RéSeau11, syndicat mixte œuvrant pour la protection de la ressource en eau dans 200 communes, est l’une des structures et collectivités sélectionnées pour expérimenter les Paiements pour Services Environnementaux (PSE) financés par l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse (RMC). Plus de 2,1 M€ promis sur cinq ans : un montant proposé à 54 exploitations pour modifier les pratiques et réduire les « pressions de contamination phyto-produits » sur les zones d’approvisionnement grâce à un captage prioritaire en eau potable.

« Nous sommes déjà dans une nouvelle ère, tout a changé : nous travaillons pour l’environnement, nous prenons soin de nos voisins. » Avec 53 autres agriculteurs, Villemachois Bruno Allart fait partie des agriculteurs concernés par le système de paiement pour services environnementaux (PSE) porté par RéSeau11, syndicat mixte dédié à la protection des points de captage d’eau destinée à la consommation par la personne.

Une expérimentation financée par l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse qui, pour le projet Audois, apporte une aide de 2,1 M€ (1,8 M€ pour les agriculteurs, 329 000 € pour RéSeau11 pour le pilotage), avec un objectif : réduire la pression de pollution grâce aux produits phyto sur 2 256 ha de terres agricoles dont 1 999 dans les bassins versants de Dare L’Hort (La Redorte), Puits Gayraud (Villemoustaussou) et Maquens (Carcassonne).

Chemin de prévision sur cinq ans

Bassins versants d’une capacité de 170 000 m respectivement3, 184 000 m3 et 5,5 millions de m3, alimentant en eau près de 70 000 personnes : autant de sites où le problème des pesticides est connu depuis longtemps.

Hydrogéologue et chargé de coordonner les mesures de protection dédiées au puits Gayraud, Clément Schmitt démontre « la pérennité de molécules obsolètes » comme les triazines (herbicides) et autres témoignages de produits inévitablement utilisés. La preuve, si « la profession a déjà fait des efforts », qu’il y a beaucoup à faire.

C’est le sens du PSE, basé sur un ensemble d’indicateurs fixes, avec des seuils de pratique minimum proposés pour le gain environnemental. Si une trajectoire prévisionnelle est déterminée sur cinq ans, des revues annuelles seront réalisées, avec une règle de base simple : plus le score est élevé selon les critères fixés, plus la récompense de l’agriculteur est élevée.

Dans cinq ans, il est clair qu’on ne reviendra pas en arrière

André Viola, président de RéSeau11, a relevé l’atout précieux du « guichet unique, centre technique et de paiement », qui est confié aux structures locales choisies par l’agence : « C’est un cadre national, oui, mais une indépendance territoriale », se félicite Magali Lobre, du service de protection de la ressource en eau RéSeau11.

Logique de proximité qui permet à chaque agriculteur de définir les mesures les plus adaptées pour des agriculteurs absolument convaincus que le jeu en vaut la chandelle : « On chante souvent et on nous demande de faire des efforts », rappelle Bruno Allart, qui sur les 20 ha de vignes implantées en Villemoustaussou dans le cadre du dispositif, c’est donc bien que nous soyons aidés.

Et dans cinq ans, il est clair que nous n’y retournerons pas. Mais bien sûr, nous devons fixer des objectifs réalisables pour les questions financières. « 

Engagement « exemplaire »

Karine Bonacina, directrice de la délégation montpelliéraine de l’agence de l’eau, rappelle les principes généraux retenus pour le projet Aude : « Réduire les indices de fréquence des traitements herbicides de 50 %, augmenter la couverture des sols de 18 %, planter des haies, étendre la rotation, réduire l’azote minéral. de 50%. « 

Autant de solutions pour cultiver, pour Bruno Allart, d’autres manières de creuser, comme choisir le type de raisin résistant ou l’herbe naturelle pour tous les autres intercalaires. Clément Schmitt résume autant d’outils pour « atteindre un équilibre des sols qui doit faciliter la dégradation des produits phyto et empêcher leurs transitions ».

L’engagement attendu d’André Viola, de valeur « exemplaire », dans la poursuite des carrières. Une ambition qui valide déjà cette expérimentation de PSE ajoute : « Plus des trois quarts des agriculteurs du projet sont des personnes n’ayant pas bénéficié auparavant de mesures d’aides agro-environnementales ou biologiques, souligne Magali Lobre.

PES est plus flexible, il y a un engagement dans une approche globale, et de nombreuses solutions techniques sont envisagées. Et ici, nous ne payons pas le coût d’une pratique, mais un service que l’agriculteur rend à la communauté.  »

Compétences RéSeau11

Le syndicat mixte fermé Réseau Solidarité Eau (RéSeau11) a été créé le 1er janvier 2020, et regroupe des membres de Carcassonne Agglo (une partie de son territoire), la CdC Trap Lauragais Malepère (tout le territoire), la CdC Castelnaudary Lauragais Audois (au total) , 54 communes ne relevant pas de ces trois intercommunales, le Syndicat de l’Eau Sud-Est de la Montagne Noire, le Syndicat de l’Eau Potable des Trois Vallées, le Syndicat de l’Eau Potable de Limouxin.

RéSeau a deux missions : principalement, protéger les points de captage d’eau destinée à la consommation humaine, assurer la fourniture des services de distribution d’eau potable dans ses communes membres (200 communes, représentant 157 829 habitants) ; éventuellement, production par captage ou pompage, traitement, transport, stockage d’eau destinée à la consommation humaine (174 communes, 88 128 habitants).

Sur le périmètre RéSeau11, cinq captages d’eau sont classés « prioritaires » : prise d’eau Maquens (Carcassonne), prise Gayraud (Villemoustaussou), puits Darre L’Hort (La Redorte), puits P1 et P2 (Moulin-Neuf), La source Garrigue (Labécède-Lauragais).

Autant de sites avec des bassins versants (ASC), leur vulnérabilité, des diagnostics territoriaux de la pression de pollution, et des programmes d’actions pour « conserver ou restaurer la qualité de la ressource en eau » à caractéristiques agricoles, non agricoles et transversales (notamment foncières), pour obtenir parcelles sensibles).

40 millions d’euros sur cinq ans pour les 21 projets approuvés

« Une concentration dépendante des agriculteurs, pour un bon état des masses d’eau, avec des enjeux de qualité et d’écosystème fonctionnel » : c’est l’esprit des paiements pour services environnementaux (PSE) résumé par Karine Bonacina, directrice de la délégation montpelliéraine à l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse.

Cette expérimentation a porté sur la sélection de 21 projets portés par les collectivités (dont RéSeau11 pour l’Aude), qui ont mobilisé les exploitations agricoles de leur territoire, suite à un appel à initiatives : débouchant sur « plus d’aides » de plus de 40 M € sur cinq ans (et 5,1 M€ pour les collectivités pilotes du PSE), financé à 100% par l’agence et concernera 754 agriculteurs sur 68 000 ha de surface agricole utile.

« Zones conventionnées » qui permettent l’exploitation de bassins versants prioritaires

pour lutter contre la dégradation des « ressources stratégiques pour l’eau potable » par les pollutions diffuses (pesticides et nitrates) : « Mais le PSE vise à protéger les réseaux bleus, les enjeux de biodiversité, et les grilles turquoise, avec des forêts alluviales ou des zones menacées par les inondations.

La « réunification » évoquée ci-dessus signifie donc financer des changements de pratiques, « avec des règles et des objectifs fixés par les territoires », argumente Karine Bonacina, énumérant de manière non exhaustive les pistes pour réduire sur les fréquences de traitement, les apports d’engrais par hectare, ou encore « la restauration des infrastructures agroécologiques telles que les haies, les étangs, les forêts fluviales ».

Autant de domaines à évaluer chaque année : « Nous avons un esprit d’action agro-environnement différent, d’abord parce que le PSE se concentre sur tous les écosystèmes liés à l’eau. C’est aussi un objectif, pas un résultat, pas une ressource. pas encore commencé à travailler là-dessus avec les agriculteurs de leur territoire, c’est aussi un témoignage de financement de l’animation et de l’expertise.»

Autant d’atouts qui laissent espérer que ce « système victorieux », s’il « fonctionne bien », génère « une dynamique de changement continu des pratiques ». Il sera alors temps de poser une question nécessaire, déjà posée par Laurent Roy, le directeur général de l’agence, lorsqu’il rappelle que « l’agence à elle seule n’aura pas la capacité de s’étendre au-delà de cinq ans sans une orientation de politique collective agricole pour continuer sur cette chemin. « 

Le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux du Bassin Méditerranéen du PMR (SDAGE) contient 269 bassins versants prioritaires dans le bassin du PMR, dont 66 dans le bassin Rhône-Méditerranée en Occitanie ; Le prochain projet SDAGE (mis en œuvre au printemps 2022) s’appuie sur 281 bassins versants prioritaires, dont 76 pour le bassin Rhône – Méditerranée en Occitanie. Dans ce bassin, la qualité a été restaurée dans 6 bassins versants sur la période SDAGE 2015-2021.

(SOURCE : L’INDÉPENDANT)

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