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Eaux usées des bateaux, consommation du public : comment le festival Escale à Sète absorbe les déchets

Escale à Sète, ce sont près de 400 000 visiteurs sur une semaine, soit sept fois la population habituelle de la ville et autant de déchets à gérer en plus. Enquête sur leur itinéraire lors de cette édition 2022.

La cornemuse résonne au milieu du brouhaha des quais et la chaleur du soleil est plombante. Depuis la semaine dernière, la ville de Sète fourmille de dizaines de milliers de personnes venues profiter du festival des traditions maritimes, notamment pour regarder les 120 embarcations mais aussi manger et boire. Et rien que pour les 400 bénévoles qui font vivre Escale, ce sont plus de 15000 assiettes utilisées … Alors que le directeur Wolfgang Idiri, le maire de la Ville et EDF viennent de signer une convention pour rendre ce rendez-vous neutre en carbone en 2024, une question se pose. Comment gérer le stock de déchets produit par Escale à Sète ?

Des déchets apportés par bateau

Avant même que le public n’arrive, quand les bateaux accostent, ils doivent décharger les poubelles qu’ils ont supprimées pendant leur trajet en mer.

« Quand on fait les courses, on réfléchit à ce qu’on achète pour essayer d’en produire le moins possible », rembobine Fanja Raffellini, présidente de l’association de la goélette italienne Pandora. Sur le bateau, pas de plastique, que du verre lavable. « On peut lancer les déchets organiques par-dessus bord dans la mer mais on garde les poubelles pour les jeter dans les ports », John explique, cuisinier du navire hollandais Morgenster. Une chose est sûre : les détritus sont jetés à terre, car « il est absolument interdit de larguer quoi que ce soit en mer »rappelle Laurence Magne, vice-présidente de Sète-Agglopôle Méditerranée, déléguée à la collecte des déchets.
Sur plusieurs bateaux interrogés, la quantité n’est pas très conséquente. « Et quand on en a trop, on propose aux visiteurs de sauter dessus pour les aplatir! », rigole un matelot de l’Oosterschelde. En moyenne, les déchets restent limités, sur le Pascual Flores, l’équipage arrive à les réduire à un gros sac par jour pour une douzaine de personnes.

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Les bateaux français sont « encouragés » à surveiller le bord. « Mais c’est tellement exigu, c’est compliqué pour certains, on ne peut pas vraiment contrôler »avoue Laurence Magne. « Quant aux pavillons étrangers, ils n’ont pas de consignes précises car ils fonctionnent selon leur propre règlement »précisez l’élu.

Pomper les eaux usées

Il y a les déchets et les eaux usées : grises quand elles se produisent de la vaisselle, noires quand elles sont issues des toilettes. « Quand on est en mer, on peut les relâcher directement, mais dans le port ce n’est pas possible car c’est un espace fermé », indique Fanja Raffellini. Le port Sud de France, qui a la gestion des déchets provenant des navires, doit faire respecter une directive européenne qui interdit de rejeter ses eaux usées noires et grises dans le périmètre. « On fait appel à la société Ulys, qui nettoie le plan d’eau et pompe les eaux de cale grâce à son bateau Ecotank. Il faut seulement dix minutes pour pomper 1000 à 2000 litres d’eau usée »précise Géraldine Lamy, responsable assurance qualité et environnement au port.

Pour Escale à Sète, le Port met en place une prestation renforcée. « On intervient trois heures tous les jours, pour le nettoyage et le pompage. C’est gratuit pour les bateaux mais ça nous coûte 4000 euros en tout ». Les eaux grises et noires sont ensuite directement inversées dans le réseau d’eaux usées de la ville. Ceux qui n’ont pas de toilettes aux normes doivent utiliser celles à quai, comme c’est le cas pour le Pandora dont les caisses sont trop petites.

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15 agents et 50 poubelles en plus

Si les déchets débarqués ne sont pas très volumineux, ceux à quai le sont davantage. Avec la plus grosse audience de 400 000 visiteurs, l’entreprise Nicollin est aux premières loges pour un flux de commandes. The indie nettoyage society avoir embauché treize à quinze agents, en plus des 40 titulaires. Ces derniers sont soit en intérim soit en insertion professionnelle par le biais de la mission locale. Des tournois collectés sont loués pour des titres et une balayeuse est mobilisée 24 heures sur 24 pendant toute l’édition du festival.

La société Nicollin est un contact avec l’agglomération depuis 2018, prévu jusqu’en 2025. Il englobe tous les événements éphémères similaires comme les oursinades par exemple. Grâce à Laurence Magne, ce budget global vaut 32,4 millions d’euros.

Manque de poubelles

Pourtant, dés les premiers jours du festival maritime, les poubelles où déposer ses déchets semblaient manquer. Au stand Boulogne port, le chef cuisinier propose aux passants des amuse-bouches sophistiqués. Le conte : « On a mis un bac bleu parce que les gens n’avaient pas de poubelles. » Une cinquantaine de bennes d’ordures ménagères ont été placées dès l’ouverture du festival mais celles pour le carton et le papier n’ont été emportées qu’à partir du jeudi 14, soit deux jours après l’ouverture mais avant le rush du week-end Pascal.

Escale met également sur une dimension responsable avec la présence de nombreuses associations environnementales comme Reseaclons ou Seta mer. Une opération de nettoyage était d’ailleurs organisée avec des plongeurs volontaires. Une future tradition pour le festival ?

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