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Aude : 2,1 M€ pour une agriculture plus prospère et une ressource en eau préservée

RéSeau11, syndicat mixte œuvrant pour la protection de la ressource en eau dans 197 communes, est l’une des structures et collectivités sélectionnées pour expérimenter les Paiements pour Services Environnementaux (PSE) financés par l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse (RMC). Plus de 2,1 M€ promis sur cinq ans : un montant proposé à 54 exploitations pour modifier les pratiques et réduire les « pressions de contamination par les phytoproduits » sur les zones d’approvisionnement grâce à un captage prioritaire en eau potable.

« Nous sommes déjà dans une nouvelle ère, tout a changé : nous travaillons pour l’environnement, nous prenons soin de nos voisins. » Avec 53 autres agriculteurs, Villemachois Bruno Allart fait partie des agriculteurs concernés par le système de paiement pour services environnementaux (PSE) porté par RéSeau11, syndicat mixte dédié à la protection des points de captage d’eau destinée à la consommation par la personne. Une expérimentation financée par l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse qui signifie, pour le projet Audois, une aide de 2,1 M€ (1,8 M€ pour les agriculteurs, 329 000 € pour RéSeau11 pour le pilotage), avec un objectif : la pression de la pollution par les produits phytosanitaires sur 2 256 ha de terres agricoles dont 1 999 dans les bassins versants de La Redorte, les puits Gayraud (Villemoustaussou) et Maquens (Carcassonne). Bassins versants d’une capacité de 170 000 m respectivement3, 184 000 m3 et 5,5 millions de m3, approvisionner en eau près de 70 000 personnes : autant de sites où le problème des pesticides est connu depuis longtemps.

Hydrogéologue et chargé de coordonner les mesures de protection dédiées au puits Gayraud, Clément Schmitt montre la « durabilité des molécules désaffectées », comme les triazines (herbicides), mais la présence « le glyphosate et son produit de dégradation, l’AMPA, dans le portail ». La preuve que, si « la profession a déjà fait des efforts », il y a beaucoup à progresser. C’est le sens du PSE, basé sur un ensemble d’indicateurs fixes, avec des seuils de pratique minimum proposés pour le gain environnemental. Si une trajectoire prévisionnelle est déterminée sur cinq ans, des revues annuelles seront réalisées, avec une règle de base simple : plus le score est élevé selon les critères fixés, plus la récompense de l’agriculteur est élevée.

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Dans cinq ans, il est clair qu’on ne reviendra pas en arrière

Avec le précieux atout cité par André Viola, président de RéSeau11, pour le rôle « guichet unique, côté technique et paiements », confiés à des structures locales sélectionnées par l’agence : « C’est un cadre national, oui, mais avec l’autonomie des territoires », se félicite Magali Lobre, du service de protection des ressources en eau RéSeau11. Logique de proximité qui permet à chaque agriculteur de définir les mesures les plus adaptées pour les agriculteurs convaincus que le jeu en vaut la chandelle : « On chante souvent et on nous demande d’essayer, Il rappelle Bruno Allart, qui intègre le système avec 20 ha de vignes situées à Villemoustaussou. Alors c’est bien d’aider. Et dans cinq ans, il est clair que nous n’y retournerons pas. Mais bien sûr, nous devons fixer des objectifs réalisables pour les questions financières. « 

Karine Bonacina, directrice de la délégation montpelliéraine de l’agence de l’eau, rappelle les principes généraux retenus pour le projet Aude : « Réduire les indices d’incidence des traitements herbicides de 50%, augmenter la couverture du sol de 18%, planter des haies, étendre la rotation, réduire l’azote minéral de 50%. » Autant de solutions pour cultiver, pour Bruno Allart, d’autres voies à explorer, comme choisir des cépages résistants ou de l’herbe naturelle à chaque seconde d’affilée. Autant d’outils pour « un équilibre des sols qui doit faciliter la dégradation des produits phyto et empêcher leur élimination », un résumé de Clément Schmitt. Un engagement qu’André Viola attend avec impatience « exemplaire », pour réveiller les carrières. Une ambition qui valide déjà cette expérience PES : « Plus des trois quarts des agriculteurs du projet sont des personnes qui n’ont jamais bénéficié de mesures agro-environnementales ou d’aides biologiques », souligne Magali Lobre. PES est plus flexible, il y a un engagement dans une approche globale, et de nombreuses solutions techniques sont envisagées. Et ici, nous ne payons pas le coût d’une pratique, mais un service que l’agriculteur rend à la communauté.  »

RéSeau11, en charge de la protection des points de captage d’eau de 197 communes

Le syndicat mixte fermé Réseau Solidarité Eau (RéSeau11) a été créé le 1er janvier 2020, et regroupe des membres de Carcassonne Agglo (une partie de son territoire), la CdC Trap Lauragais Malepère (tout le territoire), la CdC Castelnaudary Lauragais Audois (au total) , 54 communes ne relevant pas de ces trois intercommunales, le Syndicat de l’Eau Sud-Est de la Montagne Noire, le Syndicat de l’Eau Potable des Trois Vallées, le Syndicat de l’Eau Potable de Limouxin. RéSeau a deux missions : principalement, protéger les points de captage d’eau destinée à la consommation humaine, assurer la fourniture des services de distribution d’eau potable dans ses communes membres (197 communes, représentant 151 732 habitants) ; éventuellement, production par captage ou pompage, traitement, transport, stockage d’eau destinée à la consommation humaine (164 communes, 87 632 habitants). Sur le périmètre RéSeau11, cinq captages d’eau sont classés « prioritaires » : prise d’eau Maquens (Carcassonne), prise Gayraud (Villemoustaussou), puits Dare L’Hort (La Redorte), puits P1 et P2 (Moulin-Neuf), source La Garrigue (Labécède-Lauragais). Le nombre de sites de bassins versants (AAC), leur vulnérabilité, leurs diagnostics territoriaux de pression de pollution et leurs programmes d’actions « préserver ou restaurer la qualité de la ressource en eau » avec des composantes agricoles, non agricoles et transversales (notamment foncières, pour l’acquisition de parcelles sensibles).

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40 M€ sur 5 ans pour les 21 projets validés par l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse

« Concentration dépendante des agriculteurs, pour un bon état des masses d’eau, avec des enjeux de qualité et d’écosystème fonctionnel » : c’est l’esprit des paiements pour services environnementaux (PSE) résumé par Karine Bonacina, directrice de la délégation montpelliéraine de l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse. Cette expérimentation a porté sur la sélection de 21 projets portés par les collectivités (dont RéSeau11 pour l’Aude), qui ont mobilisé les exploitations agricoles de leur territoire, suite à un appel à initiatives : débouchant sur « plus d’aides » de plus de 40 M € sur cinq ans (et 5,1 M€ pour les collectivités pilotes du PSE), financé à 100% par l’agence et concernera 754 agriculteurs sur 68 000 ha de surface agricole utile. Oh « surfaces contractées » permettant l’exploitation des captages prioritaires lutter contre la dégradation par pollution diffuse (pesticides et nitrates) des« ressources stratégiques pour l’eau potable » , dit Karine Bonacina : « Mais le PSE entend aussi protéger les cadres bleus, avec des enjeux de biodiversité, et les cadres turquoise, avec des forêts alluviales ou des zones à risque d’inondation. Un « réunion » donc le financement dans la pratique indique des changements,« avec des règles et des objectifs fixés par les territoires » , exhorte Karine Bonacina, énumère de manière non exhaustive des pistes de réduction des fréquences de traitement, des apports d’engrais à l’hectare, ou encore « des infrastructures agroécologiques telles que clôtures, mares, restauration de forêts fluviales ». Autant de domaines à évaluer chaque année : « Nous sommes dans un esprit différent des mesures agro-environnementales, d’abord parce que le PSE se concentre sur tous les écosystèmes liés à l’eau. C’est aussi un résultat objectif, pas une ressource. Pour les communautés qui n’en avaient pas encore, elles ont commencé à Commencer à travailler là-dessus avec les agriculteurs de leur territoire, c’est aussi la garantie que l’animation et l’expertise seront financées.» Autant d’atouts qui laissent espérer que cela ira« système victorieux » , si c’est le cas« fonctionne bien » , génère un« la dynamique des changements en cours dans la pratique » . Il sera alors temps de se poser une question essentielle, que Laurent Roy, le directeur général de l’agence, a déjà rappelé.

Le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux du Bassin Méditerranéen du PMR (SDAGE) contient 269 bassins versants prioritaires dans le bassin du PMR, dont 66 dans le bassin Rhône-Méditerranée en Occitanie ; Le prochain projet SDAGE (mis en œuvre au printemps 2022) s’appuie sur 281 bassins versants prioritaires, dont 76 pour le bassin Rhône – Méditerranée en Occitanie. Dans ce bassin, la qualité a été restaurée dans 6 bassins versants sur la période SDAGE 2015-2021.

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