de réapparaître dans l’Atlantique Sud, Kevin Le Poidevin sur Roaring Forty est à quelques jours de passer le Cap de Bonne Espérance et le Cap des Aiguilles, pour enfin sortir de l’Atlantique et entrer dans l’Océan Indien.

Le Global Solo Challenge apporte un flot continu d’émotions grâce aux efforts incroyables de chacun des marins, avec leurs hauts et leurs bas émotionnels, leurs problèmes techniques et leurs réussites qui rendent chaque nouveau jour passionnant.

Sur les 16 bateaux partis de La Corogne, 14 sont toujours en mer, dont Ari Känsäkoski, clairement hors course après avoir démâté. Il reste donc 13 marins dans l’épreuve, ce qui est remarquable et témoigne de la détermination, des efforts et des compétences de tous ceux qui se sont lancés dans cette incroyable aventure.

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