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Béziers : malgré la crise énergétique, le couple Gillot passera son premier hiver au chaud

Il ya un an, à Béziers, le couple entreprend les démarches pour refaire l’isolement de sa maison contruite en 1957. Interlocuteurs, aides, délais… Récit d’un parcours intéressant.

Après plus de soixante ans à grelotter ou à étouffer chez eux, Jacques et Danielle Gillot vont enfin pouvoir vivre confortablement. En 1957, les parents de Danielle font construire une maison sur deux niveaux à Béziers, rue Édouard-Branly.

Durant plusieurs années, le couple Gillot s’y installe au rez-de-jardin, pour tenir compagnie à la maman de Danielle qui vit à l’étage. Suite à son décès en 2014, ils décident de racheter ses pièces, pour en devenir propriétaires à part entière en 2019.

Entre 14° et 15° dans les chambres en hiver

Seulement, soixante-cinq ans plus tard, la maison n’est plus totalement aux normes, et les Biterrois, aujourd’hui tous deux retraités, subissent aussi bien les hivers, que les étes. « Lorsque nous étions encore actifs, il nous arrivait de nous absenter quelques jours pour des raisons professionnelles. Mais quand nous rentrions, et que nous étions en hivernale, il faisait entre 11 et 12 °C dans la maison ! »se souvient Danielle.

Et Jacques de poursuivre : « Il y avait un tel écart entre les pièces aussi. L’hiver, la cuisine était suffisamment chauffée avec le four et les plaques au gaz. Donc il faisait aux alentours de 24-25 °C. à l’étage, nous retombions à 14-15 °C si les chauffages n’étaient pas allums. Cela devenait insupportable. »

Sans parler des saisons estivales, où la maison était une vraie fournaise. « Nous sommes exposés à l’ouest, donc nous avons le soleil réalité l’après-midi. Nous n’allumons la climatisation qu’en juillet et en août, régulée sur 24 °C. Mais pas toute la journée et pas la nuit , où nous avons un ventilateur »témoigne Jacques, tout en tentant d’éloyner Oslo, leur berger australien plus affectueux qu’il n’en faut. « Oui, enfin, cet été, nous avons dû l’allumer quelques nuits complètes tout de mêmele contrepoids de Danielle. Il faisait tellement chaud avec les épisodes caniculaires, que nous n’avons pas pu faire autrement pour bien dormir… »

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Un chantier de 26 000 €

Au mois d’octobre 2021, le couple décide alors de se renseigner pour réhabiliter leur propriété, et revoir toute l’isolement. «  Nous avons dans un premier temps été sur France rénov’, afin de savoir quelle était en les démarches, et surtout, quelle était en les aides apportées par les différences organismes, expliqua Jacques. Puis nous avons été mis en contact avec l’agence de l’Habitat de l’Agglo pour ensuite monter un dossier et être mis en relation avec les entreprises professionnelles pour les travaux futurs. »

Après s’être entretenus avec deux entreprises pour établir des devis, leur choix s’est porté sur la société sauviannaise Aziz Chkaf, qui a proposé de poser des plaques de polystyrène de 14 cm d’épaisseur. Coût total des travaux : 26 028 € TTC. Fort heureusement, les deux retraités bénéficient de diverses aides. De la Caisse d’assurance de retraite et de santé au travail (Carsat) à hauteur de 3 000 €, et de l’Anah (Agence régionale de l’habitat) à hauteur de 15 000 €.

« Le dossier a traîné durant un entre les mains de la municipalité. Les travaux ont démarré il y a un peu plus de trois semaines, soit après les annonces d’augmentation des prix de l’énergie, et surtout du prix du gaz. Nous chauffons tout au gaz et nous avions eu peur que nos aides soient réduites, et que les travaux ne soient pas terminus à temps pour l’hiver »se souvient Jacques, maintenant soulagé de voir qu’il ne leur reste que deux petites étapes avant la fin du chantier.

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« Et puis l’augmentation des coûts des matières premières aussi. Nous avons dû payer 1 500 € supplémentaires depuis le devis, de par les augmentations dues à la guerre en Ukraine », poursuite-multiple. Un effort concédé qui devrait être rapidement récompensé, tant sur le plan du confort que celui des économies.

Dans l’agglo de Béziers, 8% des logements classés F ou G

Dany Nunez est responsable du bureau de l’énergie d’Agglo.
ml

D’ici 2035, l’État prévoit une interdiction à la location de certains logements, classés E, F et G. Et dès 2025, cette nouvelle loi concernera les habitations ayant un diagnostic de performance énergétique (DPE) classé G – 2028 pour les F, 2034 pour les E -.

En 2018, les logements classés G ont dépassé 6% des DPE soit un peu plus de 1,7 million de logements sur plus de 28 millions de résidences principales en France. À Béziers, et plus largement sur le territoire de son Agglomération – regroupant 17 communes – 8 % des 87 000 logements privés (hors bailleurs sociaux) étaient en classés F (6 %) ou G (2 %), en 2021.C’est difficile d’évaluer les DPE au fil des ans, puisque nous ne pouvons les relever que lorsqu’il y a un acte de vente ou un bail de location », prévient Dany Nunez, responsable du bureau énergie de l’Agglo. Mais quelles sont les solutions pour remédier à ces DPE qui, bien souvent, sont catastrophiques ?

31% de logements classés D, 29% en C

À l’Agence de l’habitat Béziers Méditerranée, qui accompagne les propriétaires occupants à réaliser des travaux d’amélioration de leur logement, 200 dossiers de rénovations et de réhabilitations sont en moyenne année.

Parce que la responsable est formelle : pour lutter contre la crise énergétique, le tout est d’isoler convenablement le logement, avant de s’endetter à acheter des chauffages et des climatisations. « Nous informons et suivons les propriétaires dans leurs démarchesdétaille Dany Nunez. Surtout sur les aides auxquelles ils ont droit, puisque bien souvent ils ne s’engagent pas dans les travaux de peur de devoir trop sortir de leur poche. Mais nous avons des aides à leur proposant, peu importe leur classe sociale.« 

Dans l’Agglo, 31% des logements sont classés D et 29% classés C. »Atteindre le A voire le B est très difficile. Une fois les travaux effectués, nous arrivons à classer les logements en D la plupart du temps « , a conclu le responsable.

L’Anah pour les foyers modestes, l’Agglo pour les supérieurs

« Le terme de « passoire thermique » fait souvent peur et la population a tendance à penser que cela ne touche que les personnes en situation de précarité. Et lorsque nous procédons au DPE de leur habitation, dans le cadre d’une location ou d’ une vente, même les plus aisés peuvent être surpris de découvrir que leur logement est classé F, voire G », témoigne Benjamin Lorin, co-directeur et ancien technicien chez Dimo ​​Diagnostic.

Selon lui, également rejoint par Dany Nunez, responsable du bureau de l’énergie d’Agglo, « rares sont les habitations qui ont un DPE A ou B. La moyenne nationale, c’est D. Et ce ne sont pas que les personnes dites « pauvres » qui détiennent des logements ».

Une aide financière à hauteur de 25 à 75 %

Pour ce qui est des aides accordées par l’État, ou par l’Agglomération Béziers Méditerranée, l’Agence de l’habitat de Béziers se charge de tout. À l’image de Jacques et Danielle Gillot qui ont fait appel à leurs services, et ont pu apprendre que la Carsat était en droit de les aider. « Les aides principales, en général, ce sont les aides de l’Anah et celles des fonds propres de l’Agglo »explique Dany Nunez.

Et de détailler : « L’Anah est dédiée aux ménages aux revenus modestes, tandis que l’Agglo et la Région aident les ménages supérieurs. Ces participations sont évidemment proportionnelles aux revenus, et varient entre 25 % et 75 % du montant des travaux. Par contre, ces dernières doivent être effectuées par des entreprises référencées RGE (Reconnus garants de l’environnement). »

« 35% d’économies sur notre facture »

Jusqu’ici classé E dans le Diagnostic de performance énergétique (DPE), à la limite d’être considéré comme étant une passoire thermique, les Gillot verront bientôt leur logement être classé en D, soit à la moyenne nationale.

« Les experts nous ont rapporté que nous consommions 257 kw/m²/an. Après les travaux d’isolation par l’extérieur, nous passerons à seulement 137 kW/m²/an. Nous gagnerons environ 5 °C de chaleur l’hiver, et perdrons autant l’été. Cela va nous changer la vie ! »

« Nous allons économiser 35 % sur notre facture, c’est dingue », a déclaré Danielle. Et elle explique aussi qu’ils ressentent « déjà la différence au fil des semaines ».

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