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Barcelone réfléchit à la mise en place d’un TGV euro-régional

A la fin de l’année, SNCF et Renfe cesseront d’exploiter conjointement la ligne entre Barcelone et la France. La Generalitat cherche à trouver un opérateur privé pour assurer les liaisons entre la Catalogne et le reste de l’Eurorégion Pyrénées-Méditerranée, Perpignan, Toulouse et Montpellier.

Le gouvernement catalan veut relever le défi du train à grande vitesse entre Barcelone et l’Occitanie. L’année prochaine, la Generalitat promet de signer une convention avec un opérateur privé qui lui permettra de proposer des liaisons directes au sein de l’Eurorégion Pyrénées-Méditerranée, à une date à déterminer.

Inaugurée en 2013, la ligne à grande vitesse entre la France et l’Espagne via Perpignan est largement sous-utilisée : chaque jour, quatre TGV transitent par le tunnel du Perthus dans chaque sens : trois de Barcelone à Paris et de Lyon, un à destination de Madrid au départ de Marseille. Entre Toulouse et Barcelone, la ligne n’existe plus depuis trois ans.

Horaires inadaptés et prohibitifs

Jamais la SNCF et la Renfe, qui exploitent conjointement cette ligne internationale encore quelques mois avant un divorce prévu en fin d’année, n’ont cherché à proposer une offre attractive aux voyageurs. Dans les faits, la clientèle se trouve face à des horaires inadaptés (quasi impossible de faire l’aller-retour dans la journée à Barcelone depuis Perpignan) et des prix exorbitants largement supérieurs aux tarifs proposés sur les autres lignes intérieures en France ou en Espagne .

« Ce couloir ferroviaire qui passe à travers le tunnel du Perthus est sous exploité. Il ne fonctionne qu’à 30 % de ses capacités » regrette Ricard Font, secrétaire général de la vice-présidence du gouvernement catalan. « Nous souhaitons donc profiter de la libéralisation du ferroviaire pour développer une offre entre la Catalogne (Barcelone, Lérida, Tarragone et Gérone) et les principales d’Occitanie et de Catalogne Nord : Toulouse, Montpellier et Perpignan. »

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Le gouvernement catalan espère signer un accord en 2023 avec un opérateur ferroviaire pour lancer un marché à peine exploité. « Nous ne voulons pas y aller seuls et donc nous recherchons un partenaire industriel privé. Connecter l’arc méditerranéen peut être louable assez rapidement selon notre business plan et le changement climatique nous oblige à développer le train face à la voiture. Il existe un marché potentiel et des liens économiques et culturels forts entre la Catalogne et le triangle Toulouse, Montpellier Perpignan qui justifient un projet comme le nôtre. »

Un prolongement des lignes exploitées par Ilsa ?

Le consortium Ilsa, formé par la compagnie aérienne Air Nostrum et Trenitalia, qui est sur le point de se lancer sur la ligne Barcelone-Madrid, pourrait correspondre au profil recherché par la Generalitat.

Mais avant de pouvoir monter dans un train catalan à destination de Barcelone ou Gérone depuis Toulouse ou Perpignan, il faudra surmonter un certain nombre d’obstacles. Quoi qu’en dise Barcelone, la rentabilité économique du projet est loin d’être une évidence : le coût de la page du tunnel du Perthus est exorbitant, le train est concurrence avec la voiture et l’autoroute gratuite (au moins jusqu’en 2025 ) entre le Perthus et Valence. Et puis l’homologation des trains prendra du temps. Enfin il existe des freins diplomatiques : Madrid ne voit pas d’un bon œil le lancement par la Catalogne de liaisons internationales. « Le gouvernement espagnol fera tout pour s’y opposer : opérer une liaison internationale serait une victoire pour les indépendants catalans »observe un diplomate français qui doute de la faisabilité du projet.

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Reste enfin le problème du chaînon manquant. « Si on parvient à démontrer qu’il y a un marché avec bientôt des trains remplis entre nos deux territoires, alors on rend nécessaire la construction de la ligne à grande vitesse entre Montpellier et Perpignan » conclut un brin optimiste Ricard Font.

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